Société

La situation financière des collectivités d’Outre-mer

Les territoires des départements d’outre-mer jouissent de niveaux de développement plutôt élevés au regard de leurs environnements régionaux respectifs mais ils souffrent de retards par comparaison avec les collectivités de l’hexagone. Ils présentent des caractéristiques propres aux petites économies insulaires : éloignement de la métropole où se trouvent les principaux partenaires commerciaux, accessibilité par les seules voies maritime et aérienne328, géographie qui complique la circulation des marchandises, faible superficie induisant l’étroitesse des marchés, risques naturels élevés imposant parfois des normes et technologies particulières et coûteuses. La demande intérieure y est insuffisante pour permettre aux entreprises locales d’atteindre une taille critique.

La situation financière des collectivités locales est moins bonne dans les départements d’outre-mer qu’en métropole malgré des recettes supérieures permises par l’octroi de mer et la taxe spéciale sur les carburants. Ce surcroît de recettes, qui pourrait permettre de répondre aux besoins d’équipements des territoires, couvre des charges de personnel élevées.

Dès lors, le nombre d’opérateurs économiques est réduit, aboutissant fréquemment à une concentration des capitaux, constitutive d’oligopoles, voire de monopoles locaux.

Ces faiblesses structurelles se traduisent par des niveaux de produit intérieur brut (PIB) par habitant très inférieurs à la moyenne nationale.

Selon l’Insee, la convergence économique des Antilles et de La Réunion avec l’hexagone, observée au cours de la première moitié de la décennie 2000, s’est notablement ralentie par la suite. En moyenne, le PIB par habitant dans les DOM représentait 59 % du PIB par habitant métropolitain en 2013-2014.

En 2015, les ménages d’outre-mer disposaient d’un revenu moyen disponible brut par habitant très inférieur à celui de l’hexagone (73 % en moyenne du revenu moyen métropolitain hors Paris). En Guyane, où il est le plus bas, il ne représentait que 52 % de la moyenne métropolitaine hors Paris. Les observatoires des prix et des revenus relèvent toutefois la part très importante de l’économie informelle dans ces territoires, en particulier en Guyane où l’activité non déclarée égale, sinon dépasse, l’activité régulièrement déclarée.

Dans ce contexte où le taux de chômage en outre-mer représente plus du double de celui de l’hexagone, les départements ont une économie très dépendante du secteur public (commande publique, emplois, aides et prestations). Les dépenses sociales pèsent plus lourdement encore qu’en métropole sur les budgets des collectivités locales. Les départements de la Guadeloupe, La Réunion et la Martinique se classent dans le premier décile des départements par la part de leurs dépenses sociales dans leurs dépenses de fonctionnement.

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