Culture

Julien Clerc : « Je suis fier de mes ancêtres esclaves »

Invité par Laurent Ruquier dans On n’est pas couché ONPC suivi par 1,27 millions de télespectateurs, Julien Clerc a évoqué ses origines guadeloupéennes par sa mère Évelyne Merlot et sa fierté d’être un descendant d’esclave. Extraits

@captured’écran

 

« Je suis fier de mes origines. J’ai eu très très tôt cette fierté là… Il y a une dizaine d’années, j’étais chez Raphael Enthoven, il y avait dans sa bibliothèque un tout petit livre : le Code Noir.

C’est extraordinaire ce code noir. Je le lui ai piqué et il se ballade toujours avec moi dans mon sac et je le lis comme ça de temps en temps. Vous savez que ce n’est pas un code qui régissait la conduite des esclaves, c’est un code qui soi disant régulait celle des maîtres.

En allant au musée de la marine à Londres, il y a une salle où on trouve quelques célébrités de la marine anglaise :  des pirates, des corsaires… et un noir : Olaudah Equiano. Quand je suis sorti du musée, j’ai acheté ses mémoires… Il a eu une vie incroyable. Il a été pris en Guinée à 12 ans. Il a été vendu à un officier de marine, son premier maître qui l’a ramené à Londres. Présenté à des amis à lui qui l’ont trouvé très intelligent, ils lui ont appris les mathématiques, la poésie…

Il a connu deux ou trois autres maîtres dont le dernier, très dur qui lui faisait commander ces bateaux de commerce dans les Antilles anglaises et françaises.

Il dit que parmi toutes les ordures qu’il a connues, la pire était un planteur guadeloupéen qui disait fièrement en faisant visiter sa plantation : « Tous ceux qui travaillent là ce sont mes enfants ». Il avait engrossé toutes ses esclaves…

Quand j’ai vu ça je me suis dit : « C’est incroyable. Pourquoi étais-je fier comme cela quand j’étais petit ? ». Un camarade de classe, devenu historien se moquait de moi me disant : « Alors Leclerc, (son vrai nom n.d.l.r) est-ce tu vas manger ton riz ? » et quand je rentrais de chez ma mère quand mon grand-père était encore en vie, à Bourg la Reine, je n’ai jamais parlé de cette fierté guadeloupéenne, liée aux esclaves, ni à mon grand-père, ni à ma mère, ni à mes frères et sœurs. C’est très étrange… ».

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