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La renaissance du CREFOM, au bénéfice de qui ?

En mars 2016, ministres en exercice et journalistes se bousculaient au 2eme dîner du CREFOM qui ambitionnait d’être le pendant de celui du CRIF pour les Outre-mer. Deux ans plus tard, le soufflet retombé, le CREFOM désargenté et quasi inaudible, avec sa 3eme soirée plus modeste s’en sort avec les honneurs avec ce cocktail dinatoire rassemblant plus de 400 personnes. Quelle sera la suite ?

On n’attendait aucune déclaration d’envergure lors de cette soirée, il n’y en a pas eu. Et contrairement à ce que nous annoncions, l’affrontement Hidalgo/Griveaux n’a pas eu lieu pour cause de désistement de la chef d’édilité, les invités se succédant, avec des « divergences » comme l’indiquait l’ex ministre Pau-Langevin, mais sans hostilité. 

Bruno Julliard

Bruno Julliard 1er Adjoint de la Maire de Paris nous gratifiait d’un “ Paris ne serait pas Paris sans les Outre-mer” nous promettant une litanie de discours ennuyeux à l’attention de personnalités telles Alfred Marie-Jeanne, le président de la collectivité de Martinique (très discret et refusant toute interview) ou Victoire Jasmin, la sénatrice Guadeloupéenne. Valérie Pécresse rappelait son soutien aux associations ultramarines d’Ile de France et un projet de continuité territoriale avec la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion.

J.M Martial et Valérie Pécresse en pleine discussion

Benjamin Griveaux lui, défendait l’action gouvernementale veillant à ne surtout pas utiliser l’expression « égalité réelle » inscrite sur le roll up du CREFOM, préferant « attaquer les inégalités à la racine » et « avoir le réflexe Outremer ». Question de sémantique politique.

Benjamin Griveaux le porte parole du gouvernement au centre

En seconde partie d’intervention, Olivier Serva président de la Délégation aux Outre-mer, Lionel Loubescon, manager du cluster maritime Nouvelle-Calédonie, George Pau-Langevin complétaient ce tour de table.

C’est l’étrange ballet entre le président du CREFOM Jean Michel Martial et le président d’honneur Patrick Karam, collés l’un à l’autre qui a finalement le plus attiré notre attention. Depuis sa nomination en novembre 2016, Jean Michel Martial s’etait montré plutot discret et cette soirée aurait du être celle de son intronisation officielle. Devant un parterre d’élus, le président en titre débutait par un discours rassembleur, cédant la parole à Patrick Karam, avant précisait-il, de la reprendre. Qu’a dit Patrick Karam à Jean Michel Martial à cet instant murmurant à son oreille ? Seuls les deux hommes le savent.

A Patrick Karam le vrai discours, celui de politique générale, incisif dès le début de son speech, comparant l’outre-mer à un volcan négligé par le gouvernement, insistant sur leur paupérisation et promettant des lendemains difficiles comme en Guyane ou à Mayotte, une ministre pompier volant qui ne peut insufler aucun espoir. Des propos salués par l’assistance.

Par la suite le comédien reprenait le micro proposant le mois de mai comme mois des mémoires mais le mot de la fin revenait au politique en annonçant la venue de Valérie Pécresse sur scène. Les deux dirigeants sur la meme ligne dès lors, semblaient ne pas vouloir céder du terrain à l’autre.

Des gestes publics pas si anecdotiques qui montrent que l’acteur n’entend plus jouer les seconds rôles et que son prédécesseur n’a pas totalement lâché les rênes du pouvoir. Dans les prochains mois, les membres du conseil d’administration auront certainement à faire un choix. Il faudra par la suite se pencher sur le mot « représentatif », la 2eme lettre du sigle du CREFOM et aller au contact des nos communautés au fond de leurs banlieues pour les convaincre. Un combat jamais mené jusque-là.

 

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