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Mael Disa nouveau dėlégué interministeriel. Pour quoi faire ?

Il fallait trouver un successeur à Jean-Marc Mormeck qui en septembre dernier s’était fait exfiltrer sans tabour ni trompette d’une DIECFOM moribonde chez Valerie Pecresse à la région Ile de France. Apres 3 mois de flottement Mael Disa, Référent de la Republique en Marche en Guadeloupe a été nommė hier en Conseil des Ministres.

Plus d’une vingtaine de prétendants pleins d’espoir avaient fait parvenir leur CV : des politiques comme des gens de la société civile. Il se murmurait cependant depuis quelque temps que les jeux étaient faits, le poulain d’Ary Chalus, Mael Disa assuré d’obtenir le poste. On pensait même que sa nomination officielle se ferait avant la Noël. Ingénieur chimiste, le jeune guadeloupéen spécialiste de l’économie digitale est ainsi récompensé de son engagement au sein de la République en Marche dès les premiers pas du mouvement en 2016.

Une promotion ? Pour lui assurément c’est un avancée foudroyante. Mais quel camouflet pour tous ces ultramarins de l’hexagone désireux se mettre au service de leurs semblables. Quelle négation de la vitalité des associations de province alors que l’on cherche à promouvoir les cultures d’Outremer. Quelle déception de ne pas voir à cette tâche un guyanais ou un martiniquais après 3 guadeloupéens et une réunionnaise.

En juillet 2007, Patrick Karam, nommé délégué interministériel par Nicolas Sarkozy, un poste créé de toutes pièces par lui, fruit de ses réflexions, s’attaque aux discriminations subies par les ultramarins de l’hexagone. Avec un budget de 200 000 €  qu’il considère comme minimaliste, il engage un travail jamais fait auparavant. En conflit avec le ministère des Outre-mer sur ses attributions, il n’hésitera pas à mettre sa démission en jeu.

Claudy Siar, Sophie Elizeon et Jean Marc Mormeck lui succèdent mais malgrė leur bonne volonté découvrent l’impossibilité de mener des actions d’envergure leur budget se réduisant à une peau de chagrin. Mael Disa disposera donc d’environ 100 000 € pour sa délégation et sous la tutelle de la Ministre des Outre-mer qui l’adoubera aujourd’hui. Gageons que sa marge de manoeuvre sera faible.

Le temps de candidater, le gouvernement ajoutait à la fonction du délégué « la visibilité des Outre-mer ». Un « pacte » pour la visibilité des Outre-mer n’a t-il pas été signé le 12 avril par France Télévisions s’engageant « sur des objectifs précis définis conjointement avec le gouvernement » ?

« Promouvoir, valoriser les outre-mer français sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, dans les domaines économique, social, culturel et sportif » un vaste programme pour Mael Disa qui se verra sollicité par tous. En fait il lui sera demandé de toujours positiver, ne jamais promettre et en référer en permanence à sa ministre de tutelle. Attention à ne pas se laisser griser et penser à la carrière ėphémere  de l’ex-secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi, retombé dans les oubliettes après s’être pris pour Icare. Car en politique, il n’y a pas de pitié pour ceux qui tentent de voler de leurs propres ailes.

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Joël DIN

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