Evénements

Missié GG : A 15 ans, ne me dis pas quand tu tiens une arme que tu ne sais pas que c’est dangereux

Le 10 juin 2017, Grégory, 33 ans, était abattu au cours d’un barbecue à Sevran. Un an plus tard, après une messe et une marche dans les rues de Sevran, c’est à un hommage musical qu’etaient invités ses amis et connaissances avec le soutien des commercants de la ville. En vedette parmi la pléïade d’artistes le grand genre de nègre Missié GG Fuckly avait tenu à etre présent.

97L : Etais-tu un ami de Grégory ?

Non je ne le connaissais pas et j’ai appris comme tout le monde ce qui lui est arrivé. C’est terrible : tué devant les tiens pour une couillonade ! Mais a-t-on besoin d’être un proche pour rendre hommage à ce pere de famille, à un ti boug gwada ? Et cela va plus loin que Greg. C’est un concert contre la violence. C’est quelqu’un qui aimait ma musique. On se doit d’etre là, pour lui, ses filles, pour récolter des fonds et pour que cela n’arrive plus.

Visiblement, selon l’avis de tous, c’était un bonhomme. Il était rassembleur, positif. Moi j’aime cette energie là. C’est un devoir de lui rendre hommage.

97L : Quand on parle de violence, on pense aux Antilles mais pas à l’hexagone.

C’est vrai. Moi ça me fait tout bizarre que des antillais viennent faire ça entre eux ici. Je condamne bien sur et généralement je ne m’exprime pas sur la violence.

Quand je descends en Guadeloupe je sais que c’est tendu, moins en Martinique parce que je ne suis pas habitué. Se retrouver au sein de la communauté et voir qu’on imite ce qui se passe là bas.  « En pé mem diw li en kreyol : à pa déliw en mwen « .  Après faut que les frères se calment.  Si on quitte le pays, ce n’est pas pour répeter les mêmes bêtises. Quand tu viens ici, c’est dans l’espoir de trouver un job, pour te sauver de la violence dans les îles. Tu quittes ton univers quotidien, ton rêve c’est de revenir formé pour aider les autres restés au pays. Et « sé boug la ka fè mem bitin la kon si yo té la Pwent ou Fodfwans ».

97L : Concrètement, que peut-on faire pour sauver ces jeunes ?

« Yo sav bien sa yo ka fè » ! Ce n’est pas une question de programme éducatif. On pourra mettre en place toutes les structures pour les accompagner. Tu es mis dans le bain très jeune avec internet. A chaque individu de se contrôler. A 15 ans, ne me dis pas quand tu tiens une arme, que tu ne sais pas que c’est dangereux. En fait, ils jouent aux enfants. Mais les enfants eux, ont la notion du bien et du mal.

97L : Place à la musique donc…

Oui, du son pour mettre un peu de baume au coeur de la famille, du son pour apaiser…

Previous post

Un weekend Taubiresque contre le sexisme

Next post

Lettre ouverte à Gilles Alexandre de Arlette Bravo-Prudent

Joël DIN

Joël DIN

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *