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Les misérables version antillaise 2.0

CEDRIC, VOLEUR MARTINIQUAIS ET ACCRO AU CRACK, A TOUT DU MISERABLE HUGOLIEN.

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers et compliquant d’une fatalité humaine, la destinée qui est divine… tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres comme celui-ci pourront ne pas être inutiles. » Préface des Misérables – Victor Hugo.

Le grand gaillard martiniquais de 36 ans, est jugé en comparution immédiate, après avoir été intercepté avec un carton de bouteilles de vin et un tournevis, issus d’un cambriolage survenu le matin même dans la ville de Gap. ( Département Hautes Alpes).

Durant la garde à vue, les enquêteurs ont fait le rapprochement avec d’autres procédures en cours. Notamment la plainte déposée quelques jours plus tôt pour le vol de bijoux dans une habitation.

Si Cédric reconnaît une partie des faits, il assure avoir agi pour manger. Il admet qu’il n’a pas «  un passé agréable », Son casier judiciaire comporte dix condamnations. Mais depuis 2010, il s’est « fait petit ».

Six sœurs et frères, nés d’un père fantomatique, élevés en alternance par la mère et les foyers d’accueil en Martinique. Célibataire, sans enfant, il a rejoint l’hexagone il y a quelques années. Puis a opté pour Gap. Difficile de joindre les deux bouts, dit-il. Et ce, malgré un petit boulot qui lui rapporte 1000 euros par mois.

Ces difficultés ne seraient pas liées à votre consommation de drogue ? soumet l’assesseur Patriarche.

« Monsieur, je ne vais pas vous mentir, je fume depuis l’âge de dix ans. Cinq joints par jour, ce n’est pas grand-chose ».

Et un peu de crack aussi, de temps en temps, l’héritage d’un passé à Fort-de-France où les junkies, dès la nuit tombée, errent sans grand espoir, dans les rues du centre-ville.

Cédric n’est pas un mauvais bougre. Ce n’est qu’un petit voleur de pommes, résume son avocat commis d’office, Me Sebbar.

Le tribunal suit les réquisitions du procureur : 12 mois d’emprisonnement, dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve.

Article du Dauphine du 02/09/2018

On sait que Jean Valjean né dans une famille de paysans pauvres de la Brie en 1769, doté d’une force herculéenne, ne sachant ni lire ni écrire, fut condamné au bagne pour avoir volé un pain.

Comme Jean Valjean, Cédric apprendra-t-il à lire à l’école du bagne ?

Comme Jean Valjean, Cédric sortira-t-il du bagne hardi et l’esprit plein de rancune envers la société ?

Comme Jean Valjean, Cédric rencontrera-t-il un évêque, Monseigneur Bienvenu, qui l’accueillera charitablement tout en connaissant sa condition de forçat ?

Comme Jean Valjean, Cédric cédera-t-il à ses mauvais instincts en dérobant dans la demeure de l’évêque des couverts en argent ? Ou alors évoluera-t-il au fil du temps, comme preuve de la capacité à s’améliorer que recèle chaque être humain ?

Cette version idéaliste est malheureusement de plus en plus improbable, vu les faibles moyens dont disposent les services sociaux en matière de réinsertion.

C.P

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