Culture

LA PITIE N’EST PAS REVOLUTIONNAIRE

LA PITIE N’EST PAS REVOLUTIONNAIRE

J’AI ECRASE LES ENFANTS, MASSACRE LES FEMMES…

Connaissez-vous l’histoire de la belle créole, Marie-Adélaïde, fusillée aux Sables car la guillotine était en révision après avoir servi une centaine de fois ?

Marie-Adélaïde de la Touche-Limouzinière, comtesse de La Rochefoucauld-Bayers nait à Grenade, île alors française, le 5 mars 1760. Son père décédé, sa mère quitte Grenade et revient à Corsept, sur les bords de la Loire. Elle épouse plus tard le comte de la Rochefoucauld qui émigre en 1791 la laissant seule. Un de ses voisins est Athanase de Charrette, le général de Charette le cauchemar des républicains et dont elle deviendra une des maitresses.

La guerre de Vendée débute en mars 1793. Le tocsin appelle à la révolte, Marie-Adélaïde, royaliste, participe à tous les combats. Le 9 août 1793, la Convention décide de l’envoi en Vendée de l’armée de Mayence, l’une des meilleures de la République.

Les Vendéens après plusieurs revers, battent les Mayençais le 18/09/1793 à la bataille de Tiflanges. C’est la stupeur à Paris.

Le 1er octobre 1793, le député Barère prononce un discours resté célèbre à la Convention, avec l’anaphore « Détruisez la Vendée ». La loi du 1/10/1793 sera dénommée «  Loi d’extermination ». L’article 6 dispose : Il sera envoyé en Vendée, des matières combustibles pour incendier les bois, les taillis et les genêts. Les troupes sont réorganisées, et les généraux nobles destitués. C’est l’armée de l’Ouest qui dirigera les opérations.

Le département Vendée est renommé «  Vengé »

On envisage plusieurs hypothèses : affamer les vendéens, abandonner aux Vendéens une voiture d’eau-de-vie empoisonnée par de l’arsenic, conception d’une boule remplie d’un levain propre à rendre mortel l’air de toute une contrée.

La dernière bataille qui vit l’anéantissement de l’armée catholique et royale de Vendée atteint les sommets en matière de cruauté assumée. Seuls 4 000 des 60 000 à 100 000 participants vendéens aux combats parviennent à regagner la Vendée.

Le général Westermann (1) écrit ces lignes célèbres  : « Il n’ y a plus de Vendée, Citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. J’ ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Nous ne faisons pas de prisonniers. Il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. Les routes sont jonchées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs endroits ils font pyramide. »

Un autre général Tribout raconte à peu prés le même scénario. « On m’avait confié la garde de la Vilaine, nul ne l’a passée, nul ne la passera. Je ne veux pas de prisonniers. Ils mettraient la peste dans notre armée.Que les amis de la Royauté aillent dans l’autre monde rejoindre les tyrans. Ils les aiment. Qu’ils restent avec eux ».

Mais les horreurs et la guerre (quoique les troupes vendéennes ne présentent plus de menaces réelles) ne sont pas terminées. Le général Turreau mit au point un plan visant à quadriller la Vendée militairement, les Colonnes infernales. Les Colonnes infernales ont pour consigne de passer à la baïonnette tous les habitants, y compris femmes et enfants, qu’elles rencontreraient sur leur passage. Turreau demandera des consignes claires toutefois, sans que ce dernières ne lui soient apportées.

Les soldats violent, tuent.

L’un des chefs de colonne, Amey, va jusqu’à faire jeter dans les fours de campagne, les femmes et enfants, qu’on lui amène.

Un autre chef républicain se vante de porter au milieu des combats un pantalon fait avec la peau tannée des vendéens qu’on écorchait.

Les historiens ont en tout état de cause établi que les Républicains prirent des Vendéens et en firent des peaux tannées. L’historien Gatherot, auteur de l’Epopée vendéenne, à la page 403 relate les faits suivants : les soldats républicains égorgent une mère,et son nourrisson. Ils enfilent ensuite l’enfant avec une broche, et le font rôtir au foyer, en mettant la broche dans la main de la mère aprés lui avoir coupé la tête.

Crétineau- Joly, Histoire de la Vendée militaire, Tome II, page 72 : ils dressèrent entre deux noyades, un immense bûcher, placèrent dessous des barils vides et dessus cent cinquante femmes qu’ils firent brûler pendant la nuit. La graisse de ces malheureuses remplit les barils qui furent transportés à Nantes, et vendus au commerce. Cette opération économique écrivit Carrier, produisait une graisse mille fois plus agréable que le saindoux.

La feuille d’exécution de Marie-Adélaïde mentionne :

« 24 janvier 1794,
La Touche dite Limouzinière, femme de Pierre Marie La Rochefoucauld, ci-devant noble et comte, convaincue d’être contre-révolutionnaire, instigatrice et chef de révoltés… , d’avoir encouragé au meurtre et au pillage, d’avoir partagé les effets pillés »

1) ancien bailli de la noblesse d’Alsace, promu général, il sera exécuté le même jour que son protecteur, Danton.

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Théo LESCRUTATEUR

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