Société

Lilian Thuram : Selon votre couleur de peau, vous n’avez pas les mêmes droits.

En cette semaine d’éducation et d’actions, Jean Michel Blanquer ministre de l’Education Nationale et Frederique Vidal la Ministre de l’Enseignement supérieur lançaient mercredi 20 mars la plateforme internationale de recherche appliquée à l’éducation sur le racisme et antisémitisme.

Lilian Thuram président de la fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme, partenaire de l’opération a pu apposer sa signature au côté de celle de Michel Wieviorka président de la Fondation MSH Maison des Sciences de l’Homme, directeur d’études EHESS Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

« Contre le racisme, il faut éduquer : on ne naît pas raciste, on le devient. Cette vérité est la pierre angulaire de la Fondation Education contre le racisme, pour l’égalité. Le racisme est une construction intellectuelle, politique et économique. Nous devons prendre conscience que l’Histoire nous a conditionnés, de génération en génération, à nous voir d’abord comme des Noirs, des Blancs, des Maghrébins, des Asiatiques… »

A Nice, répondant à une lycéenne sur la montée du racisme, il déclarait : « Pour analyser il faut regarder sur le long terme. Quand je regarde ma famille par exemple : mon grand-père est né en 1908, 60 ans après l’abolition de l’esclavage en France. Ma mère est née en 1947, à cette époque il y avait la ségrégation aux Etats-Unis, et notre pays, la France colonisait d’autres pays. Il y avait plus de racisme. Je suis né en 1972, et en Afrique du Sud il y avait encore l’apartheid, cautionné par de nombreux pays. C’est à dire que selon votre couleur de peau, vous n’avez pas les mêmes droits. Il y a une hiérarchie. Aujourd’hui, comme on parle davantage racisme, on a l’impression qu’il y en a plus. »

« Quand j’étais joueur en Italie, lorsqu’on touchait la balle, des supporters faisaient le bruit du singe dans les gradins. Pourquoi pas celui du chien ou du chat ? D’où ça vient ? C’est important de comprendre ce qui se joue sinon on souffre. Pendant des siècles on a fait des hiérarchies entre les personnes, les blancs étaient au sommet et les noirs, en bas, le chaînon manquant entre les singes et l’homme. Dans l’inconscient collectif c’est resté. Quand on méprise quelqu’un c’est qu’on parle de soi, on dit : je suis mieux ».

A la question : qui doit réagir ? ll esquisse un début de réponse : « Quand des joueurs blancs sortiront du terrain, ça fera avancer les choses. »

Lilian Thuram est attendu ce jeudi matin 21 mars à l’école Saint-Joseph, à Sion-les-Mines, près de Châteaubriant, pour échanger avec des enfants de cours moyen dans le cadre d’un projet pédagogique mené au sein de l’école sur l’éducation contre le racisme et pour l’égalité avant de participer vendredi 22 à une conférence-débat « Zoos humains l’invention du sauvage » à l’université Paris 13, amphithéâtre 5.

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