Société

L’île du Docteur Gillot

Alors que les Guadeloupéens se passionnent pour le documentaire d’un réalisateur de films de mariage, la révélation d’un système politique n’intéresse pas grand monde. Tout va pour le mieux dans « le meilleur des mondes ».

Avertissement : Dans cet article, nous ne faisons que relater des décisions de justice. Toutes les personnes citées par notre site ont été personnellement mises en cause par les juridictions.

Jacques Gillot, ex-président du Conseil général de la Guadeloupe, créateur d’évasion fiscale de luxe ! Ce ne sont pas les titres du tract incriminé par le sénateur. Quoique !

Résumons les faits : à l’origine, un tract diffusé en décembre 2013 sur les messageries électroniques des adhérents du syndicat CFTC, mettant en cause les pratiques irrégulières de recrutement au Conseil général. Plainte a donc été déposée par Jacques Gillot pour diffamation, contre six, puis quatre syndicalistes de la CFTC.

Le Tribunal correctionnel dans sa décision du 6/02/2015, a prononcé la relaxe de l’ensemble des prévenus, mais surtout il les conforte également en reconnaissant la véracité des propos mis en cause. Le tribunal évoque le non-respect des lois et notamment les emplois fictifs au service d’amis, la prise illégale d’intérêts et les fautes graves imputées à Jacques Gillot.

« M . Jacques Gillot en sa qualité de président du Conseil Général a commis des fautes graves dans l’exercice de son mandat ».

Les emplois fictifs au service d’ amis

«Il ne faut pas juger un homme sur ses fréquentations. Ne perdons pas de vue que Judas avait des amis irréprochables» selon Ernest Hemingway. Sauf que les principes d’égalité devant la loi, de neutralité du service public, de non-favoritisme, de bonne gestion des deniers de l’Etat, ont été allègrement bafoués, à la lecture des cas évoqués par le Tribunal (clientélisme, prévarication, non-respect des procédures) :

Bernard Lubeth ( fils d’un ancien maire de Sainte-Anne). Le Tribunal ne pouvait que reconnaître fondés les divers éléments évoqués (berline de luxe, logement de fonction), et le renouvellement sans aucune base légale du contrat de travail de Bernard Lubeth en 2002, 2004 et 2011. Ce dernier avait été nommé Directeur de l’agence départementale d’insertion. La Cour d’appel de Bordeaux avait prononcé sa destitution en raison d’un non-respect des procédures. Notons que pour cet emploi pour lequel la procédure d’appel n’avait pas été respectée, Bernard Lubeth touchait un salaire de 10 000 euros. Bernard Lubeth demeure directeur de l’Office de l’Eau.

Serge Bonnet qui pratiquerait irrégulièrement une activité médicale en Guadeloupe selon l’avis du conseil de l’ordre des médecins de la Guadeloupe. Il est en outre « employ à plein temps en Auvergne où il est inscrit à l’ordre alors qu’il bénéficie d’une mission sur la mise en place de structures autonomes pour personnes âgées pour laquelle il consacre une semaine par mois en Guadeloupe, avec une rémunération versée par le Conseil Général de ce département, correspondant à un temps plein, étant observé que ses frais de déplacement sont entièrement pris en charge par la collectivité territoriale »

Nadia Célini : suppléante de Jacques Gillot. Qu’elle était sa profession d’origine : Coiffeuse ? Pour le coiffer ?

son ancienne secrétaire médicale (Jacques Gillot a été médecin) : pour le soigner, ou panser ses plaies lors des joutes électorales ? et d’autres personnes « alors que les bases même de ces emplois  sont illégales» selon la juridiction administrative.

Et pourtant, dans cette petite république de la Guadeloupe des copains et des copines, la distribution de tant de cadeaux et largesses n’ a pas été vraiment profitable au Docteur Gillot. (sur le plan politique !)

En effet, après la prise de pouvoir lors des dernières élections départementales de Josette Borel-Lincertin (candidate du parti socialiste et ex-vice-présidente du Conseil régional de la Guadeloupe) au détriment du GUSR (parti de Jacques Gillot), assiste-t-on également au déclin irrémédiable de ce dernier dans sa zone d’influence naturelle ?

Ce n’est un secret pour personne que derrière le maire actuel du Gosier Jean-Pierre Dupont, se profile l’ombre tutélaire de Jacques Gillot, ancien maire de la ville. Il y avait déjà eu l’érosion relative de leur base électorale lors des dernières élections municipales.

Le 30 mars 2014 J-P Dupont avait indiqué que la victoire avait été remportée, «à l’issue d’une campagne d’une rare férocité » qui aura notamment vu des œufs pleuvoir sur l’équipe municipale lors d’un meeting de campagne. Il avait pu lancer à l’adresse de Roberte Méri et Cédric Cornet, ses opposants « le compte à rebours a commencé pour l’un et la fin de la récréation est sifflée pour l’autre. Il est temps de ranger ses jouets, surtout quand l’essentiel des jouets sont des boules puantes». Or, Cédric Cornet, lors des départementales, a franchi la barre des 25 %, ce qui selon les observateurs, était un camouflet pour J.Gillot son adversaire.

Nous avons été transformés en créatures monstrueuses (mi-hommes, mi-animaux). Nous détenons de tristes records en matière d’homicides, de viols, d’obésité, de prévalence diabétique, d’absentéisme scolaire. Le citoyen guadeloupéen sera-t-il obligé d’envisager une fuite de l’archipel, comme dans l’ouvrage de Wells ?

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Théo LESCRUTATEUR

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