Société

Non à un CHU au rabais à la Réunion

Le devenir du CHU entre dans une phase décisive avec la réunion du Comité interministériel de la performance et d’organisation de l’offre de soins (COPERMO) à Paris le 31 janvier.

Cette instance interministérielle examinera le  » plan de retour à l’équilibre  » présenté par la direction du CHU.

Celui-ci vise à obtenir de l’Etat une subvention d’équilibre de l’ordre de 50 millions d’euros pour résorber le déficit et contribuer au financement des investissements programmés.

Mais à l’appui de cette demande, ce plan comporte également la suppression d’une centaine de lits et la suppression de 155 postes sur 5 ans.

C’est le scénario d’un CHU au rabais qui se dessine. Comment garantir à une population dont les besoins sont croissants une offre de soins de qualité si on diminue les moyens alors que ceux ci sont déjà insuffisants ?  La saturation du service des urgences à l’hôpital de Saint-Pierre est particulièrement révélatrice du manque de locaux et de personnel.

Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour le 30 janvier prochain.

Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour refuser tout scénario catastrophe et pour obtenir de l’Etat des moyens à la hauteur d’un l’ambition d’un véritable CHU, capable de répondre aux besoins sanitaires de la population réunionnaise et de rayonner dans l’océan indien.

Dans une logique purement comptable, des activités existant dans le sud comme la chirurgie infantile risquent d’être transférées vers le nord, la fermeture de l’hôpital de Cilaos est déguisée en une reconversion en « maison multidisciplinaire de santé », et le financement du nouveau bâtiment central de Saint-Pierre, qui est pourtant déjà acté, apparait désormais suspendu à l’approbation du plan social.

Plus que jamais, nous devons être vigilants pour éviter qu’une fois de plus, le sud soit la variable des ajustements budgétaires.

Sur la base des motions adoptées en novembre dernier par la CASUD et la CIVIS, j’exprime au nom des maires du sud, notre opposition ferme à de telles orientations.

Nous ne pouvons accepter qu’une logique purement comptable aboutisse à une détérioration de l’offre de soins pour notre population.

En tant que cofondateur du GHSR et du CHU, je ne peux accepter un plan qui est en contradiction totale avec l’esprit qui a présidé à la création du CHU de La Réunion, étendu à Mayotte, et avec l’ambition qui était poursuivie.

La Réunion mérite un véritable CHU. L’Etat doit lui donner des moyens à la hauteur des besoins. Certes, des efforts de gestion peuvent et doivent être faits mais en aucun cas l’offre de soins doit être réduite. Le déficit du CHU Réunion-Mayotte doit être relativisé au regard tant de sa situation spécifique ( surcoûts, progression démographique ) que de la situation déficitaire  de nombreux  autres CHU en métropole. La question posée au gouvernement est celle de la priorité à accorder au service public de la santé.

C’est pourquoi, dans le prolongement des nombreuses alertes que nous avons lancées tout au long de l’année 2017, j’ai adressé ce jour un courrier au Premier Ministre, afin d’appeler son attention sur la gravité de la situation dans la perspective de la réunion du COPERMO du 31 janvier prochain.

André Thien Ah Koon
Co-fondateur du GHSR et du CHU.
Maire du Tampon
délégué par les élus suivants pour défendre le CHU : Michel FONTAINE, Maire de Saint-Pierre, Patrick LEBRETON, Maire de Saint-Joseph, Serge HOAREAU, Maire de Petite-Île, Patrick MALET, Maire de Saint-Louis, René MONDON, Maire des Avirons, Jean Claude LACOUTURE, Maire de l’Étang Salé, Paul Franco TECHER, Maire de Cilaos, Bachil VALY, Maire de l’Entre-Deux

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