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José Pierre Fanfan : Je suis inquiet pour le niveau du foot ultramarin

José-Karl Pierre-Fanfan, passé par le RC Lens, l’AS Monaco, le PSG et les Glasgow Rangers auteur du tirage au sort de la Coupe de France s’inquiéte du niveau du football aux Antilles.

97L : José, comment vois-tu ce 7eme tour pour les clubs ultramarins ?

Les mieux armés sont généralement les clubs réunionnais. Sur un match, tout peut se passer. Ensuite il faudra analyser les prestations de chacun. Aujourd’hui ils sont en capacité de montrer des choses. Après si je rentre dans le fond, je suis inquiet pour le niveau de notre football. Aujourd’hui ce sont des championnats oú tu te rends compte que les leaders sont vieillissants et frôlent la quarantaine. Cela veut dire que les jeunes ne prennent pas la relève. Ils partent.

97L : Peut-on les en empêcher, connaissant la situation sociale ?

Qu’ils aient l’ambition de partir c’est normal et je comprends ça. Ils mettent tous leurs espoirs dans le foot, leurs parents invextissent en eux. Ils esperent intégrer un club important et devenir pro. On sait que tous ne réussiront pas, le pourcentage est infime. Même pour les jeunes de l’hexagone, ce n’est pas facile. Si vous êtes du Nord et que vous êtes sollicité par un club du Sud, plus de 80 % des enfants échouent loin des leurs. Les nôtres partent beaucoup trop tot et un océan les oblige à affronter les difficultés seuls. Il faudrait donc trouver le moyen de les garder au pays, qu’ils progressent, qu’ils aient un maximum d’outils au moins en reculant leur départ.

97 L : Thomas Lemar a débuté en Guadeloupe et est champion du monde.

C’est l’exemple à suivre. il a eu le temps de grandir en Guadeloupe, d’acquérir de la maturité  avant d’aller au centre de formation de Caen vers 15 ans. Cela prouve bien que cela ne sert à rien de partir trop tôt. Il est important d’avoir de bonnes bases, de rester dans le cercle familial. Il ne suffit pas d’avoir des capacités techniques mais surtout des bases mentales inculquées par l’entourage.

97L : Un mot sur la sélection martiniquaise.

Il y a une dynamique. De jeunes footballeurs prometteurs précisent immédiatement leur origine martiniquaise. Cela veut dire qu’ils sont conscients qu’il y a une vie en dehors de l’équipe de France pour jouer des matchs internationaux. Il faut maintenant un vrai consensus entre les ligues et la Fédération Française de Football. Quand un joueur dit : « je pars jouer pour la Martinique », on a l’impression qu’il part en vacances avec les 8 heures de vol pour se payer du bon temps. Mais c’est le même problème pour les Brésiliens. Eux par contre sont considérés. Attention le Bresil c’est 5 coupes du monde. Il faut donc qu’on gagne en crédibilité, en professionnalisme, que chaque regroupement soit pris avec le plus grand sérieux. Il y a la Gold Cup, une competition majeure, c’est l’objectif ultime. Et quand on voit Jeremy Morel à 35 ans qui veut jouer pour Madagascar, quand on se souvient d’Angloma qui a porté la Guadeloupe, battue en 1/2 finale par le Mexique, on se dit qu’il y a de belles histoires à écrire.

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Joël DIN

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