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Les 3 laureats du Prix CARBET DE LA CARAÏBE ET DU TOUTMONDE

Lauréats désignés à l’unanimité du Jury de la 30 ème Édition Du Prix Carbet : Elie Stephenson, Yanick Lahens, Alfred Alexandre.

ATTENDUS DU JURY

Elie Stephenson

Pour son engagement sans faille qui irradie sa poésie comme ses multiples œuvres théâtrales. Pour son combat incessant en faveur de sa Guyane natale et de tous les peuples opprimés. Combat qu’il a mené au bout d’une plume talentueuse et inspirée.

Pour sa conscience de feu avec laquelle il a traversé les rituels du vent et les catacombes du soleil comme une flèche à l’encan.

Pour son ouverture généreuse aux élans du ToutMonde où figurent le plateau des Guyanes, l’Amazonie et l’Amérique du Sud. Autant de terres de métissages qui ont tressé les cultures dans une diversité harmonieuse et novatrice.

Pour cette parole de la parole qui va son chemin entre amour et indignation en creusant au cœur de son pays le lit des fraternités futures.

Pour l’éclat humain de sa poétique solidaire et solaire. Le Jury réuni ce mois décerne à l’unanimité le Prix Carbet et du Tout-Monde pour l’ensemble de son œuvre à Elie Stephenson.

 

Yanick Lahens

Après la parution en 1990 de son essai critique sur la littérature haïtienne, L’Exil : entre l’ancrage et la fuite, Yanick Lahens est entrée dans la littérature en tant qu’écrivaine avec la sortie quatre ans plus tard d’un recueil de nouvelles, Tante Résia et les dieux. Depuis, se sont intercalés cinq romans, quatre recueils de nouvelles et un récit Failles autour du tremblement de terre de janvier 2010. Une œuvre solide et marquante. Une parole claire, limpide, sans bavures.

Le roman Bain de Lune paru en 2014 nous plonge dans l’univers de la paysannerie haïtienne par ses personnages vivants, complexes ; une vision très éloignée du regard distant et tant soit peu condescendant de l’ethnologue qui transparaît dans la plupart des romans paysans du 20ème siècle. Un roman qui nous rappelle la richesse et la complexité du monde paysan trop souvent marginalisé. Un roman plein d’humanité, où la vie cherche sa route. Ce roman fut consacré par le prix Fémina. Le dernier roman en date de Lahens, Douces déroutes qui sort en 2018 témoigne aussi de cette quête de vie et d’humanité.

Cette fois en plein univers urbain où le lecteur voit la capitale démentielle qu’est devenue Port-au-Prince, non pas dans une perspective voyeuriste mais comme lieu où la vie se bat, où la violence fait souvent sa loi, mais aussi où la joie, la créativité et les liens entre les êtres sont tout aussi vivants. Yanick Lahens nous livre les réalités d’Haïti sans essayer de « vendre » le pays aux amateurs d’exotisme. Tout simplement, ses textes, romans, nouvelles, essais présentent Haïti, la complexité de sa population, les défis immenses auquel il fait face, et la singularité de son histoire qu’on ne peut ignorer si on veut comprendre son évolution. Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, en mars 2019, Yanick Lahens l’a dit clairement, « Dire Haïti et sa littérature autrement, c’est se demander, à travers les mots de ses écrivains et de ses écrivaines, quel éclairage peut apporter aujourd’hui au monde francophone, sinon au monde tout court, l’expérience haïtienne. »

Le Jury du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde est fier d’attribuer à l’écrivaine Yanick Lahens le prix Carbet 2020 pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution à une meilleure connaissance de la littérature et de la culture haïtiennes et ainsi à la représentation du monde caribéen en général et du Tout-Monde.

 

Alfred Alexandre

Pour une œuvre protéiforme qui donne voix aux laissés-pour-compte, lesquels, malgré les vicissitudes de la vie ont développé une poétique qui fait résonner le tragique et la complexité des réalités caribéennes,

Pour une poétique originale, diverse, envoutante qui convoque les ghettos sans déshumaniser et qui crée des personnages qui, malgré la violence marquant leur existence, manifestent tendresse et dignité, solidarité et résistance,

Pour une écriture qui renouvelle la fiction des lieux et qui explore sans concession les errances qu’engendrent les sociétés issues de l’habitation coloniale, Pour une beauté tendue, lucide accordée aux périples de nos destinés chaotiques,

Pour un engagement qui désigne sans fard nos contradictions où l’évidence des traces côtoie l’immonde du quotidien,

Pour une gestuelle marquée par les scintillements de l’intime où se trament nos échecs et nos drames collectifs sans pour autant renoncer à nos espérances les plus fortes,

Pour une esthétique qui rythme les nuances, les musiques des langues contemporaines sans rien perdre de leur authenticité et de leur poésie,

Pour enfin, ce qu’elle est : œuvre neuve, œuvre d’humilité, œuvre d’exigence, œuvre d’engagement, œuvre attentive aux êtres, œuvre attachée à nos errances, œuvre revigorée par nos espérances, Le Jury de cette 30ème édition du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde réuni à Paris cette année décerne à l’unanimité son prix à Alfred Alexandre pour l’ensemble de son œuvre.

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