Société

Nell Irvin Painter : comment s’est construite la notion de race blanche ?

L’historienne Nell Irvin Painter propose un travail lumineux sur l’invention de la notion de « race » et sur la construction du concept de « blanchité ». En nous faisant traverser plus de deux mille ans d’histoire de l’Occident, elle dévoile tout un pan oublié de l’histoire des États-Unis, venant éclairer avec brio les enjeux des débats contemporains brûlants. Un ouvrage salutaire et très documenté qui reste accessible à un large public.

La notion de race fait un retour violent dans le langage et les conflits sociaux en France, comme si le sujet avait été refoulé, alors que les États-Unis n’ont pas cessé de s’y confronter. « Si le racisme perdure, c’est qu’il y a un but psychologique, social et politique » déclare-t-elle.

Nell Irvin Painter adopte un point de vue radicalement nouveau : au lieu d’étudier la négritude, elle interroge la construction de la notion de race blanche, depuis les Scythes de l’Antiquité jusqu’aux catégories raciales utilisées dans l’Occident d’aujourd’hui.

« Dans les années 50, l’Américain était représenté par un homme blanc, beau, grand et intelligent. Maintenant que les gens de couleur deviennent riches, beaux, puissants, ça ne marche plus comme idée. Aujourd’hui, on parle DES Américains ».

« Avec Trump, « Make America great again » a raisonné comme « Make America white again ». Beaucoup de Blancs ont dit « quelle horreur », car ils ne s’étaient jamais demandé ce que signifie être blanc. Trump ramène les États-Unis dans les années 1950″.

Elle étudie la manière dont la désignation de Blancs et de Non-Blancs a évolué selon les croyances politiques et la représentation des corps. Elle montre les constructions du regard sur la couleur, et leurs liens avec les critères esthétiques de la beauté féminine. Elle étudie les passages entre les pensées américaines et européennes au XIXe siècle, tout en analysant les catégories raciales qui définissent les identités aujourd’hui.

Professeure émérite d’histoire américaine à l’université de Princeton, formée à l’université de Berkeley et à l’université de Bordeaux et à  Harvard, elle suit la société française, trouvant le terme de « minorité visible » de très mauvais goût. Elle est par ailleurs artiste et ses œuvres sont exposées régulièrement.

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