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L’AFFAIRE NAOMI : ET NOUS, EN MATIERE DE COMPASSION ?

L’AFFAIRE NAOMI : CELA AURAIT PU M’ARRIVER AUSSI.

« Je m’appelle Michèle VOUIVRE, je suis moi-même opératrice médicale. Notre quotidien, c’est 200 à 400 appels. Nous n’avons aucune formation médicale, mais nous avons des instructions, des centaines d’instructions… exemple pas plus d’une minute par appel.

On ne vous demande pas d’être compatissante, mais juste d’être efficace…

Naomi a dit : « je vais mourir », et malheureusement elle avait raison ». Lorsqu’on entend l’enregistrement, on se dit : « Mais comment peut-on rester insensible à cet appel au secours ? »

… Savez- vous combien de fois par jour, j’entends cette petite phrase ? Elles ont toutes ce ton larmoyant et souffrant, cette petite voix faible pour nous attendrir, qu’il s’agisse d’une migraine, d’une crise de coliques néphrétiques.

Au début, on le prend au sérieux, on appelle les médecins, les responsables, on remue ciel et terre, on se fait engueuler par les médecins qui n’ont pas que ça à faire, par notre employeur qui perd de l’argent, puisqu’on perd notre temps, et en définitive par les patients puisque nous sommes sans cœur et racistes.

Et puis, au fil des semaines, à force de l’entendre cette petite phrase, on s’y habitue, et même je dois l’avouer, oui on a parfois une furieuse envie de répondre, « oui , un jour ou l’autre comme nous tous ».

Naomi est morte à 22 ans, et je le déplore. Mais allez savoir, cela aurait pu m’arriver ».

Cet article est paru dans Riposte Laïque, site qui n’est pas connu pour ses élans de générosité à l’égard des personnes de couleur, et qui dédouane l’opératrice de toute responsabilité. Nous ne sommes pas surs, nous à 97Land, que le nom de famille de Naomi, peu « français », l’aide à être traitée avec moins de condescendance.

Mais il a le mérite d’attirer l’attention sur le caractère catastrophique de la santé en France en général.

ET EN MATIERE DE COMPASSION, FAISONS-NOUS MIEUX DANS LES DOM ?

Dans un long article sur la situation du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, paru dans France-Antilles, le directeur attirait l’attention sur les dizaines de sabotages recensés au CHU ces derniers mois, sur les blocages effectués lors des dernières manifestations, condamnant les patients à ne pas avoir accès aux soins. Lorsque des décès se produiront, qui sera responsable ?

Les télés locales ont offert un spectacle hallucinant, lors du 1er mai, les syndicats défilant sur l’air de la Gwadloup sé tan nou, en déclamant le CHU sé tan nou !

Ne défendent-ils pas des conceptions archaïques en matière de santé, vu la situation actuelle ? Alors qu’au contraire, il faut attirer le maximum de médecins de qualité, leur dérouler le tapis rouge, qu’ils soient hexagonaux, américains, africains !

Et qu’on ne nous dise pas qu’on bloque les originaires qui pourraient être à l’écoute de la population locale ? Les médecins généralistes guadeloupéens fuient l’île. C’est le président du syndicat des médecins qui l’affirmait sur La 1ere Guadeloupe.

Les brancardiers, les secrétaires, les infirmiers font partie intégrante du personnel des hôpitaux, et jouent un rôle essentiel, « mê ki yo vlé, ki yo vlé pa », ce sont les spécialistes et les chefs de service qui sont les premiers de cordée (pour reprendre une expression à la mode), et qui vont nous opérer.

Et nous leur crachons au visage ! Nous sommes dans un pays où chacun clame être professionnel de la santé, mais que chacun reste à son poste !

En Guyane, le centre hospitalier n’a même plus d’urgentistes en nombre suffisant !

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Joël DIN

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