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« L’usagé » des services ou sévices publics en Guadeloupe

Le système du tout voiture est à bout de souffle

Mon véhicule est tombé en panne. Après remorquage, et passage au garage de la marque automobile, le chef d’atelier a susurré : ça sera chaud, très chaud !
J’ai attendu une heure un bus (espèce en voie de disparition, ou à réintroduire en Guadeloupe comme le lamantin, ce mammifère marin), pour me rendre au Gosier.

 

Dans cette commune balnéaire de Guadeloupe, les véhicules estampillés « Ville du Gosier » sont légion. Non seulement, ils sont tous d’une couleur blanche étincelante, mais aussi on ne peut remarquer la moindre rayure ou détérioration sur ces bijoux technologiques.Un immense parking a été construit pour accueillir les agents, face à l’îlet du Gosier, bétonnant un peu plus la ville. Les utilisateurs de ces véhicules, à n’en pas douter, grâce aux largesses du budget communal, peuvent mener à bien leurs missions en toute quiétude.

Pourtant très souvent, ces véhicules sont destinés à récupérer les enfants à la sortie des collèges, à faire les courses au supermarché  et aussi à faire sortir les enfants le week-end ou à profiter des délices de la plage. Ce sont de simples constatations visuelles. Les fonctionnaires d’Etat n’utilisent-ils pas leurs propres véhicules et ne doivent-ils pas faire face à l’entretien du leur, sans aucune contrepartie ?

D’autres informations nous interpellent. En lisant la presse, on apprend par exemple que la Ville de Grenoble a réduit son parc automobile : elle a conservé 5 voitures sur les 18 héritées de l’ancienne municipalité, faisant ainsi une économie de 40 000 euros. Les conseillers municipaux ont été priés d’utiliser des bicyclettes.

La bicyclette n’est pas sur le point d’être adoptée par la mairie du Gosier, à en juger par la corpulence des agents municipaux et de la population en général. Un chercheur américain, Sheldon H. JACONSON a démontré qu’il y avait une corrélation de 99 % entre l’utilisation de la voiture et le taux d’obésité.

Bon, je m’écarte de mon sujet. Mais certaines pistes ne pourraient-elles pas être explorées par la ville comme le co-voiturage pour les agents municipaux dans le cadre de leurs déplacements professionnels ou une plus grande synergie entre les équipes techniques ?

L’adage qui veut qu’il n’y ait plus d’automobile, mais des autos immobiles est en train de se réaliser en Guadeloupe. Mais quel responsable s’en soucie ? On a pu dire que la poursuite par nos politiciens d’un progrès « infini » se fait toujours au détriment d’un territoire dont les limites sont pourtant visibles à l’oeil nu.

Le maire de Petit-Bourg en Guadeloupe, a pu en toute quiétude, « quatariser »le bas de la Lézarde (lieu vert de sa commune ) sans que les associations de préservation de la nature, ou les administrés ne montent au créneau. Il a fait jaillir en quelques années à côté d’un bras de la rivière la Lézarde, une cité concentrationnaire. Le scénario qu’Edouard Glissant laisse entrevoir dans sa trame romanesque «La Lézarde »  est sur le point de se réaliser (La rivière du même nom où se situe le roman est située en Martinique).

Si vous avez en face de vous nos hommes politiques, ils vous répondront avec morgue, qu’ils agissent pour la Guadeloupe et qu’ils créent les conditions du développement économique. Je tenterai de vous expliquer dans mon prochain article en quoi cela est risible.

Au fait, j’ai récupéré mon véhicule, après avoir composé en tremblant le code de ma carte bleue. Chaud sous le soleil !

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

1 Comment

  1. mai 22, 2015 at 17:48 — Répondre

    Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J’ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Fabienne Huillet http://www.neonmag.fr

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