Musique

Le créole, je le veux à ma sauce. J’aime sa rondeur en bouche, la volupté des mots, ses onomatopées…

ADELE BELMONT. Ses racines vibrent avec album ‘’Roots On The Moon Racines Moune’’ qu’elle interprètera le mercredi 19 décembre à 19h30 au Sunset à Paris.

Connue jusqu’à Détroit (USA), auteure compositrice et interprète originaire de la Martinique, née à Paris Adèle Belmont a toujours évolué dans une ambiance musicale. Parallèlement à ses études de droit, elle suit un enseignement vocal qui la conduit à être lauréate de la Fondation de France. Soprano de talent, elle joue de son métissage musical et réunit dans sa voix l’intensité et la virtuosité, des envolées lyriques. Les rythmes de jazz caribéens et le gospel s’entrelacent.

Depuis 1992, elle donne de nombreux récitals et spectacles, accompagne les chanteurs de l’opéra de Paris et prête sa voix à la radio. Ses Maîtres, ses inspirateurs ont des visages, des noms : Miles Davis, Sarah Vaughan…

«Sa musique entre en résonance. Elle câline chaque onde, chaque note, chaque mot et chaque silence avec ce brin de folie qui transforme l’instant en un présent malicieux, passionné et Ô combien merveilleux».

97L : Quelle dimension donnez-vous entre la racine Roots et le blues jazz du titre de votre album ?

Ce titre Roots on the moon a un double sens. C’est à la fois l’histoire du peuple noir de l’esprit créatif de nos prédécesseurs qui ont créé ce courant jazz, blues inspiré de l’Afrique et de la musique classique. Dans ce titre, je parle aussi de mon histoire, celle où je chantais Mozart. Je suis descendue dans un restaurant acheter une bouteille d’eau et j’ai dansé sur le groove de Miles Davis devant tous les gens attablés embarqués dans ma transe ! Mes racines ont parlé sous la lune.

Lors d’une séance de travail avec Vincent Vibrac un ami, je parlais de mes racines, de mon envie de rêver. En homme de marketing inspiré, il écrit Roots on the moon pour donner un titre à mon projet d’album. Marie-Antoinette Séjean, mon amie à qui je parle du titre de l’album me dit ensuite « C’est drôle en créole, Roots on on the Moon, ça fait Racines moune !!! Les racines des gens. Magique ! ». J’ai donc continué de composer ce titre commencé un an auparavant, en y ajoutant le refrain Racines Moune, Roots on the Moon. Ce chant est dédié à Vincent Vibrac et Marie-Antoinette Séjean.

97L : Diriez que Miles Davis vous a inspiré pour cet album ?

Des souvenirs presque indicibles me ramènent du plus profond de ma mémoire vers mes maitres mes inspirateurs. Ils ont des visages, des noms, des sons : Miles Davis, bien sûr, est celui qui m’a fait frissonner, me souvenir. Je peux dire qu’il en le père spirituel.

97L : C’est un album comme le livre d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire ? Et une préface du Dr Marie Antoine Séjean ?

Mes racines ont vibré, mais aussi les blessures du passé ont résonné sur la poésie d’Aimé Césaire « J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires ». Je n’ai pas eu la chance de grandir entourée de ma famille de mes grands-parents. Ils se sont réveillés en moi d’où mon envie de servir le Créole dans mes textes à ma façon. Marie-Antoinette Séjean est une amie talentueuse, connectée, ancrée, spirituelle et poète. Elle me ressent et a écrit pour moi la préface dans le livret de l’album, Roots on the Moon, Racines Moune.

97L : Le choix des musiciens pour cet album Quartet de 14 titres ?

Multiculturels. Les musiciens viennent de Cuba, des Lilas, de Nantes, de la Guadeloupe ou de la Martinique. Ils partagent tous cette même flamme cette vibration en harmonie et la joie de faire de la musique ensemble. La réalisation de cet album est le fruit d’une équipe. Thierry Vaton a arrangé 8 titres, mon Quartet les autres titres : Jibril Caratini au piano ; Damian Nueva, à la Contrebasse/Basse ; Gaet Allard à la batterie. Et puis des invités : Arnaud Dolmen au tambour Bélé, José Privat à l’orgue Hammond, Mireille Goufran Mezzo, en duo avec moi dans Têtu t’es et pour la réalisation des choeurs Yannick Cognet au saxophone. Les ingénieurs du sons Max Jesion du Studio BOP City et Olivier Lombroso.

97L : Vous avez des envolés lyriques mélangeant le gospel et le jazz. Comment expliquer cette fusion vocale ?

Cette fusion, je ne l’explique pas, c’est une réponse à un appel, un élan, un rêve. Celui d’être tout ce que je suis dans mon sang et toutes mes origines. J’appartiens au monde, les Etats-Unis où je me suis nourrie de Gospel. L’art Lyrique qui est ma formation et qui me donne une plénitude vocale, le jazz. Il y a aussi le travail technique… Telle une danseuse qui travaille chaque jour sa «barre» je vocalise pour embellir, passer en souplesse dans les notes extrêmes.

97L : Vous rendez hommage à Sarah Vaughan.

C’est le pianiste martiniquais Michel Sardaby qui m’a fait découvrir Sarah Vaughan et sa version de I Gotta right to sing the blues dans l’arrangement du grand orchestre de Count Basie. J’étais encore une enfant mais cette chanteuse m’a bouleversée. J’ai osé chanter le blues parce que j’en ai le droit comme le dit si bien le titre. Je l’ai dédié à Michel Sardaby.

97L : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pour cet album ?

Souvent je bloque sur les textes, le Créole que je ne maitrise pas bien mais qui m’est cher parce que j’ai envie qu’il soit mien. Je le veux à ma sauce. J’aime sa rondeur en bouche, la volupté des mots, les onomatopées. Souvent on veut me mettre dans un tiroir alors que j’ai besoin d’espace de voir large sans frontières, sans barrières. Ça c’est une vraie difficulté. Mais je continue sans me retourner c’est plus fort que moi !

97L : Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

La Joie. Joie. Et Re joie d’avoir vécu une aventure musicale avec des artistes talentueux, généreux humainement. José Privat a enregistré en Martinique et m’a fait parvenir son fichier tout cela spontanément et généreusement. Thierry Vaton simple efficace, précis comme j’adore et un tel bon feeling ensemble, Arnaud Dolmen si heureux de jouer. Yannick Cognet créatif et heureux, Mireille Gouffran, nous avons beaucoup travaillé ensemble et nos deux voix s’harmonisent merveilleusement, elle est merveilleuse !!! Si généreuse. Et mon Quartet Jibril Caratini, Damian Nueva, Gaet Allard mes musiciens depuis 5 ans. Nous sommes dans une énergie et une complicité rare. Vous entendez nos cris nos rires sur l’album !!! Et d’une seule voix, l’envie de toujours essayer des trucs, laisser s’exprimer entre nous la douce folie. Les photos, le livret et le clip vidéo sont de Jean-Michel Sooprayen, le maquillage Louis-Henri Baillet.

97L : Pour conclure, vos projets ?

Continuer la promotion de Roots on the Moon, Racines Moune, qui est accueilli avec enthousiasme. TSF JAZZ, France Ô, Tropiques FM, Outre Mer 1ere… Après le Sunset le 19 decembre, je projette ensuite de présenter l’album Roots on the Moon, Racines Moune à ma chère Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, Haïti, la Dominique, Ste Lucie, la Barbade… Je rêve de tournée sur la Caraïbe !

Propos recueillis par Wanda NICOT

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