Musique

LA FÊTE DE LA MUSIQUE 2017 A ABIDJAN

Cette année, la fête de la musique en était à sa 24è édition en Côte d’Ivoire. Un des points d’orgue de la manifestation a été le concert donné à l’Institut Français hier 21 juin 2017 avec des artistes de talents : Orentchy, Tchapol, Salsa Espoir, Joël, Seerabane, Spirow. La fête de la musique, d’origine française, s’est exportée à travers le monde et la Côte d’Ivoire où elle est célébrée dans les principales villes du pays, avec pour but de promouvoir la musique et les échanges entre les musiciens et la population.

La vitalité de la Fête compte aussi avec les énergies de tous les volontaires qui se mobilisent individuellement pour apporter à cette journée exceptionnelle sa part fondamentale de spontanéité, son allure de transgression joyeuse. En Côte d’Ivoire, la gratuité des concerts, le soutien des institutions, le relais des médias, l’appui des collectivités et l’adhésion de plus en plus large de la population, ont fait de la Fête de la Musique, depuis sa première édition en 1993, une des grandes manifestations culturelles ivoiriennes.

  • Orentchy

Le groupe « Oren’tchy et Boom Boom Africa » a donné un magnifique spectacle réunissant musique, danse, chant et traditions. « Oren’tchy et Boom Boom Africa » est un groupe d’inspiration traditionnelle fondée sur le rythme Abodan, rythme folklorique du sud-est de la Côte d’Ivoire. Enrichie de sonorités nouvelles tirées d’instruments de diverses cultures d’Afrique et d’ailleurs, ce nouveau style a donné « l’Abodan new age ». Révélé au grand public depuis novembre 1998 sous la direction artistique de Boncana Maïga (arrangeur de Alpha Blondy, Africando, …), Orentchy doit son succès à la fois à son talent vocal et à la qualité de ses spectacles fondés sur une chorégraphie harmonieuse et physique. Orentchy a révolutionné la chorégraphie en Côte d’Ivoire, avec son titre Djakô.

 

  • Tchapol

Tchapol, de son vrai nom Tia Paul, est entré sur scène sous l’apparence d’un esclave enchaîné puis, accompagné de sa basse qu’il passe autour de son cou, il entonne un chant tiré de son récent album « Les chaînes et les larmes de l’esclavage », où il pleure sur les affres de l’esclavage. Tia Paul a été récemment investi à la tête du bureau exécutif de l’Association des artistes musiciens et chanteurs d’Abobo (Aamca). Il a promis d’œuvrer pour le bien-être des artistes, ainsi que le « changement de mentalité », afin que ceux-ci vivent pleinement de leur art. Tia paul a aussi a annoncé la création d’un espace «Tangara Speed Ghôda pour les arts et la culture ».

 

  • Salsa Espoir

C’est à Abidjan que se sont croisés les chemins d’Amy Touré et du groupe Salsa Espoir. Composé d’artistes sénégalais mais aussi ivoiriens, le groupe Salsa Espoir joue des rythmes latino, mais avec des paroles en langue Wolof, Malinké ou Peulh. Avec la voix envoûtante de son lead chanteur, l’incontournable, Thiam, le groupe offre au public des émotions sur un rythme qui a fait le tour du monde. Avec Salsa Espoir, la salsa, née à Cuba de la musique des esclaves africains, revient tout logiquement sur le continent d’où sont partis ses fils.

 

  • Joël

L’artiste Joël, humoriste-chanteur, a entonné plusieurs chants de bel canto italien. Joël N’gadi n’a pas entamé sa carrière d’artiste par l’humour mais plutôt par la chanson. Il a commencé à chanter tôt, à 12 ans, dans une chorale. Il s’essaya plus tard à l’opéra avec le groupe « Bel Canto » qui enregistre deux albums avant sa dislocation. Joël a également enregistré trois albums solos toujours dans le registre religieux. La carrière d’humoriste de Joël a pris son envol avec la tournée « Abidjan Comédie Club » organisée par un opérateur téléphonique. Puis, en 2011, lors de l’émission télévisée « Bonjour 2012 » organisée par la télévision nationale ivoirienne, l’humoriste connaît un grand succès qui le propulse parmi les humoristes incontournables du « one-man-show ». Aujourd’hui, il continue de naviguer entre les shows humoristiques et les chants d’art lyrique.

 

  • Seerabane

Seerabane, de son vrai nom Seri Abane, semble venue d’une autre planète où la musique est reine. Elle révèle des qualités inusuelles, s’appropriant des chansons cultes qu’elle sublime et amène à de nouveaux horizons rarement atteints. Seerabane, dotée d’une voix d’une incroyable musicalité, d’une émotion, d’un charisme et d’une présence qui captivent, déploie une énergie étonnante, qui émane d’une personnalité à la fois mystérieuse et radieuse. Accompagnée par quatre musiciens, elle surprend l’auditoire par sa maîtrise et son occupation de la scène.

 

  • Spyrow

De son vrai nom Alain Amani Goly, devenu entretemps, Spyrow, à Bouaké, sa première formation musicale : Les Chevaliers du Temples Oublié (CTO). En 2002, il fait partie de Kingston Gangstar, l’un des plus célèbres bands interprètes d’Afrique de l’Ouest. Jah Bless, le premier album du groupe sorti en 2005, lui permettra, lui le lead vocal, de se frotter au gotha du show-biz ouest-africain.

L’année 2008 verra la sortie de son premier album solo, Jahmo Jahmo (« Dieu merci » en langue baoulé), bijou sonore de 11 titres réalisé entre Abidjan et Dakar. Didier Awadi, Xuman, Daddy Maky, Kajeem, Kalujah mêleront leurs voix à la sienne et feront de ce premier opus un album majeur de la scène reggae en Côte d’Ivoire.  En 2009, accompagné du Jahmo Band, il met à la disposition du public un maxi single dont le titre « Yekloyehoun » (« Cultivons l’amour » en langue baoulé) est un appel à l’unité de la Côte d’Ivoire, en proie à une crise sociopolitique qui n’en finissait plus. Sa nomination en 2010 dans la catégorie « Meilleur artiste reggae » au Summum (Cérémonie de récompense des meilleurs artistes ivoiriens de l’année) prouve aux quelques sceptiques que Spyrow est un artiste qui compte désormais.

En 2011, en duo avec Kajeem, Spyrow met sur le marché Guettho Reporter. Un an plus tard, en lice pour le Prix découverte RFI/France 24, il termine parmi les 10 premiers sur plus d’une centaine de concurrents. Sa musique est un savant mélange de sonorités du continent noir et le groove « new age » jamaïcain. Rêvant de reconnaissance mondiale à l’instar de son ainé Alpha Blondy, Spyrow incarne, avec sa fraîcheur, l’avenir du reggae africain.

 

Textes et photos : Pascal Gbikpi

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