Divers

ILS SONT PRETS A MOURIR POUR LES ANTILLES. ET SUR DES RYTHMES DE CARNAVAL !

C’est le syndrome de Karunina (contraction de Karukéra et Madinina). Digne des Kamikazes les plus téméraires du Japon impérial, ce consumérisme radical, pur esprit de sacrifice, est encouragé d’une même voix par certains représentants patronaux et syndicaux. Il se caractérise par une singulière lésion psycho-sociale qui pousse certains (jeunes, nationalistes, traditionalistes, dépressifs, fatalistes…) à se déclarer prêt(es) à consommer local pour soutenir voire sauver l’économie.

La production locale contaminée est parfois même délibérément sanctifiée.

Du fait de la pollution globale de notre biotope, nous observons désormais un ensemble de comportements déviants formant ce qu’il convient d’appeler le syndrome de Karunina, comme indiqué précédemment, et analogue à celui de Fukushima.

Sa traduction est un contexte de sous-information/désinformation de l’Etat et des scientifiques officiels. Les principales publications ne sont disponibles qu’en anglais, et les informations sont distillées de façon parcimonieuse. On comprend très bien que l’Etat est gêné aux entournures, et ne désire pas voir sa responsabilité engagée.

Des produits réputés bio, car cultivés sur des terres soi-disant saines,  mais hautement contaminées, sont vendus aux consommateurs crédules, avec la complicité des organisations professionnelles agricoles et des services de l’Etat.

C’est ce que nous apprend Philippe Verdol, maître de conférences à l’Université des Antilles, dans un brillant et terrifiant article paru dans La Lettre d’information de la Ligue des droits de l’homme du 08/03/2015.*

Il rappelle tout d’abord les faits. En mai 1968, à contre-courant du grand mouvement national de retrait des pesticides organochlorés de l’agriculture, les Antilles reçoivent l’autorisation de faire les premiers essais du chlordécone en plein champ. Ce pesticide s’est avéré cancérogène, perturbateur endocrinien, neurotoxique et spermatotoxique.

Il s’agit d’après le Professeur William DAB d’une situation inédite, unique au monde. La population guadeloupéenne est en effet contrainte sur le long terme de se nourrir de produits contaminés hors-norme.

90 % des guadeloupéens sont contaminés. Une population entière n’est que très rarement touchée sur une même période de référence par un même toxique.

Les conséquences sur la santé ont été immédiates. L’ explosion du cancer de la prostate, et sa relation au chlordécone ont pu être scientifiquement prouvées par exemple.

Mais les effets de ce produit sont dévastateurs à plus d’un titre. Prenons un seul exemple, les études réalisées sur les nourrissons guadeloupéens âgés de 7 mois : réduction de la préférence pour la nouveauté, réduction de la vitesse de traitement des informations, ( augmentation du temps nécessaire au traitement de informations, et diminution des facultés d’attention ), baisse de la mémoire visuelle à court terme, diminution de la motricité fine. Cela fait froid dans le dos.

Nous sommes une population en sursis. Mais qui veut réellement s’insurger ? Sommes-nous à brève échéance des zombies claudicant dans les rues de Pointe-à-Pitre, sur des rythmes de carnaval ?

C’est ce que laisse entendre l’universitaire. Selon lui, les Guadeloupéens ne jouissent que de droits très dégradés à la santé et à vivre dans un environnement sain.

Il accuse l’information officielle. Les reportages relatifs aux conséquences de la pollution au chlordécone sur la santé du lundi 3 mars 2014, et sur l’interdiction de consommer de nouvelles espèces de poissons et de crabes du mardi 4 mars 2014 sur la télé Guadeloupe première ont été diffusés les jours gras (le mardi 4 mars 2014 étant le mardi-gras).

Il accuse tout autant la psychologie festive de ses compatriotes. Aux Antilles, explique-t-il, le Carnaval est un phénomène social aussi puissant qu’au Brésil. La population est alors en train de se défouler et ne pense à rien d’autre.

Si les préparatifs et répétitions chorégraphiques commencent environ quatre mois à l’avance, le summum est atteint pendant les jours gras.

Autrement dit il ne peut y avoir une quelconque conscience collective pendant les jours de carnaval. 

Et nos politiques ? « Parce que nombre de nos élus les plus influents ont mauvaise conscience dans le dossier du chlordécone à cause de leur implication ou de leur silence passés, les faits ont montré qu’en la matière la population n’a rien à attendre d’eux ».

 

* Le chlordécone en Guadeloupe : une pollution/contamination globale de l’environnement et de la population. ( Nous vous renvoyons à l’article de P.Verdol pour les références des publications et articles scientifiques)

 

suicide
Previous post

Prévenir le suicide en Martinique

@videos.senat.fr
Next post

Felix Desplan : Serge Romana n'a aucune légitimité pour me considérer comme un traitre

Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *