Culture

Le point commun entre arméniens et antillais c’est la souffrance. Chaque peuple a eu son lot de génocides.

À l’occasion du sommet de la Francophonie à Erevan en Arménie, Elena Gabrielian pour RFI a rencontré Pascal Légitimus, d’origine guadeloupéenne et arménienne qui évoque les points communs existant entre les cultures de ses ancêtres. Extraits.

Pascal Legitimus confie avoir réalisé une véritable psychanalyse grâce à sa pièce Alone Man Show qui lui a permis de s’identifier plus clairement.
« J’ai eu l’idée de ce spectacle en regardant la photo de mariage de mes parents, qui trônait sur la cheminée. Je me suis dit que ces personnes étaient très courageuses, dans les années 1950, de s’unir en période d’après-guerre, pré-algérienne, à l’époque où le racisme était encore très présent aux Etats-Unis… » Il espère qu’il aura une utilité pour les Arméniens, les Antillais et tous ceux qui ont des difficultés par rapport à la représentation. « En apparence, je suis resté quand même antillais ; le côté arménien ne se voit pas. Donc, avoir une couleur « entre deux chaises » était très compliqué. « 

« Le point commun, c’est la souffrance. Chaque peuple a eu son lot de génocides. Un peu plus de 1,3 million d’Arméniens ont été décimés. Du côté antillais, nous avons le génocide africain, avec la déportation et la mort de dizaines de millions de personnes. J’ai plongé là-dedans dès ma jeunesse. J’ai entendu des lamentations, évidemment plus de côté arménien, car c’était plus frais. Ma grand-mère racontait des histoires sordides… Du côté antillais, c’était un peu plus ludique. Pour s’échapper du passé, ils étaient plus dans l’amusement, dans l’exultation. J’étais ballotté entre les deux structures affectives. Je suis vraiment au milieu. En conclusion, je suis arménien dans la vie et antillais sur scène…

… C’est lié à l’histoire. Les esclaves n’avaient pas le droit de s’exprimer, de gémir, de s’amuser. Ils devaient travailler en étant traités pire que des chiens par leurs maîtres. Donc, l’Antillais est un peu plus pudique par rapport à l’expression de ses sentiments. Il cache la douleur, parce que cela fait mal. Alors que chez l’Arménien, la douleur est présente et se transmet avec l’éducation. Il faut savoir d’où l’on vient. Moi, je suis l’empreinte de tout cela ».

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