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Luc Sonor : Être guadeloupéen, c’est une grande fierté…

Un article dans So Foot de Flavien Bories sur Luc Sonor, international passé par Sedan, Metz et Monaco. Le Guadeloupéen parle de ses origines, de racisme, se livrant comme jamais auparavant…
A la question qu’être guadeloupéen voici sa réponse : « Être guadeloupéen, c’est une grande fierté, une richesse extraordinaire. On est français, mais on a la possibilité de vivre autre chose que ce que les métropolitains vivent. On a un diamant entre les mains. On a la chance de vivre sur une île extraordinaire. Il n’y a pas mieux que d’être antillais. On est né dans un paradis. Je resterai toujours guadeloupéen. Si j’ai fait ma carrière, c’est aussi pour les Guadeloupéens. Quand je portais le maillot de l’équipe de France, au moment de La Marseillaise, très souvent dans ma tête, j’avais presque l’impression de la chanter en créole. Je représentais la France, mais la Guadeloupe aussi ».
Le fait qu’on soit venu le chercher aussi jeune en Guadeloupe aurait du être un handicap. « Je ne savais pas où j’allais, je n’avais jamais voyagé. Déjà, il faut que vous réussissiez parce que vos parents ont eu le courage de vous laisser partir sans savoir où vous alliez. Je leur dois toute ma carrière. Ils avaient dix enfants. J’étais l’avant-dernier, je n’avais même pas quatorze ans, j’allais à Sedan. Personne ne savait où c’était. Il fallait du courage pour laisser partir son fils comme ça. Il n’y avait pas de portables, ni internet ».
Il raconte par la suite son expérience du racisme :  » Par rapport à tout ce que j’ai pu souffrir à Sedan. Tout n’est pas simple. On ne voit que l’aboutissement d’une carrière, mais il y a pas mal de sacrifices à faire, de souffrances à endurer. J’ai énormément souffert. J’avais très froid, j’étais seul. J’ai vécu des moments très difficiles. Il y avait un racisme à cette époque qui n’était pas simple à vivre pour un enfant, j’étais interne… »
« Je suis arrivé à Charleville-Mézières. À l’école, j’ai été victime d’un racisme incroyable. J’étais un des seuls noirs à l’école. J’ai été battu, devant l’école, par de gros racistes, je suis resté six jours à l’hôpital. On m’a mis nu dans la neige. J’en ai bavé… »
Sa réussite ?  » Je la dois au fait que j’ai su m’accrocher à tout, m’endurcir, parce que c’est ce que j’aimais. J’aimais le football. À quatorze ans, je ne pouvais pas dire que j’allais être pro, mais le simple fait de jouer au foot, d’être en métropole, je représentais déjà la Guadeloupe. Je me mettais déjà dans la peau du Guadeloupéen qui avait réussi. J’avais franchi l’Atlantique ».
« J’ai dû aussi passer par des moments difficiles parce que je ne savais où loger, j’ai dû vivre dans une petite cave de même pas dix mètres carrés. Il n’y avait pas de chauffage. Il n’y avait absolument rien. Tout cela, je l’ai enduré parce que je ne voulais pas le dire à mes parents. Ils n’étaient pas au courant. Si je leur disais, ils allaient me faire rentrer, et la carrière, j’aurais dû l’oublier, oublier le football. Je leur ai caché pendant des années. Je voulais réussir. S’il y avait des choses à endurer, j’étais prêt à les endurer. Il m’est arrivé de faire du stop pour aller à l’entraînement, il faisait très froid. J’ai même fait du stop pour aller jouer le dimanche matin en jeune. J’ai dû passer par ça, subir tout ça ».
Footballeur rugueux, il s’est cependant toujours refusé à céder à la violence : « Je voulais être la fierté de mes parents. Je voulais vaincre sans pour autant y mettre de la méchanceté. Je voulais mettre de la rigueur, il en faut quand on joue, quel que soit le poste. C’est tout. Je n’avais pas de rage en moi. J’avais juste cette envie de revanche, montrer que malgré tout ce que j’ai pu vivre, j’ai réussi. J’ai surmonté tout ça ».
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