Culture

Le Molinere Park : hommage aux africains jetés à la mer ?

Depuis 2012, des sculptures sous-marines à Grenade sont présentées comme un hommage aux africains jetés à la mer lors de la traite négrière. Il n’en est rien. Explications.

Au large de la côte ouest de la Grenade, le Molinere Underwater Sculpture Park est une œuvre d’art sous-marine à une profondeur de 5 à 12 mètres créée par le sculpteur Jason deCaires Taylor. Le parc, lieu de plongée réputé est accessible par bateau depuis le port de St Georges.

De père anglais et de mère guyanaise, Taylor a 3 passions : la plongée, la sculpture et la nature. Taylor a vu dans son art la possibilité de redonner à l’écosystème ce que l’homme lui avait pris. En utilisant des blocs de béton au pH neutre afin de ne pas contaminer l’eau, il souhaite que ses créations servent  de socle au développement de coraux et d’habitat aux poissons ou étoiles de mer. Au Mexique son Musée subaquatique d’art (MUSA)  est destiné à devenir « une plateforme pour engager tous types de formes d’art en rapport avec la mer ».

Parmi les sculptures  à Grenade, Vicissitudes en 2007, le travail le plus connu  de Taylor :  un cercle de 26 enfants debout se tenant la main. Elle symbolise le cycle de la vie et  la capacité des enfants à s’adapter à leur environnement, mieux géré à l’avenir. Le sculpteur a choisi ses modèles parmi les enfants de Grenade. Puis au bout de quelques années, l’idée que les sculptures de Taylor représentent les ancêtres africains a germé sur différents sites et medias donnant l’illusion de représenter la traite négrière transatlantique.

« Il n’a jamais été mon intention de créer un musée de l’esclavage. Cependant mes sculptures trouvent un écho au sein de diverses communautés et nous interrogent sur notre identité et notre ‘histoire commune. »

Néanmoins, l’œuvre d’un artiste, une fois livrée au public ne lui appartient plus. Démythifiée elle devient une réalité au coeur de combats militants, d’idéologies et de luttes politiques. Alors, pourquoi ne pas croire qu’au large de la Grenade, 26 garçons et filles déportés d’Afrique forment une ronde sacrée ? Ils ont choisi de ne pas atteindre l’autre rive, refusant de courber la tête, d’être considérés comme des objets, opposés au projet de déshumanisation auxquels ils étaient destinés et solidaires pour l’éternité.

 

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