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L’ignorance dernier snobisme des politiques et des managers en Guadeloupe

On ne peut pas transformer un pays sans prendre en compte le niveau de départ des personnes qui sont à la tête de ce pays. L’incantation est vaine. Changer d’avenir était le slogan d’Ary CHALUS.

La devise de nos politiques pourrait être désormais celle du gendre de Trump, « We’ve read enough books » (Nous avons lu suffisamment), et ils font le minimum. Ils fuient les responsabilités parlementaires et veulent tous revenir au bercail. Être maire plutôt que député semble être devenu leur credo, tant leur impuissance est devenue manifeste.

Mieux vaut être le premier dans son village que le second… ou surtout le dernier à Rome (Olivier Serva ne rêve que de remplacer à la tête de la ville des Abymes Eric JALTON qui lui-même ne mettait pas les pieds à l’Assemblée nationale, Hélène Vainqueur-Christophe veut reconquérir sa commune et Justine Benin se voit en mairesse du Moule). Ce serait le même probable objectif des actuels députés de la Réunion selon des sources concordantes.

Nos managers eux, semblent être des managers par erreur. Le manager par erreur se caractérise par un vécu négatif de sa fonction sur la plupart des plans, avec un niveau de motivation faible. C’est un profil qui regrette d’être devenu manager lorsque la question lui est posée anonymement.

Mais ces replis stratégiques ne sont en aucune façon un plus pour la Guadeloupe. L’expérience qu’ils sont censés avoir accumulé ne se traduit pas sur le terrain.

A quoi sert de ne pas savoir ? A quoi sert le déni volontaire ? A ne pas changer soi-même. A continuer à bétonner, à dégrader l’environnement, à accumuler des inepties urbanistiques.

Une fois que l’on sait, on ne peut plus faire comme avant. Mais si on refuse de progresser, on peut se dire qu’on a réussi. On peut tout à fait «  réussir » sans apprendre.

On peut parfaitement réussir à polluer la Guadeloupe.

On peut parfaitement construire des complexes cinématographiques à la chaîne, comme celui prévu à Baie-Mahault.

On peut parfaitement construire un « marché d’intérêt municipal » encore à Baie-Mahault, encore du béton, encore moins de productions agricoles et de terres cultivables.

On peut parfaitement construire des golfs en zone montagneuse à Petit-Bourg.

On peut parfaitement faire en sorte que les transports ne fonctionneront jamais, on peut parfaitement constater que les ordures ne soient jamais ramassées, que l’eau ne coule jamais dans les robinets.

Car l’ignorance est bien plus facile à gérer que la connaissance, car elle ne nécessite pas la remise en cause du leader. Par contre, celui-ci va imposer la connaissance aux autres (ce sont les fameux experts dont nous avons déjà parlé et même certainsnommés à une délégation), les blâmer si rien ne change, ou dire que tout est de la faute de ceux qui l’ont précédé.

Comme Gwenaëlle CABO, chercheuse en neuromanagement et tisseuse de talents au service des projets et transformations de l’entreprise, et Anne Gaillet Directrice de projets tranverses, le soulignent, il recherchent des coupables plutôt que de tirer les leçons constructives des erreurs passées.

Ary CHALUS voulait désigner un coupable. Celui qui était responsable de ce qui n’avait pas fonctionné.

Or, le retour d’expérience est tellement plus riche d’enseignements et d’améliorations s’il est constructif.

Et si on valorisait des essais plutôt que de sanctionner des échecs ?

Certains ont voulu faire croire (ou ont voulu se convaincre) qu’une erreur de stratégie était la faute d’une seule personne.

Je n’ai même pas trouvé une lueur d’espoir dans le présupposé de l’ignorance positive qui nous amènerait aux questionnements, qui nous pousserait à découvrir, à innover. Où sont ceux qui nous poussent à innover, à élaborer des stratégies révolutionnaires ?

Bien. Je vais emprunter les routes guadeloupéennes asphyxiées, parce que je n’ai pas d’autres moyens de transport, pour me rendre au nouveau complexe cinématographique de Baie-Mahault où quelques âmes égarées se seront endormies devant des dizaines d’écrans, pendant que les jeunes inoccupés – qu’il ne faut pas appeler délinquants- brûleront des voitures devant le commissariat de la ville.

Je taquinerai la balle de golf sur les terres anciennement agricoles de Petit-Bourg pendant que les SDF de Guadeloupe qui se multiplient comme des petits pains, et qui traversent les routes « crackés », se verront offrir un poulet bio à 50 euros, pour le réveillon du Nouvel An.

( Voir l’article d’Arnaud Tonnelé Directeur chez Kea&Prime Groupe Kea Partners, « L’ignorance dernier snobisme managérial »).

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

1 Comment

  1. Jeàn-claude
    janvier 24, 2020 at 10:35 — Répondre

    Excellent article . La situation , notamment du territoire de la Gpe , interroge , interpellé l’intelligence du personnel politique , passé et ou présent .
    Leur indigence est un crime contre l’humanité de la population gpéenne .
    Pourtant , il existe des porteurs de Projets efficients , tous domaines confondus .
    Je voudrais investiguer le personnel politique sur un divan , afin de connaître et de comprendre , un fonctionnement collectif , à quelques exceptions près , si catastrophiques et désastreux pour le pays et sa population .
    Que penser , quand on voit le niveau des échanges d’un député , de surcroît ,  » pdt d’un machin  » , à la recherche d’un poste de maire , d’une grande ville ?
    Que penser des invectives de son équipe ?

    Q ans ce député , dans un meeting , fait un chantage aux subventions , parce qu’il  » faut être avec les proches du pdt et du gvt , pour avoir l’écoute et les moyens , on tombe au niveau zéro de la politique . C’est aussi vrai que c’est un politicien et non un politique .
    La Gpe , mérite bien mieux que cela .
    Avec son potentiel humain , riche d’ingéniosités , un environnement naturel riche de ressources , des personnalités efficientes , engàgees pour l’intérêt public , l’intérêt collectif , ces politiciens , avec leur égo et leurs ambitions carriéristes personnelles , sont des freins réels pour le développement économique de notre Archipel .
    C’est d’autant plus grave que les conjectures socio- économiques , le fort taux de chômage , la vente des ressources naturelles , les contraintes budgétaires , la transformation des modes de travail avec l’intelligence artificielle , gangrènent sérieusement l’avenir et le devenir du pays Gpe .
    Comme le répétait , feu défunt Rosan Girard , il faut un SURSAUT GPÉEN , pour inscrire un futur , autrement plus serein .
    Nous en avons toutes les capacités .
    Le compte à rebours est maintenant enclenché .
    Il appartient à tout un chacun , de comprendre , que chaque acte , peut et doit être porteur pour un Projet Collectif d’Interêt Public .
    L’Acte de vote est un point de départ pour mettre les personnes ayant une vision de la Gpe , dans 10 – 30 ans .
    Chacune , chacun de nous à cette lourde responsabilité , car nous portons la Gpe de demain , avec notre vote pour un mieux-être collectif et général .
    Mettons davantage de raisons que d’affectifs dans notre vote individuel .
    Lisons les projets .
    Nous sommes dans une mutation de mode , de modèle et de monde .
    À nous d’y inscrire le nôtre .
    C’est ce que je crois . …

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