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LYNNSHA : NOTRE MUSIQUE N’EST PAS PRISE AU SERIEUX

Artiste confirmée d’origine martiniquaise, elle porte un regard lucide sur le milieu musical tout en gardant son enthousiasme.

 

97L : Bonjour Lynnsha. Peux tu nous parler de ton actualité musicale ?

Je suis en préparation du 5ème album qui sera aussi à consonne afro-caribéenne comme le précédent « Ile et moi », mon premier album de ce type. Un premier single est sorti « Retiens moi », extrait du 5ème album,  un 2ème va sortir et c’est Marvin qui en est le créateur.

97L : Un petit bilan de l’année 2015 ?

Beaucoup de concerts surtout en Afrique comme depuis 5 ou 6 ans, de belles choses. Un peu de femme fatale, un peu de solo, l’album a bien fonctionné en Afrique, de belles rencontres et de nouvelles collaborations.

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97L : Quel est ton univers musical en dehors de ta discographie ?

Ben je n’écoute pas forcément ma propre musique, figure-toi ! J’ai quand même été bercée dans un milieu où l’on écoutait du R’n’B, de la Pop, ce qui fait que je peux écouter Beyonce ou Rihanna, j’aime ce qui est club, les chanteurs français rappeurs, variétés et autres. En musique antillaise, j’ai une petite faiblesse pour Leslie, j’adore sa voix. Mes collègues de femme fatale, bien sûr… Il y a le nouvel album de Malavoi qui arrive, il y a des musiques que l’on entend et qu’on apprécie forcément.

97L : Que penses-tu de la non considération des artistes ultramarins par les médias ?

C’est un discours qui hélas ne change pas. Ou plutôt il évolue selon que l’on soit avant l’été ou pas. J’ai eu la chance d’évoluer au niveau national pendant assez longtemps et je fais des va et vient. J’ai signé chez Warner… Après ma musique première chez Warner était plutôt du R’n’B, je mettais en avant le Zouk le titre ma Rivale était 3ème meilleure vente. Dernièrement on a repris Maldon avec Louisy Joseph et Fanny J.

J’ai l’impression que le national n’arrive pas à travailler notre musique, il faut dire ce qui est. Actuellement il y un engouement pour  la musique afro, beaucoup de rap d’origine africaine qu’ils vont métisser avec des sons plus clubs… Ca fonctionne bien. Mais j’espère que ca ne sera pas juste une vague, que la brèche reste ouverte qu’on puisse enfoncer. Mais on n’est pas reconnus à notre juste valeur car  il y a un réel vivier dans nos pays. C’est vraiment dommage mais notre musique n’est pas prise au sérieux. Peut être aussi que certaines personnes ont fait qu’on ne nous prend pas au sérieux, on a stigmatisé notre musique en disant qu’elle est faite pour s’amuser, pour lover et rigoler alors qu’il y a des discours très profonds. Ce que Patrick Saint Eloi a fait, d’autres l’ont fait, j’ai essayé de le faire sur certaines musiques… Après on n’est pas là que pour les prises de conscience. Il faut de tout. Et il faut savoir que la musique antillaise ce n’est pas que le Zouk : il y a d’autres styles musicaux.

97L : Justement. Gwoka, Belair, fais-tu référence au tambour dans tes musiques ?

Pas forcément. Quand le morceau s’y prête oui. J’ai un titre Fanm Kreyol sur le dernier album et c’est la grande Jocelyne Beroard qui donne le tempo. Par contre j’ai mis de la rumba sur un autre morceau. Je ne cherche pas à imposer un rythme. Je laisse le hasard et les rencontres décider, les sons et les instruments évoluer. La musique doit vivre.

 

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