Culture

LILIAN THURAM : CHRONIQUE D’UN RACISME ORDINAIRE

Lilian Thuram à l’occasion de la sortie de « Tous super-héros », une bande dessinée pour les jeunes coécrite avec Jean-Christophe Camus et Benjamin Chaud et parue aux Editions Delcourt  était invité hier dans l’émission « La bande originale » de Nagui sur France Inter.

On y découvre un Lilian Thuram, démarrant avec le proverbe que lui disait souvent son idole, sa mère, « Kimbé raid pa moli sé moli la ki raid », surnommé Jean d’allumette et ayant du mal à lacer ses lacets dans son enfance. Celui qui arrive en métropole à 9 ans et découvre à l’aéroport que des gens peuvent se déplacent sans bouger grâce aux escalators deviendra célèbre bien des années plus tard grâce à un doublé lors d’un match d’anthologie.

TOUS TES SUPER

L’ex-footballeur, âgé de 44 ans maintenant, lutte farouchement contre le racisme et déclare : « Très tôt, il faut discuter avec les enfants sur la notion de l’égalité ». Pour Thuram ce livre existe « pour susciter une réflexion sur l’égalité. Mon fils Marcus est rentré un soir à la maison en me disant ça: «Papa, il y a Hugo qui m’a dit que les mathématiques, c’était plus dur pour moi parce que j’étais Noir.» Nagui trouvant cette expression d’une violence inouïe, le sportif français relativise : «Le fait que Marcus arrive à la maison et m’en parle, ça veut dire qu’il n’a pas été traumatisé, parce que je lui avais déjà dit : « Peut-être que dans ta vie tu vas rencontrer des gens qui vont mettre en doute tes capacités par rapport à ta couleur de peau, il faudra savoir que c’est pas vrai ».» C’est arrivé. Pour lui il n’y avait rien de grave… On en a discuté c’est l’essentiel… C’est une situation que tous nos enfants ont connu ».

« On devient raciste par habitude car ces hiérarchies existent dans nos façons de penser le monde et dans nos cultures ».

Racontant une anecdote à propos de son autre fils Kephen sur sa couleur de peau celui ci lui répondant : « Je suis marron… et les autres sont roses », Lilian Thuram réaffirme la nécessité d’éduquer pour détruire les préjugés.

Au sujet de la jeunesse « On n’écoute pas trop les jeunes. Il serait bon d’entendre ce que les jeunes pensent de la COP 21, par exemple… Dans l’espace public, ils n’ont pas leur place ». Enfin le concept « black, blanc, beur » né au lendemain de victoire à la coupe du monde 98 n’est que de la récupération politique. « Il ne faut pas attendre que la France gagne pour constater que nous avons des origines différentes mais que nous pouvons vivre ensemble en allant à la découverte des autres ».

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1 Comment

  1. Rolande
    janvier 6, 2016 at 08:58 — Répondre

    Le donneur de leçons qui aurait des problèmes avec les femmes ?

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