Culture

Ma rencontre avec Man Soso

Cela fait une semaine que l’on voit cette photo partout sur les réseaux sociaux. On oublie trop souvent celui ou celle qui est derrière l’objectif. Alors rendons à sa véritable propriétaire ses droits en l’occurrence Hélène Valenzuela, photographe, correspondante AFP qui nous raconte l’histoire de ce cliché.

@Hélène Valenzuela

J’ai pris cette photographie dans le cadre d’un travail que j’ai effectué sur l’ancienne usine Darboussier.

Je m’intéresse à la mémoire des lieux, à la mémoires des personnes. Chaque histoire est singulière et forme un tout, nous permettant de mieux comprendre qui nous sommes et de mieux appréhender le monde qui nous entoure.
L’ancienne usine Darboussier m’est apparue comme un site chargé d’Histoire, faisant partie de la Mémoire collective guadeloupéenne.
Après avoir fait un premier travail photogaphique « Darboussier Entre Deux » sur la friche, exposé au pavillon de la Ville en 2012, je suis allée vers les Hommes qui ont habité ces murs. Ce lieu, qui a été le théatre de tant de souffrances, mais qui reste pour beaucoup un lieu de fierté ou la solidarité et l’entraide régnaient.
J’ai entamé une série de portraits photographiques et de témoignages vidéos afin de garder une trace et de transmettre aux générations futures ce pan de patrimoine. Ce sont 32 photographies et 45 témoignages qui auront pu être proposé en 2015 et 2017 au Mémorial ACTe lors de l’exposition temporaire « Darboussier au cœur des migrations ». Ce travail acquis par le Mémorial ACTe est consultable à la médiathèque du MACTe.
C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Man Soso, figure emblématique dans le milieu du gwoka mais aussi amareuse de canne à l’époque de Darboussier.
C’est à Jabrun, dans cette ancienne habitation où elle a vécu jusqu’à son dernier souffle qu’elle m’a accueilli avec les membres de l’équipe de tournage. C’était en 2014. Elle était déjà fatiguée, mais elle nous a reçu avec cette générosité qu’on lui connait.
Elle en imposait par sa présence, elle était juste là, avec calme et sérénité. Je ne m’étonne pas qu’on ai pu la surnommer « La Reine ».
Malgré une vie dure qu’imposait la survie à cette époque, elle a gardé cette petite étincelle dans le regard et cette joie de vivre qui l’ont tenu jusqu’à ses 99 ans.
Chaque moment aux côtés de man Soso aura été une vrai leçon de vie.
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