Société

La commission pour les Enfants de la Creuse dans le viseur du CRAN

La ministre des Outre-mer a installé le jeudi 18 février 2016 la commission d’information et de recherche historique des Enfants de la Creuse, créant toutefois une polémique avec le CRAN.

Composée de Wilfrid Bertile, agrégé de géographie à la retraite, Gilles Gauvin, docteur en histoire, Marie-Prosper Eve, historien et Michel Vernerey, inspecteur général des affaires sociales honoraire et présidée par Philippe Vitale, maître de conférences en sociologie, la commission des Enfants de la Creuse est chargée d’étudier et de rendre un rapport sur le déplacement vers la France hexagonale, entre 1963 et 1982, d’enfants et d’adolescents réunionnais.

Wilfrid Bertile (à gauche) et Gilles Gauvin

Wilfrid Bertile (à gauche) et Gilles Gauvin

Les objectifs de la commission sont les suivants :
– approfondir la connaissance historique sur les Enfants de la Creuse et contribuer à sa diffusion
– établir un tableau des populations concernées et de leur situation aujourd’hui
– proposer une relation précise des décisions et des actes ayant permis le transfert de 1615 enfants et adolescents réunionnais vers l’hexagone
– entendre les associations et permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle
– proposer des actions et mesures permettant de favoriser le travail de mémoire individuel et collectif autour de cette question.

Prosper - Vernerey

Marie-Prosper Eve (à gauche) et Michel Vernerey

La rencontre avec des dizaines d’anciens pupilles permet de constater que certains vivent des situations très difficiles : RSA, institution psychiatrique… De plus, des enfants venant des Antilles ont connu le même sort.

La durée de travail de la commission est portée à 2 ans, la ministre mettant à la disposition de la commission tous les moyens nécessaires à son bon fonctionnement.

Le CRAN, lui, exprime des réserves quant à la Commission, mise en place sans aucune transparence. « Les associations en ont été exclues, et nul n’arrive à savoir si oui ou non la question de la réparation, individuelle ou collective, est à l’agenda des travaux à venir ». Le CRAN se demande si le but de la commission, dont les conclusions ne seront livrées que dans deux ans au plus tôt, n’est pas d’écarter la question fondamentale des ré parations.

« L’État ne pourra pas s’en tirer en se contentant de quelques bonnes paroles, en guise de consolation. Le CRAN qui doit prochainement rencontrer la ministre de l’Outre-Mer à ce sujet invite donc les victimes et les associations concernées à réfléchir ensemble aux meilleures façons d’obtenir une réparation intégrale dans ce dossier ».

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