Société

Le gouvernement indemnisera les agriculteurs ayant des maladies liées au chlordécone

Samedi 23 février, sur France 2, Laurent Ruquier recevait dans On n’est pas couché le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume, à l’occasion de l’ouverture du salon de l’agriculture. Christine Angot a abordé le sujet du chlordécone, utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles, contaminant les sols pour des décennies dans les prévisions optimistes.

La chroniqueuse est revenue sur la polémique sucitée par le Président de la République lors du débat avec les élus de l’Outre-Mer et sa déclaration : « il ne faut pas dire que ce pesticide est cancérigène ».

Le service communication de l’Elysée a depuis rectifié le tir, les propos d’Emmanuel Macron incomplets et ses intentions se traduisant par « On ne peut pas se contenter de dire que c’est cancérigène, il faut aussi agir”, ligne suivie par Didier Guillaume tout au long de l’interview.

« J’ai voté un texte de loi pour indemniser les ouvriers, les agriculteurs qui ont été empoisonnés, ou qui ont eu des maladies liées au chlordécone ou aux produits phytopharmaceutiques » a affirmé le ministre. « L’engagement que nous avons pris, c’est de le mettre dans ce qu’on appelle la loi de finance, dans le budget pour 2020 ».

« Pour la première fois dans ce pays, un gouvernement et un parlement vont voter des indemnités (quand on a un cancer, ce ne sont pas les indemnités  qui sont l’essentiel, il vaut mieux qu’il n’y ait pas de cancer et de maladie). Il va y avoir un fonds d’indemnisation pour les victimes des produits phytopharmaceutiques ».

Cette annonce de création du fonds d’indemnisation géré par la caisse centrale de la mutualité sociale agricole pour janvier 2020 n’est pas un évènement contrairement à ce que laisse croire Didier Guillaume et avait déjà été faite par la ministre de la santé, Agnes Buzyn. Mais de nombreux points, eux, prudement non abordés par le ministre à la télévision, restent cependant encore à éclaircir et faire douter des réelles intentions de l’exécutif. Les procédures semblent se morceller entre différents organismes de prise en charge compliquant le montage des dossiers. Si les enfants atteints d’une pathologie occasionnée par l’exposition de l’un de leurs parents à ce produit sont concernés, quid de l’ouverture des droits aux riverains touchés eux aussi ? L’indemnisation forfaitaire privilégiée par le gouvernement sera-t-elle fixée indépendamment des préjudices subis ? Et les entreprises phytosanitaires productrices de ces pesticides participeront-elles sur le mode du principe pollueur-payeur ?

En annonçant en septembre 2018 la prise en charge des maladies causées par la molécule C10Cl10O, Emmanuel Macron pensait satisfaire les Antillais. Il a surtout ouvert la boîte de Pandore. Au gouvernement de la refermer en douceur et à moindres frais.

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