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Mafieux à Saint-Martin. Et à l’Elysée ma foi ?

Rosario Spadaro avant de venir à Saint martin a pris une photo de la Sainte Vierge et il y a mis le feu, puis a prononcé ces mots « Que mon âme brûle comme cette image si je trahis la cause de la Mafia ».

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Les véritables mafias de tradition qui s’appuient sur des règles ancestrales sont : les siciliennes, les turques, les albanaises, les chinoises et les japonaises.

Les conditions d’entrée dans la mafia sicilienne sont rigoureuses : d’abord il faut être sicilien de père et de mère, et être né en Sicile. Ensuite, on fait une étude rigoureuse de votre personnalité. Si vous êtes divorcé ou homosexuel, vous êtes recalé.

Les secrets de la Mafia sicilienne se conservent pour sept générations. Il est interdit de séduire la femme, la sœur ou la fille d’un autre mafieux. Parmi les règles intangibles de la mafia sicilienne figure celle-ci : elle ne tue que sur son territoire (Ouf ! Nous pouvons à 97Land publier notre enquête). D’autre part, les mafieux siciliens ont des « barrières morales » : on ne tue pas le vendredi parce que c’est le jour du Seigneur, ni pendant le week-end, ni à Noël, ni au jour de l’An. Mais un enfant qui parle à la police peut être tué.

Ces règles de vie des mafieux italiens ont été livrées en 2001 par le criminologue Xavier Raufer. Dans un article paru dans l’Express, « L’homme qui voulut être roi », il avait également enquêté sur le blanchisseur de narcodollars Rosario Spadaro, qui nous intéresse au plus haut point, puisqu’il avait mis sous sa coupe l’île de Saint-Martin.

Mais comment toute une île avait pu ainsi s’offrir avec délices à cet homme, en toute connaissance de cause, avec la complicité de la classe politique et l’aval des citoyens ?

Intéressons-nous à la géographie tout d’abord dans les Caraïbes. Prenez en compte la zone formée par Aruba, Sint-Maarten (partie de l’île de Saint-Martin néerlandaise), Curaçao et Bonaire (ces trois autres îles étant rattachées également aux Pays-Bas). Trois de ces îles sont à proximité immédiate de la Colombie et de ses cartels et du Venezuela où opèrent deux familles mafieuses siciliennes notoires, les CUNTRERA et les BONO. Arrivant de Medellin ou de Caracas, elles ont investi à tour de bras sur l’île de Saint-Martin. Jusqu’en 1993, il n’y a ni douaniers, ni garde-côtes (c’était un port franc sans taxes).

Rosario Spadaro, quant à lui, est né à Messine, en Sicile. Il s’est établi à Saint-Martin au mois d’octobre 1975. Il a fait une escale à Antigua, qui ne l’a pas accepté (l’île était alors sous souveraineté britannique). Son association avec « Eduardo » – Eddy Cellini- , membre notoire de la Mafia new-yorkaise et protégé de Meyer Lansk, financier numéro 1 de la Cosa Nostra aux USA, était trop évidente. Il arrive alors à Sint-Maarten.

Peu après son arrivée dans l’île, Spadaro a acheté comptant « le Great Bay hotel » qui souffrait de problèmes financiers. Il est dirigeant de trois sociétés anonymes « Resorts of the Worl NV », Mad C° Company NV », et « Sint-Maarteen Resort Hotel casino NV ». Par l’intermédiaire de ces trois firmes, il est propriétaire de deux hôtels de luxe, le Great Bay et le Maho Beach Resort (Hôtel 5 étoiles), du complexe de loisirs LA PLAGE, de deux grands casinos, d’un centre commercial flambant neuf, de cafés, de bars, de 400 000 m2 de terrains dans le Sud-Ouest de l’ïle, dont la valeur totale s’élève à plus de 50 millions de dollars, de la SINT-MAARTEN COMMERCIAL BANK, de maisons par dizaines et des appartements.

Car il investit dans l ‘immobilier (le montant serait de l’ordre de 99 millions de dollars). L’investissement le plus important serait celui de l’aéroport Juliana (2ème plus grand aéroport de la Caraïbe, en termes de mouvements d’aéronefs). En novembre 2006, une toute nouvelle aérogare moderne et climatisée, dotée de quatre passerelles fixes a été inaugurée (la suite des largesses de Spadaro ?).

Sint-Marteen garde le silence sur ce colossal chantier sorti de terre, les accointances entre milieux d’affaires, mafia, et politiques, n’étant que trop visibles. Prenez par exemple le sénateur Claude Wathey, chef du parti démocrate local, et inamovible détenteur du pouvoir depuis plusieurs décennies, le gouverneur adjoint Ralf Richardson, et le directeur de l’aéroport de la ville Franck Arnel. De précieux concours, indique L’Express, cajolés à la mesure de leur mérite.

Quand on vous parle d’empire, vous n’avez pas encore pris la mesure de la mégalomanie du personnage, fortifiée par la dérive politico-institutionnelle, et le laxisme des autorités. Spadaro s’apprête à construire un palais des congrès de 1000 places, avec garage pour 500 voitures, et une jetée de 1 Km3 pour accueillir les plus grands paquebots !

Mais en novembre 1992, la cellule anti blanchiment auprès du G7, qui a installé un « groupe d’action financière des Caraïbes » sur les flots d’argent s’écoulant de Saint-Martin, le rapport d’AUBERT sur les infiltrations mafieuses en France, et les pressions américaines font que les Pays-Bas ne peuvent que lâcher le gouvernement local de Sint-Maarten, tant les preuves sont édifiantes.

Une photographie prise au téléobjectif en 1991 montre Rosario SPADARO sur son yacht avec Nitto SANTAPAOLA. Qui est ce dernier ? C’est le chef de la Mafia de Catalane, et bras droit de « TOTO » Riina, le tout-puissant patron de la « Commission régionale de Sicile », autrement dit le gouvernement de Cosanostra.

D’autres documents accablants recueillis par les enquêteurs prouvent que Don SARO est également en contact avec Massimo VEZZOSSI, Dante SACCA et Ernesto FRATELLI, trois des lieutenants du chef camorriste Michele ZAZA, et avec Nino SALVO, l’un des intermédiaires en Sicile, entre COSA NOSTRA et la classe politique locale.

Un audit des travaux entrepris dans le port de commerce et à l’aéroport de Sint-Maarten révèle que 13 millions de dollars versés à une société fictive du nom de CONSORZIO, ont tout simplement disparu. (Fausses factures, détournement d’actifs). Les projets de Don Saro sont bloqués. Le gouvernement néerlandais devant autant de preuves irréfutables est obligé de mettre le gouvernement local de l’île sous tutelle.

En octobre 1993, les principaux responsables de l’ïle se retrouvent dans la prison de Curaçao, et un mandat international est délivré, peu après à l’encontre de Rosario SPADARO.
Le mafieux quitte l’île pour se rendre en Italie. Puis, effectue un retour aux Antilles en passant d’abord à Antigua, puis mouille dans les eaux de Saint-Barthélémy. C’est là que les gendarmes français vont l’intercepter en 1994.

La situation a-t-elle changé depuis ?

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Consultons le Dictionnaire géopolitique des drogues (édition 2000), édité à Bruxelles par DE BROECK de 745 pages !

« Le blanchiment d’argent est une réalité sur l’île comme en témoigne le travail d’enquête des autorités sur place. Les réseaux mafieux y sont avérés et la présence de 14 casinos sur un si petit espace est la partie émergée d’un iceberg de dimension internationale. Quatre familles se partagent les casinos ; trois familles italiennes, héritières des premières générations de mafia et liées à la Cosa Nostra, et une turque.
Quand on sait que l’homme d’affaires italien Spadaro, bien connu de la répression du grand banditisme international, a investi quelque 750 000 dollars dans la zone de Maho Bay et créé près de 10 000 emplois dans la partie hollandaise, , on comprend mieux le rôle de l’économie parallèle à Saint-Martin. Le turc Okam possédait une vingtaine de casinos dans la région d ‘Istanbul mais, sa tête ayant été mise à prix, il s’est réfugié à Sint-Marteeen vers l’année 2 000 et y possède à présent le « Princess Casino » le plus luxueux de l’île ».

L’ Encyclopaedia Universalis considère que le cas de l’île de Saint-Martin est une inversion des processus traditionnels. On y blanchit l’argent d’activités illicites ou criminelles, le plus souvent extérieures à la région, pour l’investir ensuite dans le domaine de la drogue. Des trafiquants colombiens, notamment, ont mis à profit la situation extrêmement favorable de l’île, à 230 kilomètres au nord- est de la Guadeloupe et à trente minutes par avion de Porto Rico, pour en faire une plaque tournante du trafic de cocaïne à destination des Etats-Unis et de l’Europe, laquelle compte pourtant deux pays censés exercer leur autorité dans l’ïle.

Sint-Marteen est «un havre pour les trafiquants de drogue, les marchands d’armes, les blanchisseurs d’argent, et les financiers du terrorisme. Sint Maarten est pratiquement dominée par le crime organisé » a écrit Jos Verlaan dans le NRC Handelsblad du 9 octobre 2007.

Le 4 octobre 2013, la presse néerlandaise indiquait « qu’une majorité de la deuxième chambre demande que Sint-Maarten quitte le Royaume si cette île s’obstine à rechercher la confrontation » Selon le journal le Telegraaf « Les Pays-Bas et les autres parties du Royaume ( sont ) ulcérés des pratiques de corruption ».

Et si les Mafias gangrenaient jusqu’aux entourages présidentiels ?

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L’appartement qui abrite les relations secrètes du président François HOLLANDE est lié au grand banditisme ! Le Tribunal de grande Instance (1ère chambre, tribunal de grande Instance de Nanterre N°RG : 14/01807 ),a rendu un jugement le 18 février 2016 qui confirme en tous points les révélations de Mediapart

Ses articles des 12, 14 et 15 janvier 2014 avaient soigneusement distingué deux questions : celle du choix de ses relations sentimentales par François Hollande, qui relèvent de sa vie privée; celle de la fonction présidentielle, qui relève de l’intérêt public.

L’appartement du 8ème arrondissement de Paris, utilisé secrètement par François Hollande pour ses rencontres avec Julie GAYET, est au nom de Michel Ferracci, soupçonné de liens avec le grand banditisme corse. Son ex-épouse Emmanuelle Hauck qui prêtait cet appartement, était devenue la compagne de François Massini,  assasssiné le 31 mai 2013 en Corse dans un guet-apens criminel également soupçonné d’être lié au gang de la Brise de mer.

L’article de Mediapart dont le titre est «  Rue du Cirque : l’appartement, le banditisme corse et la sécurité du président »posait cette question. Le président était-il en danger ?

« Entretenir ainsi une relation cachée dans un lieu qui a des liens objectifs avec le grand banditisme corse, c’est prendre un risque non seulement d’image, mais aussi de potentiel chantage pour le président de la 5ème puissance mondiale ». Car Emmanuelle Hauck était aussi en contact régulier avec Jean Testonière, ex-secrétaire général du cercle de jeu Wagram, condamné à deux ans de prison- dont un an ferme- pour «  abus de confiance » et   « association de malfaiteurs » le 4 novembre 2013.

Elle apparaît dans plusieurs écoutes judiciaires, au plus fort des guerres fratricides de la Brise de Mer pour l’héritage de la machine à cash que représentait le cercle de jeuxWagram.

Les présidents successifs, comme les ministres de l’Intérieur, annoncent régulièrement qu’ils vont combattre les Mafias. Mais nous restons encore une fois de plus sans voix  quand nous apprenons que Madame HAUK a participé à la série télévisée «  MAFIOSA » en tant qu’actrice !

Dans cette série, les telespectateurs sont parfaitement informés sur la vie quotidienne d’une famille impliquée dans le milieu.

Robert Colonna d’Istria, corse, écrivain et historien,dans la revue Atlantico du 29 juillet 2013,  indiquait que ce qu’ils n’ont pas peut-être mesuré, c’est à quel point les voyous sont présents dans la société. Mais l’écrivain pensait-il alors que ses prémonitions allaient se révéler justes au  plus haut niveau de l’Etat. ?

Être truand en Corse, cela ne surprend personne, poursuivait-il : il y a des voyous comme il y a des boulangers et des mèdecins, des retraités, des paysans. C’est un état normal. Le truand ne choque moralement personne.

Si on oublie qu’ils ont du sang sur les mains, ou qu’ils sont d’efficaces artisans de la toxicomanie qui détruit la jeunesse… il faut admettre que certains sont des garçons cordiaux, amusants, charmeurs, bien élevés…

Ils jouissent d’une véritable considération, comme en méritent les grands hommes, les savants, les sages, ou par exemple, les chefs d’entreprise créateurs d’emplois. En tant que rédacteur de l’article, je m’interrogeais sur le rapprochement que l’on pouvait faire de la situation en Corse et celle des régions d’outre-me, mais Robert Colonna d’Istria m’a devancé dans mes réflexions.

« Ce n’est pas tant la corruption de certains tenants du pouvoir qui signe une mafia, que la préparation des esprits. Quand un peuple admet ce phénomène. Quand il ne se révolte pas. Les voyous font partie du fonctionnement habituel de la société. Quand plusieurs sont élus démocratiquement personnellement ou par épouse, fils, beau-frère ou cousins interposés,, à la tête de municipalités, voire au conseil général ou à l’assemblée territoriale. Beaucoup qui se cachent à peine de leurs activités délictueuses, occupent des situations parfaitement officielles… ».

 

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1 Comment

  1. Jacky
    mars 19, 2016 at 11:07 — Répondre

    Wouha !

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