Culture

L’EXPOSITION « TRANS-REFACTIONS DES AMES METISSES » d’IRIS GENEVIEVE LAHENS

EXPOSITION « TRANS-REFACTIONS DES AMES METISSES » IRIS GENEVIEVE LAHENS

Iris Géneviève Lahens fait ses études d’architecture à l’École des Beaux-arts de Paris. Elle commence à peindre dans son pays d’origine Haïti et est appelée très vite à le représenter sur la scène internationale, à Miami en Floride à l’exposition Art America en 1996. L’année 2000, une année charnière ; arrivée au Québec et l’essor incroyable de sa carrière artistique ! Depuis lors, Iris expose tant au Québec qu’à l’international. Une exposition au Banneker Douglas Museum de Maryland, à Paris, à New York, Washington, Valence, Pékin, Port-au-Prince et les Antilles.

Ses œuvres font partie de collections de Musées et de collections privées. Iris, à la parole discrète et poétique, nous raconte l’Histoire des formes, des images, des civilisations, l’abstraction des mondes et l’énergie vitale de l’humanité. Ses œuvres nous permettent d’appréhender l’imaginaire de la réalité. Issues de l’imaginaire haïtien, les Ämes Métisses sont arrivées en décembre 2017 à la Galerie 24 Beaubourg, La ‘’Trans-Réfactions des Âmes Métisses’’ de la l’artiste peintre haïtienne Geneviève IRIS LAHENS. Une exposition d’œuvre en deux parties, un dialogue entre la matière des couleurs et la transparence du verre réalisée par un maitre verrier Théel ; Rencontre avec Geneviève Iris Lahens qui nous confirme Que l’ivresse de l’art dans la peinture est une vraie thérapie.

 

97L : Quels sont vos premiers croquis de tableaux ?

J’ai commencée par le dessin à l’encre de chine, qui était proche de mon métier d’architecte. A l époque, il n’y avait pas d’ordinateur, donc je dessinais et je continue le dessin. Très vite j ai commencée la peinture acrylique, j’ai fait quelques œuvres. La peinture haïtienne est connue comme un art Naïf, qui existe et qui n’est pas négatif. Je ne peux pas dire, que j’étais influencé par cette peinture, mais je suis née dans cette influence. Il y a beaucoup de peintres contemporains. Le grand Centre d’Art Haïtien qui a été le centre le plus important, où sont venus les plus grands peintres, André Breton, Wifredo Lam, Jean-Paul Sartre. J’ai eu la chance parmi les jeunes de participer au Centre d’Art, et j’ai rencontrée le plus grand peintre Antonio Joseph, qui m’a accompagné sans jamais me donner un cours de peinture. Il ma surtout appris dans les échanges et l’accompagnement. Ce que je retiens c’est l’humilité, accepté d’être accompagné pour réaliser les œuvres.

-97L : Quelle interprétation faites-vous dans le métissage ‘La Trans-Réfaction des âmes Métisses ?

Je travaille avec un maitre verrier, Théel c’est deux cultures qui se croisent qui est le point de départ, et le métissage est partout. Les Âmes, justement est une inspiration spirituelle, et je parle des âmes, car j’ai l’impression de voir des formes, je les ressens et je ne peux pas les nommer, car elles représentent des Âmes immortelles

 97L : Quels sont les codes, les langages, que vous interprétez dans la transparence des couleurs ?

On trouve une côte pluriel, j’aime transmettre de la couleur, de la joie, les ondes positives, beaucoup de mouvements, toutes ces âmes ont les voient errées dans l’univers et dans l’espace, avec des cultures différentes qui se mélangent. L’histoire est présente dans certains tableaux, les esclaves d’Haïti, la libération avec une ouverture vers l’âme et l’abondance représentée par le poisson.

97L : Une peinture entre deux mondes le Ying –Yang, le cosmos et le terrestre comment l’expliquez-vous ?

Entre ces deux mondes c’est une sorte de paix, que je ressens et que je transmets, l’or est un élément majeur dans les tableaux, c’est le soleil. La texture ; je suis un peintre matiériste, je commence par la matière sur la toile, cette matière me guide, s’impose à moi naturellement et la façon dont la matière s’installe. Je reconnais les formes que je souligne, et les formes s’imposent. A partir de ce travail, je mets beaucoup de couches de peinture, en transparence, en opacité, en relief, pour que le spectateur puisse communiquer avec le tableau et se raconter sa propre histoire.

97L : Vos différentes techniques de formes, des nuances, et des couleurs ?

J’utilise du sable que je mélange avec du médium acrylique, qui donne cette volumétrie, un travail de couche de vernis. De pigments d’or soufflés, toujours un travail sur 5/6 couches de peinture. Le processus de construire de l’architecte, est présent dans mon travail. J’aime le rapport à mer, notamment la forme du poisson, car dans ma peinture, tout est organique. Le blanc qui tranche la couleur de la terre ocre. Un jeu de couleur transparent, or vernis, opacité. La lumière, les planètes, les corps, et les dialogues des rencontres.

97L : Un travail d’écriture, d’identité, d’histoire passé et présent ?

Effectivement, Il y a dans mon travail plusieurs langages, des histoires d’amitiés, des rencontres, d’échangent et des protections mutuelles. Une œuvre à quatre mains, qui volent dans l’espace mais qui portent l’humanité des mondes, des bandes d’énergies qui viennent supporter et renforcer, le côté aérien, mais très ancré dans la terre. Des graffitis, des écrits de fragments. Inspirée de la création du monde depuis les premiers habitants de la terre et de leurs descendances, comme l’’Egypte antique, les entités dominent sont présents et nous protèges Des découpes, issues de mon côté cartésien de l’architecte.

97L : Il y a plusieurs atmosphères de compositions dans votre travail, comment l’expliquez-vous ?

Quand je suis en Haïti, je travaille le soleil or qui représente, le rouge la force vitale et lumière. Les pointillés rythment les formes libres dans l’espace. Tout est suspendu dans le temps et pas de limites hors du temps. Des faisceaux humanoïdes bleus cosmiques, pour transmettre les messages à la terre. Un monde spirituel qui s’ouvre du monde d’en haut vers le bas et du bas vers le haut. Les ombres, les esprits, la lumière, et le verre, qui représente les esprits de la force, des êtres protecteurs. Bien connaitre la technique de la transparence, de la lumière du verre, ce qui permet à l’œuvre de vibrer. Des miroirs qui renvois des microcosmiques vers la lumière. Les formes de féminités, les femmes et la naissance, le souffle de la vie. Certains médiums de matières, donnent l’illusion de voir des collages de tissus. le monde ancien, l’ADN et la généalogie. Le tout mélangé de vitraux spirituels .

97L : Tous ces tableaux représentent des pages romantiques et poétiques ?

Très bonne question, il y a un livre de poésie du poète Antony Phelps ‘ Au souffle du vent-poupée, peintures d’Iris Geneviève Lahens qui est sortie le jour du vernissage. C’est une belle rencontre, car le poète haïtien est un ami de la famille, en voyant les tableaux, il a été très inspiré et delà le projet du livre poétique a vu le jour. Le poète Antony Phelps a reçu le prix de l’Académie française.

97L : Quels sont vos projets ?

3 ans de préparation pour cette exposition qui sera présentée en mars 2018, à Biennale d’Art Sacré, dans le sud de la France. «TRANS-REFACTIONS DES AMES METISSES » Vidéo et performances. Je vous attends très nombreux….

Interview & Photos de Wanda NICOT

 

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