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La chatouilleuse de Mayotte, une histoire de France

Henri Hazael-massieux, José Vatin, Sophie Elizeon, Halima Lahadji, Saïdali Mahafourou

Le public était convié à la projection le 29 avril au ministère des Outre-mer d’un documentaire de 52 minutes de Marvin Sither rendant hommage à « Zéna M’Déré, la chatouilleuse de la République », ainsi qu’à ces sorodas (soldats en mahorais) comme Zaïna Méresse, donnant la parole aux ministres de l’époque, aux femmes et aux opposants mais aussi aux jeunes. Sophie Elizéon, déléguée interministérielle présentait la genèse du film, Henri Hazael-Matthieu et José Vatin prenaient la parole ensuite avant la diffusion cinématographique suivie d’un débat.

Refusant de couper le lien avec la France comme le reste des Comores, les  « Chatouilleuses » de Mayotte ont combattu avec leurs armes pour refuser l’indépendance de l’île. Avec à leur tête Zéna M’Déré une « foundi » enseignante en école coranique, elles s’attaquent aux personnalités comoriennes et décident de « les chatouiller et ainsi, ils ne viendront plus nous narguer sur notre île ! ». La nuit elles jettent des cailloux sur les toits en tôle des maisons de ceux favorables à l’indépendance rendant leur sommeil impossible. Une d’entre elles sera tuée. Par la suite le gouvernement français choisira de défendre cet ilot au milieu des Comores.IMG_8891

Marvin Sither

Marvin Sither, comment avez-vous eu l’idée de ce film ?

Après avoir sorti un film sur Armand Barbès, suite à des discussions entre Madame Sophie Elizéon et le club Barbès nous sommestombés d’accord pour faire la promotion de Madame Zéna M’Dere. Le député de Mayotte m’a offert un billet et l’hébergement et je suis parti pour faire ces entrevues.

Comment les Mahorais vous ont-ils accueilli ?

C’était quelque chose de magique. Les Mahorais ne s’attendaient pas du tout à ce qu’un antillais vienne faire un film chez eux. Ils m’ont accueilli à bras ouvert avec beaucoup d’amour et de respect. Ils m’ont dit : « C’est bien que vous veniez faire un film sur madame Zena M’Dere pour la départementalisation de Mayotte ».

Se souvient-on là-bas d’Henri Jean-Baptiste Martiniquais d’origine ancien député de Mayotte ?

Je vais vous raconter une anecdote. J’ai été à Pamandzi voir l’ancien président du conseil Général et là bas des femmes m’ont demandé d’où je venais. Quand elles ont entendu le mot Martinique, elles se sont exclamées : « Martiniquais Henri Jean-Baptiste » ! J’ai essayé de dire « Mais je ne suis pas de sa famille ! » Elles m’ont répondu : Merci ! Vous revenez des années après comme lui nous aider.

J’ai rencontré beaucoup d’antillais là-bas qui travaillent et qui ont des postes importants : à Mayotte 1ère, à la préfecture, à la mairie. Ils sont bien accueillis par les mahorais car ils respectent leurs traditions et échangent avec eux.

Comment le film a-t-il été perçu par les Mahorais ?

Pour le moment, il n’y a pas eu de retour négatif. Je les remercie de m’avoir accepté en tant que réalisateur.

Après Barbès pour la Guadeloupe, Zéna M’Dere pour Mayotte, y a-t-il d’autres réalisations prévues ?

Bien sûr. Le Club Barbès c’est quatre personnes : José Vatin, Henri Hazael-massieux, Antoine Bordin et moi. Nous allons décider de la prochaine destination et du personnage. De toutes manières, tous les territoires seront concernés : il est temps que les hommes et les femmes des Outre-Mer soient connus et reconnus par la République.IMG_8858

Sophie Elizéon

Sophie Elizéon : Le Club des amis de Barbes a décidé de mettre à l’honneur les ultramarins combattant pour la République. Nous avons réfléchi à une ultramarine et voici l’aboutissement de cette idée qui se poursuivra dans une autre collectivité.

Au mois de mai nous écouterons le rapport du Conseil Economique Social et Environnemental sur l’enjeu de l’insertion professionnelle des jeunes ultramarins. Au-delà du travail quotidien qui reste important à la délégation : les sollicitations individuelles et les rendez-vous multiples, nous avons eu à traiter avec le ministère, les défenseurs des droits d’un cas de discrimination par un assureur à l’encontre des ultramarins.IMG_8863                               José Vatin, Antoine Bordin, Sophie Elizéon, Saïdali Mahafourou, Henri Hazael-massieux

IMG_8886José Vatin

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1 Comment

  1. Lucie
    mai 4, 2015 at 08:18 — Répondre

    C’est une belle histoire que je ne connaissais pas. J’espère voir ce documentaire sur France Ô. Pourriez-vous leur demander de le diffuser ? Merci.

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