Société

Le torchon brûle entre Victorin Lurel et Danik Zandwonis

Très franchement Danik : ton obsession on s’en fout !

En réponse à Danik Zandwonis pour son article « Très franchement, Victorin : Notre Dame, on s’en fout ! », l’ancien ministre ne fait pas dans la mesure.


Faut-il que mon « ami » Danik se soit senti piqué pour qu’il s’élance contre moi en un bien étrange et bien mauvais procès à la suite de ma réaction après l’incendie qui a touché la cathédrale Notre-Dame ? Faut-il que ceux qui arment son tromblon me perçoivent à ce point encore comme un danger à abattre pour qu’il me gratifie d’une telle salve ?

Pour une raison qui m’échappe quelque peu et à laquelle j’éviterai de rechercher une explication trop facile et trop évidente, Danik Ibrahim Zandwonis reprend à son compte, dans une confusion sidérante des sujets (« chlordécone », « épandage aérien », « CHU », « calculs sur l’électorat catholique » et pourquoi pas les sargasses ou le chômage ???) cette étrange idée selon laquelle le fait de se mobiliser pour une cause interdirait de se mobiliser pour toute autre. En l’espèce, il serait ainsi impossible de compatir et d’agir pour Notre-Dame, au motif que nous aurions ici un monopole des seules vraies plaies, des seules vraies douleurs et des seules vraies calamités, passées, présentes et à venir. En somme, par une incroyable étroitesse de l’esprit, il serait impossible de penser Guadeloupe tout en pensant l’universel. Ou encore d’agir local et de penser global. Alors même que le monde entier a compati au sinistre qui a touché ce monument…

Sans doute Danik Zandwonis se sent-il pousser les ailes d’une sorte d’arbitre suprême des bonnes et des mauvaises consciences, des bons et des mauvais sujets ou encore de ce qui serait moral ou ne le serait pas, mais comment ne pas le voir qui s’égare surtout dans la posture permanente qui est la sienne depuis si longtemps : commencer ses articles en partant du principe que je suis un « franco-français » – cette rengaine qui pollue la plupart des écrits qu’il a bien voulu me consacrer au fil des ans – et rechercher seulement ensuite une façon d’illustrer coûte que coûte ce postulat aux allures de sentence. Voilà une sorte de réflexe conditionnel que l’on croirait directement tiré des travaux d’Ivan Petrovitch Pavlov…

Danik Zandwonis reste aveuglé par ce postulat et par une posture.

Ainsi, donc, j’aurais franchi les limites de l’indécence en disant que le citoyen Lurel serait prêt à participer à une souscription nationale pour Notre-Dame s’il y en a une. Tant pis, si Danik Zandwonis réagit comme si j’avais, moi-même, fait la proposition de cette souscription. Tant pis, si Danik Zandwonis préfère me reprocher, à moi, de n’avoir pas participé à une souscription pour notre CHU incendiée que personne – pas même lui – n’avait songé à lancer à l’époque. Tant pis s’il ne se demande pas pourquoi cette proposition n’a jamais vraiment émergé parmi nous. Tant pis, s’il préfère interpeller Lurel plutôt que les équivalents locaux des familles Pinault ou Arnault à notre échelle. Misère d’une posture !

Mais tout ceci ne serait finalement que l’écume d’une de ces mauvaises polémiques dont il a le secret pour générer des « clics », si Danik Zandwonis dans sa quête désespérée d’illustrations de son postulat n’avait repris à son compte des affirmations aussi graves qu’insultantes et calomnieuses. Misère d’un postulat !

Danik Zandwonis interpelle en effet le président de Région et le ministre que j’ai été et me reproche d’avoir, lors d’un Congrès des élus en 2011, « évacué en une phrase » le sujet chlordecone, alors qu’il fait très exactement la même chose en évacuant – de 16 mots ! – l’action qui a été la mienne en la matière. On saluera le procédé… Mais, le jour où Danik Zandwonis aura le cran de sortir des généralités et des approximations qui arrangent bien la construction de sa propre vérité, nous pourrons alors discuter des financements que la Région a accordés sous ma présidence aux organismes de recherche, au professeur Belpomme, à la Chambre d’agriculture. Nous pourrons parler de l’appui que nous avons apporté aux actions en justice intentées en responsabilité jusqu’aux Etats-Unis. Nous pourrons parler de ma proposition de loi sur l’indemnisation reprise par Hélène Vainqueur-Christophe, et nous parlerons aussi du plan Chlordécone 3 que le Gouvernement auquel j’ai appartenu a porté. Peut être, alors, me reprochera-t-il ce que j’ai fait en disant – pourquoi pas ? – que ce n’était pas suffisant, mais peut-être arrêtera-t-il – rêvons un peu ! – de me reprocher de n’avoir rien fait du tout. Peut-être, osera-t-il aussi demander des comptes avec la même véhémence à son ami Harry Jawad DURIMEL qu’il ne met jamais en cause à ce sujet, alors qu’il était aux responsabilités avec moi entre 2010 et 2015, et qu’il ne devait pas trouver notre action commune si insignifiante puisqu’il était prêt à cheminer encore avec moi après avoir été élu sur ma liste en 2015. Et puis, peut-être osera-t-il, tout aussi courageusement, demander à mon successeur ce qu’il fait en matière de chlordécone depuis 2015 à la tête d’une région qui n’a jamais eu autant de pouvoirs et de compétences… Ah, misère de la posture !

Mais, pour que son procès soit conforme aux meilleurs critères moscovites, il fallait aussi que Danik Zandowonis agrémente sa charge de mensonges. Passons d’abord sur le procédé parfaitement honteux qui consiste à mentionner l’épandage dans la foulée d’un long développement sur le chlordécone. Procédé honteux en vérité, car il s’agit de laisser planer l’idée fausse que c’est du chlordécone qui était ainsi déversé sur nos bananeraies, alors qu’il n’en est évidemment rien. Je préfère m’attarder sur ce monument d’équilibre et d’objectivité : « Lurel, ministre des dernières colonies françaises n’a pas levé le petit doigt pour faire cesser l’épandage aérien et l’emprisonnement dont nous étions les victimes ». Revois tes sources, cher Danik, sors de ton bureau et va dans les champs de bananes ! : c’est le Gouvernement auquel j’ai appartenu qui est sorti en six mois de l’épandage qui est, d’ailleurs, encore pratiqué dans la Caraïbe que tu chéris tant, et même pour de la banane qui s’affiche « bio ». Quant aux produits qui étaient utilisés chez nous, sache qu’ils le sont toujours, à dos d’homme, et leur toxicité n’a pas été prouvée, au contraire du chlordécone. Ah misère de la posture !

J’en termine avec le CHU, sujet important s’il en est. Si Danik Zandwonis n’avait eu d’autre objectif que de me démolir, il aurait au moins pu noter que mon passage au ministère des Outre-mer a coïncidé avec la validation en 2014 des 590 millions d’euros de crédits nécessaires à la construction du nouveau CHU. Avec d’autres, j’ai ma part dans cette décision, ne lui en déplaise. Il aurait pu le dire mais, à l’évidence, cela ne servait pas son postulat. Il aurait pu dire aussi que ce sont les parlementaires – dont je suis – et Josette BOREL-LINCERTIN, comme présidente du conseil de surveillance, et Jacques BANGOU, comme vice-président, qui ont réclamé et obtenu les moyens d’Etat permettant au CHU de demeurer opérationnel après le sinistre. Certes, dans des conditions très difficiles pour les patients comme pour les personnels, mais avec des capacités à sauver des vies tous les jours.

Il pourrait dire ces vérités-là, mais il ne le fait pas car elles ne servent pas son postulat qui requiert, au contraire, de mentir, de calomnier, de tout confondre et de tout mélanger allègrement. Ah misère du postulat !

Dans le fond, ce texte en dit plus sur son auteur que sur moi-même. Il révèle les idées fixes qui lui appartiennent. Notamment, celle qui consiste à toujours faire de nous des victimes de tout et de tout le monde, depuis toujours. Celle qui consiste à sans cesse mettre la Guadeloupe en opposition avec ce qui se passe hors de nos frontières ou ce qui provient de l’extérieur. Mais ce texte révèle surtout une obsession : celle qui consiste à s’acharner, au mépris de la vérité des faits, sur un simple sénateur d’opposition, conseiller régional de la minorité, qui aime son pays et n’a pas à rougir de ce qu’il a fait, et qui, décidément, doit déranger encore…

Je pourrais dire à Danik que tout ce qui est excessif est dérisoire.

Je préfère lui dire, en toute amitié, « très franchement Danik : ton obsession, on s’en fout ! »

Victorin LUREL

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