Société

Les paradoxes guadeloupéens

La Guadeloupe est-elle un pays de paradoxes ou le meilleur côtoie le pire ? On aimerait ne pas le croire, mais les faits semblent donner raison à ceux qui penchent pour cette hypothèse.

Nous avons un Mémorial Acte qui fait la fierté du pays, mais à côté nous avons un centre hospitalier dit universitaire (CHU) où tout le monde redoute d’aller se faire soigner selon ce que nous rapporte la presse.

Nous avons transformé en quelques semaines un vélodrome en mini Roland Garros pour que soit joué le premier tour de la coupe Davis, mais dans le même temps on ne trouve pas d’argent pour payer les éboueurs qui pour se faire entendre se voient dans l’obligation de verser les ordures au milieu de la route. Basse-Terre ville d’Art et d’histoire, serait-elle en train de devenir la ville ou bloquer les rues par les ordures est un art ?

La Karujet va voir déferler sur les eaux guadeloupéennes des champions venus de tous les pays, on parle de 110 millions de spectateurs qui vont voir chaque jour s’affronter sur la mer les spécialistes de ce sport nautique, mais à côté de cela, l’eau coule toujours à petite vitesse dans les robinets.

La bataille a fait rage pour que la Guadeloupe soit dotée d’une université de plein exercice, sauf que les professeurs manquent et que les étudiants pour tenter de se faire entendre sont amenés à dénoncer à travers des vidéos leur piteuse situation.

La liste de ce qui pose question en Guadeloupe est tellement longue que celui qui aimerait tout savoir y perdrait son latin. Heureusement qu’ici on parle le créole et que l’on a vite fait de dire à ceux qui ne se soucient guère de notre bien-être d’inviter leur mère à porter un collier autour du cou. Car ce n’est pas en cédant la centrale géothermique de Bouillante à je ne sais quelle compagnie américaine et sans contrepartie que s’arrangera le désamour entre la population et ses représentants.

Celui que les urnes renvoient à ses chères études après une élection jure devant Dieu et devant les hommes qu’en quittant ses fonctions, il a laissé une situation financière tout à fait saine. A peine quelques jours plus tard, son remplaçant crie au scandale, car il ne trouve que malversations et pas le moindre centime en caisse. Mais c’est de bonne guerre car ce nouvel élu, quand il se fera pousser vers la sortie avancera les mêmes mots : « J’ai laissé une situation tout à fait convenable ! »

Il y a bien d’autres raisons qui font qu’on a l’impression que la Guadeloupe marche sur la tête, mais il semblerait que la population à désormais fait corps avec ces aberrations qui ponctuent sa vie et que finalement elle s’en accommode parfaitement. Car comment comprendre qu’il est facile de trouver de l’argent pour certaines causes et que pour d’autres, surtout lorsqu’elles touchent à l’éducation, à la santé ou au confort des habitants, il faille tirer le diable par la queue ? Ainsi va la vie !

 

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hugo FRAN

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