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MAIS ARRETEZ DE FAIRE PLEURER NOS DÉPUTÉS !

On oublie trop souvent que les députés sont des êtres sensibles. Ils ressentent le froid, la chaleur, les appels lancinants et angoissés des chômeurs, les injures de leurs ennemis, la dégustation des rhums à 50° et les coups-de-pied à l’âme.

Parmi les épreuves qu’un leader peut traverser, rares sont celles qui sont plus difficiles – et plus douloureuses à surmonter – qu’un faux pas, un raté, ou un pouvoir perdu de façon injuste à la faveur d’un complot. B.G*, ex postulant au fauteuil suprême pour la ville Lumière et trahi par son fidèle Iphone serait un bon sujet d’étude.

Mais les vrais leaders ne s’effondrent pas.

Le journaliste Paul Klein rappelait que l’historien George L. Mosse parlait de brutalisation des masses, pour désigner le processus par lequel on devient violent soi-même. Paul Klein indiquait qu’on pourrait prononcer aujourd’hui le terme de brutalisation des politiques.

La rudesse des élus est une donnée nouvelle dans laquelle douceur, compassion,  courtoisie, humanité, expression quelconque d’une solidarité passent pour des défauts.

Prenons un exemple. Lorsque le député S.L* interpelle son collègue O.S* et lance des quolibets de cour de récréation à l’aspirant-maire, comment ne pas imaginer que ce dernier rentre chez lui pour se rouler en boule sur le tapis du salon et pleurer convulsivement ? Les commentaires taquins fleuriront sur les réseaux sociaux, alors qu’il estime qu’il s’est simplement laissé emporter par sa fougue.

Cet homme qu’on pensait fait de marbre et d’acier, va se mettre à lire « La vie sans fards » de Maryse Condé parce qu’on lui a opposé Césaire à sa terre aride et sans jaillissement spirituel. Il comprend qu’il doit dire toute la vérité, car le prix nobel alternatif de littérature a placé en incipit de son roman, Jean-Jacques Rousseau.
« Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi… qu’ils écoutent mes confessions, qu’ils gémissent de mes indignités, qu’ils rougissent de mes misères (pour la plupart d’entre nous ce sera difficile, mais bon)… Et puis qu’un seul te dise, s’il l’ose : Je fus meilleur que cet homme-là ».
Qu’il renoue avec sa mission héroïque !

La plupart des grands leaders veulent construire un héritage qui leur survivra. Cela ne veut pas dire que leurs noms seront gravés sur la façade des campus de Schoelcher, de Fouillole et de Camp Jacob, mais plutôt qu’ils feront avancer la société. C’est ce que nous appelons la mission héroïque du leader.

Le jour où Steve Jobs a été licencié d’Apple en 1985, par exemple, son ami Mike Murray était tellement préoccupé par sa réaction qu’il est allé chez lui et y est resté des heures.

Steve Jobs n’est pas resté abattu bien longtemps. Une semaine après avoir été poussé vers la sortie chez Apple, il a pris un avion pour l’Europe et, après quelques jours à Paris, la direction des collines toscanes du nord de l’Italie, où il a acheté une bicyclette,un sac de couchage et a campé sous les étoiles en réfléchissant à ce qu’il ferait ensuite.

On a cru voir O.S* aux Portes d’Enfer, à Anse-Bertrand, regarder les étoiles, à côté d’une tente rustique, ayant pour seul horizon, les vagues se fracassant sur les falaises abruptes.

La suite ? Steve Jobs a créé une autre société informatique NeXT, qu’Apple a rachetée en 1996 pour 400 millions de dollars. A ce moment, Steve Jobs a réintégré Apple et est devenu la force motrice de la société en lançant des produits révolutionnaires, tels que l’iMAC, l’iBook et l’iPOD, au succès planétaire.

Mais avec toutes ces péripéties, nous avions déjà oublié que la première mission héroïque qui se profile à l’horizon est de ravir la mairie des A*… à E.J*.

Et si la deuxième mission héroïque de O.S* était dorénavant de s’opposer à l’agrandissement de l’aéroport en Guadeloupe ? S’il prenait la tête d’une Notre-Dame des Landes bis, d’une révolte populaire contre le saccage des derniers sites naturels et de la mangrove ?

S’il le fait, j’abandonne tout et je deviens son disciple.

Et si sa troisième mission héroïque serait de faire en sorte que l’aéroport de Guadeloupe s’appelle dorénavant aéroport Aimé Césaire et celui de Martinique aéroport Maryse Condé en gage de respect de son alter ?

Personne ne peut nous enlever notre espoir et notre fierté, si nous n’y renonçons pas nous-mêmes.

Personne ne peut nous enlever notre dignité, à moins que nous ne l’abandonnions.

Personne ne peut nous empêcher de rebondir, à moins qu’on décide soi-même de baisser les bras.

Dans « Le Héros aux mille et un visages », paru en 1949, l’anthropologue américain Joseph Campbell a montré que les vies des grands leaders du monde entier, racontent essentiellement la même histoire, « le mythe du héros ».

Ce mythe s’incarne à différentes étapes de la vie d’archétypes universels comme Moïse, Jésus, Mahomet, Bouddha, Enée, Ulysse et le Tezcatlipoca des Aztèques, et peut-être bientôt O.S*. « Les leaders transformationnels suivent un chemin qui implique un appel à la grandeur, des succès précoces, des épreuves en cours, de sérieux échecs, et finalement un triomphe ».
CHARB, Charlie Hebdo du 8/10/2014
L’intelligence émotionnelle hors-série septembre 2018


* Conformément aux conseils de notre avocat maître Lawyerus, les véritables noms des protagonistes ont été modifiés afin de protéger leur anonymat. Jurisprudence : ėmission « 7 à 8 » du 16 fevrier 2020.

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Théo LESCRUTATEUR

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