Culture

Les enseignants pires que les élèves ?

ENSEIGNANTS ANTILLAIS PIRES QUE LES ELEVES ?

RELEVE-TOI , ON N’EST PAS A LA MOSQUEE… mais en Guadeloupe baisse-toi, ta copie est sous la porte !

TU PEUX ARRETER L’ECOLE, TON PERE A BIEN FAIT DE VOUS LAISSER TOMBER

Comme dans l’émission, Connaissez-vous vraiment vos voisins ? Connaissons-nous vraiment les professeurs de nos enfants, ces enseignants qui pour la plupart, font ce qu’ils peuvent, finissent en burned-out, ou assassinés tout simplement. Ce professeur de sports, à quelques mois de la retraite, consciencieux et apprécié de tous, se laisse aller, dans un moment d’égarement, en voulant qu’un élève un peu fatigué redouble d’efforts : Relève-toi, on n’est pas à la mosquée ! Il a été sanctionné disciplinairement.

Dans la même veine, « Pires que les élèves » est le livre d’un jeune prof , Stéphane FURINA, qui exerçait près de Dunkerque, paru en 2015. Il a été suspendu pour son livre sans concession.

Trois de ses collègues avaient porté plainte contre lui, car ils ont cru se reconnaître dans les portraits d’enseignants brossés par l’enseignant. Il a été condamné ce mois-ci à verser des dommages-intérêts à ces derniers.

Les extraits sont hallucinants.

J’ai connu un prof qui faisait des croche-pieds aux élèves dans les couloirs dès qu’ils couraient, j’en ai connu une autre qui avait un excellent élève de 3ème qu’elle adorait. Quelques années plus tard, elle a eu son petit frère dont le profil intellectuel était bien différend du grand. Elle a tout simplement refusé de l’appeler par son prénom et lui a donné le prénom du grand frère.

D’autres passages sont tout autant sidérants.

JE NE VAIS PLUS EN COURS D’ANGLAIS :

-Eh ! Attends deux secondes ! Tu seras bien obligée

-Ah, non, c’est hors de question. J’ai de gros soucis avec mon père, on ne s’entend pas ensemble. Il nous a quittées, ma mère n’a plus d’argent.

Quel est le rapport avec Madame X ? Elle n’y est pour rien !

Mais la prof principale lui en a parlé.

Ta prof principale a bien réagi. Quand un élève a des problèmes, l’ensemble de l’équipe pédagogique doit être informée.

Oui, mais elle c’est le contraire. Quand j’ai une mauvaise note à l’école, elle dit que c’est à cause de mon père, qu’il a bien fait de nous laisser tomber, et que ma mère n’a que ce qu’elle mérite. Et c’est pas tout, dit l’autre camarade. Tous les élèves qui n’ont pas la moyenne en anglais, elle les insulte. A moi, elle a dit que je pouvais arrêter l’école, que j’étais inutile à la société et que je pouvais aller pointer à l’ANPE. Alors que mes notes sont correctes. Elle nous dégoûte.

CLEMENT : 17,96 de moyenne mais pas de félicitations. Conseil des classes ; La prof principale intervient.

-Le trimestre est excellent dans toutes les matières, cependant, il est très imbu de lui-même et se vante beaucoup. Je décide de ne lui mettre ni les félicitations, ni les encouragements. Vous en pensez quoi ?

Tout le monde acquiesce. Sauf moi…

– Ecoute, je ne suis pas d’accord. On ne valorise pas l’enfant de cette façon.

– Ne t’inquiète pas, il se valorise lui-même, me dit-elle.

C’est peut-être son éducation. Ses parents le poussent à donner le meilleur de lui-même et il en est fier.

Il y a donc un problème d’éducation.

Justement ce n’est pas de sa faute. Il est jeune, il veut bien faire. Il pense que tout le monde sera fier de lui.

Oui, mais il doit être plus modeste.

Mais ce n’est pas votre problème..,

Pierre MERLE, dans l’Elève humilié : l’école, un espace de non-droit, nous plonge dans une série de récits évoquant des blessures, qui semblent ne s’être jamais refermées. Il y a la chaîne du mépris scolaire humiliant les mauvais élèves, les mauvaises classes, les mauvais établissements, la chaîne du mépris social qui suinte dans les jugements scolaires, et les décisions d’orientation. Mais l’humiliation est bien plus subtile, quand elle porte sur le corps des élèves, sur l’exposition publique de leur intimité, sur l’injure, sur la volonté d’humilier. Le passage au tableau est souvent perçu comme une sorte de « passage à tabac » scolaire.

Les cancres et les pauvres sont-ils exposés à la même honte scolaire ?

Le journal Rebelle titrait : Université de Fouillole, la Machine à casser les jeunes, en octobre 2018, sur l’affaire Wendy, cette jeune fille qui dit que l’Université a égaré sa copie, qu’elle aurait retrouvée sous une porte d’une des salles de l’université avec la note de 17/20.

Sans nous prononcer sur cette affaire, il est une donnée qui est évidente . Wendy est issue de milieu populaire.

Les témoignages recueillis par le journal Rebelle par dizaines, tous authentifiés, nous interpellent. Comme Laura, étudiante parmi des dizaines d’autres, qui indique qu’elle était en troisième année de licence en 2013-2014, en biologie des organismes et des écosystèmes.

« Sur le relevé de notes que j’ai récupéré après la session d’examen du premier semestre, le nom d’une matière que nous n’avions jamais eue apparaissait, suivi de la note 0/20. La note avait été comptée dans la moyenne ».

« Tous les étudiants avaient eu ce zéro. Nous avons demandé à l’administration de retirer cette note. Ils ont bien recalculé la moyenne, mais ils ont laissé la note de 0/20 toujours visible sur le bulletin ! Il a fallu expliquer à la scolarité que le zéro qui apparaissait sur notre relevé, même s’il n’était pas compté, pouvait plomber notre dossier ! Ils ont rectifié le problème ».

« Ce semestre-là, j’ai du repasser trois matières au rattrapage. L’une de mes notes au rattrapage était plus mauvaise que celle de la première session, mais la scolarité l’a tout de même comptée. Je leur ai expliqué que c’est la meilleure note qui doit être prise en compte. Ils ont refusé de rectifier ma note ».

« J’ai dû rechercher le règlement des examens, je le leur ai mis sous le nez, et ils ont fini par refaire le bulletin ».

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

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