Société

La lettre de Daisy Osakué : Mon amour pour ce pays est intact. L’Italie est ma maison.

Daisy Osakue, athlète italienne d’origine nigériane frappée par un œuf lancé depuis une voiture a voulu rassurer ses supporters et témoigner dans ce courrier publié dans La Stampa, après l’émotion suscitée par son agression.

Non, ne t’inquiète pas. Mon amour pour ce pays est intact : cela n’arrivera jamais. Rien n’a changé dans ma saison : vous verrez, je serai là à Berlin. Je souhaite juste remercier tout le monde, me détendre et préparer ma compétition.

… En fait, je serai moins anxieuse que d’habitude parce que je me sens chanceuse. Si dimanche soir cela avait mal tourné ? Ce sont des choses qui vous ouvrent les yeux, qui vous font comprendre comment la vie peut changer en un instant.

Oui, pour l’instant mon oeil est fermé, mais il s’ouvrira, je guérirai, je m’en remettrai. Je suis impatiente de porter le maillot de l’équipe nationale et teindre à nouveau mes tresses en bleu.

L’Italie est ma maison, je vis bien ici. Les rues, l’air, l’odeur, la nourriture, les promenades… En ces deux années à San Angelo (Texas), ces choses m’ont manquée et j’ai réalisé que notre société et notre culture n’ont rien à envier aux Etats-Unis. Là bas, cependant, qui que vous soyez, si vous progressez, vous êtes soutenu, applaudi. Ici, vous êtes critiqué pour la couleur de votre peau…

Nous ne sommes pas un pays raciste, mais nous sommes plein de préjugés et de généralités basés sur l’ignorance et la malveillance, deux choses qui conduisent à des épisodes comme celui d’hier. Il y avait d’autres passants juste derrière moi. Pourquoi moi ? Ces deux-là cherchaient une fille noire et j’étais la seule…

Nous avons besoin de plus de sécurité, bien sûr, mais vous ne pouvez pas avoir de patrouille sur toutes les routes. Nous devons apprendre à coexister pacifiquement…

Toi, ma chère Italie, apprends à écouter ton peuple, il te parle et te montre son mécontentement. Toutes les fautes sont rejetėes sur les immigrants qui sont une minorité. Quelques uns, encouragés par d’autres, pensent à se faire justice. Nous devons, au contraire, trouver la force de résoudre nos problèmes ensemble.

La Procureure de Turin, Patrizia Caputo, ne semble pas retenir le caractère raciste de l’agression dimanche soir au Moncalieri, d’autres présumées victimes identifiées blanches. Affaire à suivre.

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