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KASSAV : On fait plus de monde aujourd’hui qu’il y a 20 ans

Ont-ils encore des choses à dire ? Eh bien oui. Jacob Desvarieux, Jean-Philippe Marthely et Jean-Claude Naimro en trio malicieux, répondent à tour de rôle à nos questions en attendant les concerts de fin mai.

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97L : Pouvez-vous nous donner une explication sur le terme « Dernier Zénith de Kassav ». Est-ce pour faire le buzz ?

Jean-Claude : Dernier Zénith ne veut pas dire dernier Zénith tout court c’est aussi simple que cela.

Jacob : Cela ne veut pas dire non plus le dernier concert de Kassav.

JC : Peut-être que oui peut être non… (rires) Qui sait dans la vie ? Mais on espère qu’il y en aura d’autres.

Jean-Philippe : En fait, on aimerait trouver une autre salle.

Jacob : Bercy, on connaît. Le Stade de France, on connaît.  On a fait l’Olympia justement pour se dire qu’on avait fait toutes les salles de Paris.

JC : Ceci dit en parlant de manière plus sérieuse, ce ne sont pas évidement les derniers concerts du groupe mais ensuite on va lever le pied sur la région parisienne. Voilà pour tous ceux qui s’inquiètent.

 

97L : Cette tournée vous emmènera-t-elle vers de nouvelles destinations ?

Jacob : Là pour l’instant non mais il va y en avoir.

JC : Je sais qu’on va en Colombie et au Panama. Le reste…

JP : Il n’y a pas une île dans la Caraïbe dans laquelle on n’a pas joué ? Tortola il me semble on ira visiter…

J-C : Tu sais on nous a envoyé une liste longue comme ça des différentes dates. Nous du moment qu’on sait le jour où prendre l’avion…

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97L : Comment fait-on pour concilier vie privée et tournée ?

Jacob : Vie quoi ??? (rires)

JC : Jacob a raison. On n’a pas trop de vie privée. Il y a d’abord la vie Kassav et le reste.

JP : Moi personnellement ma femme m’a connu, j’étais déjà dans la musique. Mes enfants sont nés dedans. Il faut gérer.

Jacob : J’ai vu récemment un reportage sur Johnny. Il disait que 90 % de son temps est consacré à son public. Et vu les moyens de communication actuels, difficile que votre vie soit vraiment privée.

JC : Une vie privée publique quoi…

 

97L : Revenons au concert de mai. C’est une reprise de celui de 1986, n’est ce pas ?

Jacob : Oui on va prendre la liste de ce qu’on jouait à l’époque.

 

97L : La liste exacte ?

JC : Non ce n’est pas possible. Patrick n’est plus là. On va aménager le concert et on ne jouait pas 3 heures.

Jacob : Ça dépend si le public a la pêche. On n’est pas à la pièce…

JP : De l’âge des musiciens (rires)

JC : En 86 on faisait des concerts de 2 heures. Puis avec l’animation de Pipo Marthely ça peut prendre le feu en 5 mn mais de fois c’est plus long.

JP : Si la salle est pleine, je ferai des efforts… (rires)

97L : Y aura-t-il des invités surprises ?

JC : Non. On fait un concert de Kassav comme quand on a démarré, qu’on n’était pas connu et qu’il fallait qu’on se fasse notre trou. C’est un retour de 30 ans en arrière.

JP : On dit qu’une inconnue Jocelyne quelque chose pourrait y participer. A elle de faire ses preuves… (rires)

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97L : En 86 vous ne bénéficiiez de l’appui de personne. Comment expliquer votre succès ?

JC : On était déjà stars aux Antilles donc ça nous a favorisés. Il ne faut pas non plus penser qu’on est arrivé comme un cheveu sur la soupe.

Jacob : On était connu en Afrique aussi.

JP : Et puis c’est un produit guadeloupéen-martiniquais ce qui fait à l’arrivée beaucoup de gens avec les guyanais, réunionnais plus quelques français quand même. 6500 personnes ont répondu à notre invitation. Les médias nationaux n’en croyaient pas leurs yeux.

Jacob : 6500, 6500, beaucoup plus ! les normes de sécurité n’étaient pas les mêmes qu’avant la catastrophe du stade du Heysel. Je dirais 8000 et je pense être en dessous de la vérité.

 

97L : Comment avez-vous été perçus ensuite par le milieu artistique ?

Jacob : Là tu parles quand on a signé chez Sony. Nous avons fait beaucoup d’émissions, à la télé. C’était la mode du moment on a du faire toutes les émissions sauf celles traitant de politique. Ensuite ça a fait comme le Raï et autres, les gens sont passés à autre chose.

Actuellement on ne nous voit pas à la télé, à la radio, dans les journaux dans les médias nationaux mais on remplit des stades. On n’a pas les réponses à ce mystère.

JC : Peut être parce qu’on est noirs ?

Jacob : Mais il y en d’autres qui passent à la télé et qui sont noirs…

JP : Parce que nous ne sommes pas américains ?

Jacob : Il y en d’autres qui marchent. Pour moi c’est peut-être parce que nous chantons en créole. Mais on a arrêté de se triturer la tête à ce sujet. On fait plus de monde à Amsterdam qu’à Marseille, plus de monde à Lisbonne qu’à Strasbourg donc finalement ce n’est pas grave. Cela nous dépasse.

 

97L : Est-ce que ce n’est pas la marque d’un grand groupe de se passer des médias ?

Jacob : Oui mais les médias permettent aux gens de savoir que tu es là. A une époque on habitait aux Antilles. Maintenant dans les îles on croise des gens qui nous demandent si le groupe existe toujours. Comme ils n’ont pas de nos nouvelles, ils s’imaginent qu’on a disparu. Ils ne savent pas qu’on fait plus de monde aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

JP : Maintenant tout fonctionne par les réseaux sociaux. Et nous ce n’est pas notre fort. Notre domaine c’est la musique. On n’est pas très communiquant.

JC :  Et tous les petits jeunes fonctionnent par les vidéos. Nous on s’en foutait royalement. On sortait un clip parce qu’il fallait le faire. Ce n’est pas la même manière de gérer les choses.

 

97L : Que pensez-vous de la musique actuelle ?

Jacob : Alors il ne faut pas qu’on parle en tant que musiciens. Le commerce de la musique n’est plus le même. Nous quand on écoutait à 14, 15 ans des morceaux, on n’avait aucune idée de la tête du gars. Ce qui nous intéressait c’était ce qui était joué. Aujourd’hui il y a la tête, les fringues, la coiffure, l’attitude car on fait de la musique pour une cible. C’est du formatage.

Quand tu vas voir un film, tu t’intéresses au scénario, aux acteurs. Tu ignores qui a composé la musique. J’ai l’impression que la musique devient comme ça sauf dans des domaines pointus pour les mélomanes avertis.

 

97L : Je vous donne la guest-star de votre choix. Qui prenez vous ?

JC :  Pour moi, je l’ai toujours dit le seul, le plus grand c’est Stevie Wonder.

Jacob : C’est le seul qui est arrivé. Et blam direct ! On a refait la prise 2 ou 3 fois pour la forme mais on savait que la première était la bonne. On aurait dit un antillais qui jouait à la manière de Stevie. D’autres ont essayé, ils y sont encore.

JP : Moi, c’est Céline Dion. J’aime beaucoup ce qu’elle fait. Un duo ça serait chouette non ?

JC : Je l’ai accompagnée !!! C’était à l’Olympia en 1979. J’accompagnais Philippe Lavil avec Claude Vamur. Elle était en vedette américaine dans le spectacle de Sébastien. Je me disais : « Cette fille ira loin ». J’ai préparé une k7 pour elle et l’ai donnée à sa mère. Je n’ai jamais eu de nouvelles !!!

97L : Si je dis : « Zouk la sé »…

JP : Viens au Zénith les 27, 28 et 29 mai tu auras la réponse. (rires)

Jacob : C’est trois sonorités, un gars barbu à la voix bizarre qui te dit : « En nou ay » et laisse toi aller (rires)

JC : La fin du concert. On a essayé de déplacer ce morceau mythique, impensable pour les fans ! Et nous n’en sommes plus les maîtres. Notre public se l’est approprié.

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