Sports

LE PRESIDENT DU COJI DEFEND SES JEUX

Le Président du Comité d’Organisation des jeux de l’Océan Indien sort de son silence et entend rétablir certaines vérités.

Je ne suis intervenu que sur sollicitation et exceptionnellement lors d’une conférence de presse pour défendre l’action de l’ensemble des bénévoles au cours de ces jeux

Les 9èmes Jeux viennent de se terminer, il y a 1 mois et il faut dire que ce fut une réussite :

  • Une réussite sportive

  • Une réussite populaire

En effet ce sont les 2 objectifs fixés au Comité d’organisation lors de son installation en octobre 2013.

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Thierry Grimaud

Une réussite sportive

Au soir de la clôture des jeux nous constatons que l’ensemble des rencontres sportives dans les 14 disciplines sont arrivées à leurs termes. Avec une bonne collaboration des ligues et comités concernés, les sportives et sportifs ont pu s’exprimer pleinement dans le sport qu’ils aiment après plusieurs années de préparation. Le COJI a su accompagner chaque discipline dans les entrainements obligatoires pour chaque délégation.

  • Dans le respect des jours et des horaires, ce qui a permis à toutes les compétitions de se dérouler aux heures prévues.

  • Dans le respect des athlètes en adoptant les horaires d’ouverture de la restauration au village ou en faisant parvenir cette restauration sur les sites.

  • En véhiculant les différents juges, arbitres, délégués internationaux, chef de mission des îles, responsables des disciplines sur chaque site et chaque jour.

Une réussite populaire

C’était la question essentielle d’avant jeu de l’ensemble des interlocuteurs: presse, monde politique, monde sportif, etc.

Au niveau du COJI nous étions confiants par les demandes incessantes :

  • Du public pour l’obtention des billets, des cérémonies et des compétitions,

  • Pour faire partie des équipes de bénévoles pour l’organisation de ces 9èmes jeux – Des collectivités pour assurer leur présence,

  • Et enfin par l’engagement fort des salariés et des bénévoles de l’organisation.

La réalité nous a donné raison et même au-delà de nos attentes. Sur certains sites ce fut une liesse populaire avec un mélange de toutes les nationalités. Nous avons dû refuser du public, réguler chaque matin la distribution de billets, renforcer nos équipes de sécurité pour que tout puisse se passer correctement.

L’appui du public, l’enthousiasme des athlètes, la présence de nombreux médias, l’affluence sur les réseaux sociaux, ne peuvent que confirmer que l’on a vu ces jeux, que l’on a parlé que l’on a écrit sur ces jeux.

Pourquoi ce sentiment d’échec imputé au COJI ?

Il faut savoir que le COJI ne fait qu’appliquer les décisions du Conseil International des jeux (CIJ). Ce CIJ se compose de 3 personnes de chaque île participante (2 membres des comités olympiques ou CROS et un membre du gouvernement.)

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Le couac de la cérémonie d’ouverture

Le problème politique concernant les Comores et la France à propos de Mayotte existe depuis plus de 40 ans. Ce problème n’a pas permis à Mayotte d’intégrer les Jeux des Iles dès sa création.
La Réunion a fortement milité durant de nombreuses années pour que cette île de notre environnement puisse venir partager ces moments forts de fraternité.

En 2005 une réunion de ministres de la zone avec des représentants français a permis de poser des conditions de participation de Mayotte aux jeux de la CJSOI organisés par les Etats avec :

  • Le drapeau et l’hymne des jeux de la CJSOI comme emblèmes

  • Mayotte a accepté.

Dans un souci de cohérence, le CIJ a inscrit les mêmes dispositifs dans la charte des jeux des îles, permettant ainsi à Mayotte de participer également aux JIOI.
Depuis 2011 le statut de Mayotte a évolué (101
ème Département français en 2011 et région ultrapériphérique en 2014.) Les déclarations ministérielles de ces derniers mois annonçant la participation de Mayotte sous les couleurs de la France, ont été entendues par toutes les populations concernées.
Le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS), n’a cessé d’interpeller à de nombreuses occasions les membres de notre gouvernement pour mettre en adéquation la volonté politique et les articles de la charte et du règlement intérieur des jeux. Dossiers remis aux ministres, courriels envoyés, rencontres et discussions tout a été tenté en vain à notre niveau.

Le résultat, on le connait.
Le COJI se retrouvait donc entre le marteau et l’enclume. La commande de l’Etat et le respect de la charte du CIJ.
Après la cérémonie d’ouverture, la demande du respect de cette charte a été demandée et votée à la majorité lors de la réunion du CIJ du d
imanche 02 août 2015.

Il n’était pas acceptable pour ces membres que la charte et les règlements puissent être malléables selon les lois du pays organisateur.

Une polémique pas apaisée @havitra

Une polémique pas apaisée
@havitra

La fin des hymnes ou le départ des jeux des autres îles

Dans un souci d’apaisement, de trouver un compromis et permettre ainsi à ces jeux de continuer et arriver à son terme, une proposition a été faite par un Comité National Olympique étranger et acceptée rapidement par les autres îles avec l’accord de chaque gouvernement concerné.

Ainsi fut demandée au COJI l’application de ne mettre pendant les cérémonies protocolaires que l’hymne et le drapeau des jeux.

Un non-respect encore de la charte aurait entrainé le départ des autres îles et la fin des jeux au mardi 04 août.
C’est l’application de cette disposition qui a conduit à l’incident qu’il y a eu sur le stade Olympique.

Il faut savoir que dans les textes officiels, un athlète doit se rendre sur le podium qu’avec sa tenue sportive pour le moment protocolaire. Il appartient aux responsables et entraineurs de faire appliquer cela. Notre responsable du protocole du stade de St Paul n’a fait que respecter cette consigne en demandant, que l’athlète lui remette le drapeau, puis elle part précipitamment pour permettre la remise de médaille, elle plie le drapeau et le remet à un autre officiel. La vidéo le montre très bien !

La cérémonie protocolaire étant terminée, les sportifs peuvent alors se parer de toutes décorations n’offusquant pas les valeurs de l’olympisme et le public.
C’est ainsi qu’avec l’accord du CIJ, il fut accepté que les athlètes portent leurs drapeaux et chantent leurs hymnes en toute liberté.

Après un temps d’adaptation, nous avons pu constater que ces instants furent des moments de pur bonheur avec une communion entre athlètes et public.

Autres incidents déclarés

Comment accepter que l’on puisse dire qu’un Ministre a été interdit de l’espace VIP ? Chaque personnalité (ministres, présidents de CNO, délégués internationaux, membres du CIJ, etc.) avait à sa disposition dès son arrivée une voiture avec chauffeur et hôtesse. Ces personnes le conduisant sur les lieux prévus selon son niveau d’autorité.

Il est normal que le service de sécurité applique les consignes de vérification des identités de la dizaine de personnes qui accompagnait le ministre et qui ne portait pas de cartes d’accréditation C’est l’application de cette consigne qui a conduit à ce geste de mauvaise humeur.

Dans tous les jeux il y a eu des remarques sur les conditions d’hébergement et de restauration. On ne peut pas contenter tout le monde, mais on constate des exigences de plus en plus grande de la part des participants et plus particulièrement lorsque cela se déroule à la Réunion.

Les conditions d’hébergement ont bien été données aux responsables des CNO, lorsque qu’il a été demandé d’accepter plus d’athlètes et de disciplines.
Le message n’est certainement pas arrivé jusqu’aux personnes les plus concernées.
Le menu de la restauration a bien été envoyé aux responsables des îles pour transmission et celui-ci a eu l’accord du service médical. Mais on ne pouvait pas avoir une restauration à la carte.

Et que dire de l’exigence d’avoir toujours de l’eau en bouteille, sous prétexte que l’eau du robinet n’était pas potable !!!

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Les difficultés rencontrées

Oui tout n’a pas été parfait, comme ce fut le cas lors des différents précédents jeux aux Seychelles, à Maurice et à Madagascar. L’organisation a rencontré des difficultés sur essentiellement 2  » dossiers « .

  • La billetterie

Comment ne pas opter pour une gestion en interne lorsque les devis de prestataires extérieurs se situaient entre 30000 € et 50000 € pour la distribution de billets GRATUITS.
Il a fallu constituer une équipe, assurer la distribution au COJI et ensuite sur sites et cela dans des conditions difficiles, les billets n’arrivant pas toujours selon la commande. Nous n’avions pas le personnel administratif et de sécurité suffisant pour une distribution sur plusieurs points de l’île.

  • Les transports bus

Un prévisionnel de transport des délégations a été établi bien en amont avec les informations arrivées au COJI : planning des arrivées des délégations étrangères et calendrier des compétitions.
A noter qu’à l’inverse des autres îles où les bus peuvent appartenir aux Etats, localement nous avons lancé un appel d’offre pour les bus et il nous fallait œuvrer dans le cadre de cet appel d’offre.

Ce prévisionnel transport a été complètement modifié par :
Les arrivées tardives et successivement reportées des délégations comoriennes et malgaches. Des prévisions d’arrivée prévues à 17h, puis 00h10, 02h00 pour enfin se vivre à 4h00 du matin. Et cela pendant 2 nuits consécutives ce qui ce qui a eu pour conséquence le maintien en veille des bénévoles concernant l’hébergement, la restauration, l’accueil, les accréditations, le transport véhicules léger etc.

A cela s’ajoute le retard de certaines ligues dans la remise des plannings d’entrainement pour les différentes délégations.
Avec le retrait des Comores de la compétition, on peut se dire qu’il suffisait d’enlever les bus prévus pour cette délégation. Ce ne fut pas aussi simple, car il fallait avoir la nouvelle organisation des compétitions proposée par les commissions techniques sportives dans lesquelles les Comores étaient engagées.

Ceci étant fait, il a fallu répondre aux attentes des autres délégations qui sollicitaient d’avoir des créneaux d’entrainement en remplacement des rencontres prévues face aux Comores et cela dans une dizaine de disciplines.

Malgré tout, les compétitions officielles ont pu se dérouler en temps et en heure. Même si il y a eu le refus de certaines délégations de partager un même bus et les demandes incessantes de mettre à disposition des bus de supporters, alors qu’il existait la possibilité de compléter les bus des sportifs ou d’utiliser gratuitement le réseau Citalis sur le territoire de la Cinor.

Une Convention COJI, Ligue et Municipalité

Pour l’organisation de ces jeux, des conventions ont été signées entre le COJI, les municipalités concernées et les 14 ligues présentes aux jeux. Cette convention cernait bien la répartition des tâches de chaque entité :

  • La ligue organise la compétition sportive avec ses techniciens, ses bénévoles, sous la coordination d’une commission technique internationale. Cette commission était placée sous la responsabilité d’un délégué technique international nommé par la fédération internationale ou la fédération française. C’était à cette commission d’assurer le bon déroulement de la discipline, de faire appliquer les règlements et elle était composée d’un représentant par île participante.

  • La municipalité mettait à disposition les installations sportives, le personnel communal nécessaire, le matériel lourd comme les poteaux de volley ou les lignes d’eau pour la piscine. Des investissements conséquents ont été réalisés par les communes avec l’aide de la Région. On peut dire que les 10 communes concernées ont été de très bons partenaires dans la réussite de ces jeux.

  • Le COJI assurait l’organisation générale des jeux par la gestion de l’hébergement, la restauration, le transport, le suivi médical, l’organisation du camp des jeunes, l’animation au village, le personnel bénévole (chauffeur, hôtesse, coordinateur sur les sites) les récompenses etc. Il assurait également le rôle de coordinateur, d’expertise et de conseil auprès des ligues et mairies dans le respect du cahier de charges. Sur le plan de l’application de ces conventions, ce fut une satisfaction même si on a imputé souvent au COJI des problèmes qui n’étaient pas de son fait.

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Le devenir des jeux

Les événements de ces 9èmes jeux marquent certainement la fin d’un cycle après près de 40 ans d’existence.
Les règlements de la charte doivent évoluer.
Le CIJ doit être remanié en profondeur et il faut revoir la gouvernance de ces jeux On peut même envisager un contenu et un fonctionnement différent, tout en gardant l’esprit des jeux rassemblant la jeunesse de l’Océan Indien dans le cadre de la fraternité.

Un vaste chantier à ouvrir dès maintenant. Il faut la participation de toutes et tous, comme l’a déjà fait le président de la ligue de voile dans un courrier des lecteurs. C’est un devoir collectif au service d’une noble cause
Mais je suis convaincu qu’entre Hommes et Femmes de bonne volonté, rien d’impossible si on s’appuie sur des valeurs communes.

Que conclure ?

Ce fut un challenge avec des obstacles à franchir ou imputés indument au Comité organisateur des jeux.
Que l’on critique en positif ou en négatif est facteur d’évolution et constructif. Mais les insultes et attaques personnelles ne peuvent se comprendre. C’est si facile derrière un clavier et sous anonymat de dénigrer sans prendre le temps de rechercher les éléments d’information des parties concernées.

L’annonce du départ de la délégation de Madagascar a été l’occasion pour certains de vilipender l’organisation (jeux de la honte ! virer ces incompétents ! etc…) mais ces mêmes personnes n’ont fait aucune excuse, lors du volte-face du gouvernement de Madagascar.

De qui doit-on attendre des excuses pour ces attaques ?
Si personnellement j’ai pu aller au bout de ces jeux c’est grâce aux messages d‘accompagnement de la famille, des amis mais surtout de nombreux anonymes rencontrés sur la route ou sur les terrains montrant leur plaisir de vivre ces jeux.

Ils faisaient la part des choses entre l’organisation et les aspects politiques. Je regrette toutefois un manque de soutien du monde sportif local en direction de toutes les équipes de bénévoles engagés dans ces jeux.
On constate que l’essentiel des difficultés est lié aux conséquences d’un incident politique qui aurait dû trouver sa solution avant les jeux.

Par cette lettre je ne souhaite pas repartir dans des polémiques stériles, mais bien apporter des compléments nécessaires à porter à la connaissance du plus grand nombre.
Il appartiendra à l’équipe du COJI de faire le bilan des jeux en apportant des informations complémentaires sur d’autres sujets, comme les accréditations, la mise aux normes des installations, les aspects sécuritaires et bien d’autres points.

Thierry Grimaud, président du COJI

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