Carte blanche à

LES OUTRE-MER A L’HEURE DE LA COP 21

La France accueille et préside la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP21), du 30 novembre au 11 décembre 2015. Dans le cadre de cet événement, le Sénateur Jacques CORNANO a été invité par la Ministre de l’Écologie, de l’Environnement et de l’Énergie à faire partie de la délégation française de la COP21.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que le Sénat a constitué un groupe de travail sur la situation des Outre-mer, nommé « changement climatique et Outre-Mer », dont Messieurs Jacques CORNANO et Jérôme BIGNON sont les rapporteurs. Les rapports d’informations « biodiversité des Outre-mer et changement climatique » (http://www.senat.fr/rap/r14- 698/r14-6981.pdf) et « Changement climatique: solutions territoriales en outre-mer » (http://www.senat.fr/rap/r15-131/r15-1311.pdf) ont ainsi été produit par ce groupe de travail. De même, une résolution (http://www.senat.fr/leg/ppr15-140.pdf), inspirée de ces conclusions, a par ailleurs été adoptée à l’unanimité par le Sénat le lundi 16 novembre 2015. L’objectif politique principal de ces différents travaux sénatoriaux est ainsi de donner une visibilité propre aux Outre-mer dans le débat sur les conséquences du changement climatique.

La France est actuellement le pays hôte de la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP21). Paris, est ainsi pour quelques jours, la capitale du monde et le centre névralgique des négociations sur le climat ; négociations qui, nous l’espérons tous, aboutiront sur un accord historique.

Nous devons en effet avoir conscience que le changement climatique est une problématique mondiale. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), d’octobre 2014, a démontré que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté cinq fois plus entre 2000 et 2010 qu’au cours des trente dernières années.

L’humanité a déjà pris consciences des risques qu’elle encourait et la COP21 a justement pour but d’acter, de proposer une réelle transition à l’échelle mondiale. Le Secrétaire Général des Nations-Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, a d’ailleurs déclaré à propos de la conférence sur le climat de 2015 « qu’il n’y aura pas de plan B, parce qu’il n’existe pas de planète B »

Ainsi, on met souvent en avant l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C, mais celui-ci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Néanmoins il est révélateur, car la plupart des scientifiques s’accordent à dire qu’une augmentation de la température audessus de 2°C occasionnerait des dégâts et mettrait en péril la santé humaine, l’approvisionnement en nourriture et en eau, etc.

Dans cette optique, nous devons nous inscrire dans un mouvement structurel de transformation de nos processus de production et nos habitudes de consommation. Citons l’exemple de l’économie circulaire. C’est un modèle économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et qui se fonde sur le principe selon lequel les déchets des uns peuvent devenir la matière première des autres.

La valorisation énergétique des déchets constitue une des applications de l’économie circulaire, offrant ainsi des solutions de substitution aux énergies fossiles, et pourrait contribuer de manière très significative aux objectifs de réduction du C02 rejeté dans l’atmosphère. En effet, « une tonne de déchets ménagers peut produire 700 kilowattheure (kWh) d’électricité ». A travers cet exemple, nous constatons ici tout le potentiel énergétique de nos déchets, ce qui permettra ainsi d’anticiper la raréfaction avérée des matières premières fossiles comme le pétrole.

Pour parvenir à des solutions concrètes, tant à l’échelle des grands États qu’à celle des petits, il est donc essentiel de recentrer les politiques publiques sur un développement plus endogène et d’avoir de réels objectifs pour 2050, tel que l’autosuffisance alimentaire et énergétique, la limitation des importations vers les DépartementsRégions d’Outre Mer et Collectivités d’Outre-Mer (DROM-COM), la réhabilitation des cultures anciennes et de protéines végétales par le biais des jardins créoles, etc.

L’Outre-Mer dispose aujourd’hui de tous les atouts nécessaires pour apporter des solutions concrètes aux changements climatiques. Ces territoires représentent déjà des zones de recherche et d’expérimentation pour les différents modèles de développement durable, tel que les énergies renouvelables, la production d’eau par le dessalement, la valorisation de la biomasse, la production d’air conditionné à partir de la mer, etc.

Ce positionnement est d’autant plus important que nos îles seront également les premiers territoires concernés par les conséquences liées à la mutation énergétique. C’est dans ce cadre et dans la perspective de la COP21, qu’un groupe de travail « les Outre-Mer confrontés au changement climatique » a été mis en place. Celui-ci est commun à la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable et à la délégation sénatoriale à l’Outre-Mer.

Deux rapports et une résolution sont issus des travaux de ce groupe de travail. Le premier rapport traite de la biodiversité dans les Outre-mer (biodiversités des Outremer et changement climatique : http://www.senat.fr/rap/r14-698/r14-6981.pdf), et le rapport final intitulé « changement climatique : solutions territoriales en outre-mer » (http://www.senat.fr/rap/r15-131/r15-1311.pdf ) a été publié quelques jours avant le lancement de la COP21.

Le groupe de travail s’est ainsi concentré tout particulièrement sur six thématiques qui s’imposent aux Outre-mer confrontés au défi de l’adaptation au changement climatique : la gestion de la ressource en eau ; l’adoption d’un modèle agricole plus résilient ; la protection et la mise en valeur de la biodiversité ; la prévention et la gestion des risques ; les énergies renouvelables (solaire, éolienne avec stockage, géothermique, énergie thermique des mers, l’éolien flottant – offshore) et l’éducation au développement durable.

Nous avons ainsi souhaité mettre en avant des réalisations territoriales très concrètes, dont la préoccupation constante est la préservation de la biodiversité ou le recours aux ressources issues de celle-ci comme levier d’action, et qui illustrent que les Outre-mer ne subissent pas passivement les dérèglements climatiques.

Jacques Cornano

Sénateur de la Guadeloupe

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