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Lucia Rubio et Serge Bile en duo sur Martinique 1ère ?

« I have a dream for Martinique ». Peut-on espérer voir cette jeune journaliste prendre les commandes du journal télévisé de Martinique première, aux côtés de Serge Bile ?

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C’est une hypothèse que la chaîne Martinique première pourrait étudier et qui révolutionnerait les medias de l’outre-mer. Car alors que les chaînes nationales et internationales font la part belle aux couples de présentateurs, les télévisions domiennes restent désespérément «mono-sexes».

Lucia Asue Mbomio Rubio et Serge Bile se sont connus alors qu’elle faisait un reportage sur un africain Equato-Guinéen, José Carlos Grey Molay, qui a lutté aux côtés des républicains lors de la guerre civile d’Espagne, et qui  a fini dans un camp de concentration nazi à Mauthausen. Elle a eu connaissance de cette histoire grâce à Serge Bilé, auteur de « Noirs dans les camps nazis », et présentateur du journal du soir en Martinique sur la télé publique.

« Il est devenu un ami », livre-t-elle *

Ils partagent donc les mêmes centres d’intérêt, sont tous les deux journalistes et ont pour le moins un parcours original et atypique.

Née en Espagne d’un père équato-guinéen et d’une mère espagnole, elle a été bercée par les deux cultures. Elle parle les trois langues officielles de Guinée équatoriale : l’espagnol, le français et le portugais.

Lucia Asue Mbomio Rubio a étudié le journalisme, mais de naturel timide, elle n’avait jamais pensé à la télévision. Parlant plusieurs langues, elle a préféré se tourner vers un autre monde, celui de la coopération.

Son but était de partir travailler en Haïti (elle a encore cette idée en tête; c’est un pays dont l’histoire la passionne, premier pays indépendant d’Amérique ayant gagné sa liberté durant la révolution des esclaves africains ), ou dans n’importe quel pays africain.

Alors qu’elle travaillait dans une ONG, elle a reçu un appel de TeleMadrid lui disant qu’elle avait été prise suite à un casting auquel elle avait participé. C’est en faisant le tour du monde, suivie d’une caméra à la rencontre de ses compatriotes, qu’elle s’est fait connaître du grand public.

L’émission « Españoles en el mundo » de TVE est une façon de faire connaître la planète à travers les yeux de nombreux ressortissants espagnols. Les journalistes essaient d’interviewer des personnes ayant différents profils, qui vivent dans différents coins du globe.

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Elle a travaillé aussi à la Radio Télévision de Guinée équatoriale. Elle a ainsi réalisé un reportage sur les femmes équato-guinéennes qui s’éclaircissent la peau. Quand on l’interroge sur les avantages et inconvénients d’être noir(e)en Espagne, elle répond ainsi : « L’Espagne a beaucoup changé. De terre de départ, elle est devenue en peu de temps une terre de destination pour beaucoup d’immigrants… Cela s’est traduit pour une grande majorité, par une mauvaise perception de la réalité. La société a évolué, … mais les gens n’assument pas encore que les villes dans lesquelles ils vivent ne sont plus ce qu’elles étaient. Maintenant l’Espagnol n’est plus blanc. Il l’est parfois, mais pas toujours. Il peut être d’origine asiatique, africaine ou américaine avec toute la gamme de couleurs qui en découle ».

Dans une autre interview, elle disait que les préjugés raciaux nuisibles sont plus récents. Comme celui de l’autobus : «  Laisse-moi passer, car en plus tu es dans mon pays ». Car malgré son accent madrilène, on ne lui demande pas ses origines, ce qui serait plus correct, mais d’où elle vient. D’où je viens, insiste-telle, de MADRID ! « Je suis née à Madrid, j’ai grandi à Alcocon ( banlieue de Madrid ) ».

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C’est détestable d’être considérée comme exotique dans son propre pays, poursuit-elle.. «  J’ai dansé plus de paso-dobles et jotas segovianas que beaucoup de jeunes hommes blancs de mon âge ».

Et d’où je me sens ? «  C’est une question dont la réponse est plus complexe. Je suis allée en Guinée Equatoriale, le pays de mon père, à chaque fois que j’en ai eu l’occasion. Je ne peux défaire aucun des liens qui m’attachent à mes terres car elles se complètent ».

La journaliste paraît donc interpeller ceux qui soutiennent qu’il y a un patrimoine culturel qui objective le concept de civilisation nègre. Cette objectivité reposerait sur le facteur ethnico-racial. Le fait mélanien, constituerait l’assise du monde nègre; il serait l’élément qui permettrait l’identification culturelle de tous les Noirs dans leur diaspora.

Ce qui signifierait que l’aire de la civilisation nègre ne serait pas spatio-temporelle, mais raciale. Ni les morsures du temps, ni les contraintes de l’espace n’auraient eu de prise sur ce nègre-essence.

Et en effet selon les termes d’Alain Blérald, en privilégiant les permanences rappelant l’Ancêtre africain, on les privilégie comme lieu d’explication historique, sans tenir compte des particularités induites par le processus colonial.

On en arrive de la sorte à l’élaboration des catégories fanstasmagoriques de «  culture blanche » et de « culture noire ».

Une question cependant nous taraude.

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Lucia Asue Mbomio Rubiof porte un tatouage représentant le continent africain. (Je sais que vous l’avez repéré…)

Pour faire un ultime pied de nez à ceux qui avaient disserté sur les origines africaines de Serge Bile et qui ne manqueraient pas de gloser sur  « la double appartenance ethnique » de ce duo de choc, Lucia  dévoilera- t-elle ce charmant tatouage au journal du soir ? On connaît beaucoup de guadeloupéens qui s’abonneraient au JT du soir de la Martinique.

*interview d’Africnaone, journal en ligne spécialisé dans l’actualité africaine

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