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Les présidents des assemblées de Guadeloupe et Martinique peuvent avoir peur

Ils n’ont qu’à se projeter, (oh, tout doucement, juste une petite inclinaison de la tête), vers leurs voisins et se dire qu’une déflagration généralisée peut se produire dans leurs propres régions.

Ils doivent se dire aussi que plus on se réclame du peuple et qu’on réclame un deuxième drapeau, plus il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne.

Ils ont assisté en quelques jours, à la fuite de l’icône indigène déchue en Bolivie. Les médias ne cessaient de mettre en avant ses origines populaires, et son aspect physique avec lequel s’identifiait – disaient-ils – l’immense majorité de la population aymara et quechua. Ils laissaient de côté la population de Santa Cruz, la plus grande ville du pays, exaspérée par cet « indio » considéré comme peu apte à gérer les affaires du pays.

Après le départ d’Evo Morales, le « wiphala », le deuxième drapeau officiel de Bolivie est décroché, brûlé, découpé. Il désigne le drapeau rectangulaire aux sept couleurs utilisé par les ethnies des Andes. Actes racistes, ou simple haine et ressentiment contre celui qui voulait abolir certains privilèges et opérer une redistribution des richesses ?

Autant dire que brandir un drapeau en Martinique, par exemple, n’est pas le plus sûr moyen de rassembler les foules, car chacun aura ses prétentions sur la symbolique et les couleurs à afficher.

De même, Maduro au Venezuela, piètre successeur de Chavez, voué aux gémonies de la puissance nord-américaine, ne peut même plus tirer un quelconque profit des immenses réserves pétrolières de son pays. Il y a peu, des « experts » guadeloupéens, syndicats compris, recommandaient que nous nous rapprochions de la compagnie pétrolière d’Etat vénézuélienne !

Or, les Echos du 1er février 2019 nous retracent le récit de l’ effondrement de la Compagnie, lié à celui de son pays. L’activité de la Compagnie représentait 96% des recettes en devises du pays.

Pour faire tomber Maduro, nous précisent les Echos, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions sévères directement contre le pétrolier.

Le journal retrace l’histoire d’un géant assis sur les plus grandes réserves d’hydrocarbures prouvées au monde. Un géant à genoux, privé de son savoir-faire, privé d’investissements, asphyxié par la mauvaise gestion et la corruption.

La filiale américaine, Citgo, de Petroleos de Venezuela SA, PDVSA, pépite du groupe doit désormais verser ses revenus sur un compte bloqué aux Etats-Unis. Privée de sa principale source de revenus, PDVSA et donc le Venezuela sont pris à la gorge.

Mais tout a commencé en 1999. Pour que l’enrichissement du pétrolier serve sa politique sociale, le gouvernement change la gouvernance de l’entreprise. S’ensuit une grève majeure. La réponse d’Hugo Chavez est radicale. L’ensemble des 19 000 salariés grévistes est licencié. Une majorité d’ingénieurs expérimentés spécialisés dans l’exploitation des sables bitumineux est remplacé par des pro-chavistes.

Perte de savoir-faire, recettes du pétrolier utilisées pour financer les programmes sociaux, investissements pour moderniser et même entretenir l’appareil productif mis de côté, sont les caractéristiques de cette période. En parallèle les effectifs du pétrolier atteignent des sommets : jusqu’à 140 000 , avec des emplois de complaisance.

Fin 2018, PDVSA ne produit qu’un million de barils, seule sa filiale américaine Citgo lui rapporte du cash. Les Etats-Unis ne font en fait que secouer l’arbre, précisent les Echos.

Peut-on faire un rapprochement même s’il est osé avec la crise de l’eau en Guadeloupe ?
Dépenses vertigineuses de prestige, recrutement d’un personnel non-qualifié, établissement d’un empire social, (des familles entières se sucrant avec la complicité des élus), versement de primes à des dirigeants tous azimuts ne sachant même pas la fonction qu’ils occupaient dans cette tentaculaire entreprise de pompage non de l’eau, mais de subventions, de lignes de crédit, et de rémunérations montant jusqu’à des dizaines de milliers d’euros, cadre juridique inexistant, mais dans le même temps absence totale d’investissements pour moderniser et remplacer les tuyauteries obsolètes, laisser-aller technique et managérial, fainéantise et incompétence des cadres, (car il est trop facile d’accuser uniquement le personnel technique et d’exécution), en attendant un hypothétique coup de pouce de l’Etat.

Jetons un coup d’œil sur la crise sociale inédite au Chili, miné par des inégalités persistantes, malgré la bonne santé de son économie.

« Au milieu de cette Amérique latine pleine de convulsions, le Chili est une véritable oasis » , se félicitait le président chilien Sebastian Pinera le 8 octobre 2019.

La prospérité factice des départements d’outre-mer, laisse craindre le pire, tant la pauvreté, et le déclassement économique et social ne cessent de gagner du terrain.

Et en Haïti, Jovenel Moïse, PDG d’Argitrans, entreprise de production et d’exportation des bananes, ayant obtenu une subvention de 6 millions de dollars du président Michel Martelly, et détenteur de 14 comptes bancaires, soupçonné de blanchiment d’argent, n’est-il pas le frère siamois d’élus guadeloupéens et martiniquais qui poussent des cris d’orfraie quand la justice rattrape les fraudeurs et les corrompus ?

Redonner de l’estime de soi à toute une population, était le credo des présidents des deux exécutifs majeurs de Guadeloupe et Martinique. Les éternelles déclarations utopistes de nos élus ne sont-elles pas venues se fracasser sur l’autel de la réalité recouvert non de fleurs tropicales écloses, mais de leurs inconséquences ?

L’un va tempêter pour des radars, un autre se fendra d’une déclaration sur une fiscalisation improbable du régime de l’octroi de mer au profit d’une caisse de compensation, un troisième se verra temporairement interdit de conférence internationale, alors que c’est sur son territoire que cette dernière est organisée, un quatrième qui devrait être plus que sage, vu son âge canonique, laisse disparaître dans la plus grande confusion le mouvement qu’il a créé, pour des questions d’ego.

On récolte ce que l’on a semé.

 

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

1 Comment

  1. Keenyah
    novembre 18, 2019 at 22:31 — Répondre

    C’est du n’importe quoi. Quand on ne sait pas de quoi parle, on se tait, ou mieux , on cherche à comprendre.
    Vous reprenez les mêmes poncifs imbéciles de tous les médias mensonges européens et américains.
    Qui aurait peur de qui ?
    Ce ne sont certainement pas eux qui vous donnerons les meilleurs preuves et documents pour faire une analyse fiable et objective.

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