Société

Ils n’ont pas d’eau : Qu’ils boivent du rhum !

LA REVOLTE DES TOURISTES : La Guadeloupe a-t-elle atteint le stade suprême de la civilisation ?

Tout est fait pour inciter à consommer. Centres commerciaux démesurés, paysages mutilés et sacrifiés au profit de hangars et de constructions hideuses, complexes de cinémas hors normes, chanté Nwel et loisirs permanents.

L’Etat n’a nul besoin d’utiliser la force. Les esclaves, manipulés, ont l’amour de la servitude. Les femmes doivent être jeunes, «pneumatiques» ( pour reprendre l’expression d’Aldous Huxley). Ce sont les spectacles de MISS dont nous sommes abreuvés en permanence.

Décembre était le dixième mois du calendrier romain, qui commençait l’année en mars ( d’où son nom : decem, dix). Mois où stagnaient les opérations agricoles et militaires. Ce mois s’enrichit à Rome de manifestations folkloriques nombreuses, d’échanges de cadeaux (devenus étrennes de nos jours), de festins nocturnes (devenus réveillons), de congés scolaires. On a le droit et le devoir de rompre avec le train-train quotidien de l’année, et avec l’ordre social traditionnel. Un personnage d’Horace (-64/-8 ) y encourage son esclave «  Allons, use de la liberté du mois de décembre, puisque nos ancêtres l’ont voulu ) Satire VII.

Et l’esclave a le droit de vider tout son sac de reproches et de revendications, voire de se faire servir à table par son maître ! *

Les femmes et hommes politiques iront servir les SDF et les déshérités dans les centres d’accueil, du Président de la République aux maires des communes d’Outre-mer. Les vrais bénévoles, eux, le font toute l’année, loin des caméras. Les réveillons seront ponctués de feux d’artifices et de détonations « sanglantes ». On parlera du dernier meurtre de l’année 2017 ou du premier meurtre de l’année 2018. Tout cela d’ailleurs revêt-il une certaine importance, tant que le champagne coule à flots ?

Pourtant il y a la baisse insoutenable du quotient intellectuel chez les enfants tétant du chlordécone dès le biberon, les tueries hebdomadaires, le niveau scolaire désastreux, les interruptions volontaires de grossesse par milliers, l’absence depuis trente ans de moyens de transports, le désastre écologique, la faillite guadeloupéenne en ce qui concerne la distribution de l’eau et la collecte des ordures ménagères, le calvaire de ceux qui ont la chance d’avoir un emploi pour arriver à destination en empruntant un réseau routier obsolète ( et repartir!), – nos responsables n’ont toujours pas compris qu’ils pourront percer tous les tunnels, faire exploser les flancs montagneux et les falaises, là n’est pas la solution, mais dans une approche totalement novatrice des déplacements, mais sont-ils en capacité de comprendre ? –

Cela, c’est pour les habitants de l’île. Et en ce qui concerne nos visiteurs ?

Quand on entend le Président du Conseil Régional de la Guadeloupe annoncer avec un sérieux imperturbable qu’il table sur un million de touristes, nous sommes en droit de rire, mais d’un RIRE PANIQUE, comme le symbolisait l’écrivain et artiste TOPOR.

Faites-les donc venir ces touristes, dans une île sans Centre Hospitalier,

Faites-les donc venir dans des hôtels sans eau,

Faites-les donc marcher dans les immondices,

Faites-les donc déambuler à la Marina de Pointe-à-Pitre pour qu’ils se fassent agresser, un couteau planté dans le ventre,

Faites leur donc louer une voiture de location pour qu’ils ne puissent pas faire plus de trente mètres sur le bitume depuis les zones «touristiques» du Gosier, ces mêmes zones touristiques consistant en d’affreux assemblages concentrationnaires.

 

Il ne faudrait pas rénover les hôtels du Gosier, il faudrait les détruire !

Assisterons-nous à la Révolte des touristes, ces derniers menant une opération escargot, jusqu’à Basse-Terre, sommant le Président CHALUS de les rembourser ?

D’ici à ce qu’un de nos élus s’exclame : S’ils n’ont pas d’eau, qu’ils boivent du rhum ! Tout en donnant l’exemple ?

* Dictionnaire Les mots de l’Histoire Jacques Boudet Editions Larousse

Previous post

La centaine de morts a St Martin, 3eme fausse information la plus partagée sur Facebook

Next post

Bonne fête de Noel

Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

2 Comments

  1. bizzby
    décembre 23, 2017 at 13:18 — Répondre

    Yes, d’autres ont déjà établi ce triste constat de la situation de ces îles où, vu de l’extérieur ressemblent aux Paradis… de l’intérieur (C on dot kout chenn) mais cette masse docile qui semblent perdus sans objectif et qui élisent des (poli… ) censé les représenter, à quand le réveillent des Antillais en se retroussant les manches à quant un leader désintéresser pour les guider ils citent tous Gandhi, Luther, Mandela…. mais n’en ont pas l’étoffe
    2018 toujours sous domination, toujours entrain de quémander une subsistance (Merci maman C.A.F)la jalousie régnante poussent les jeunes cerveau à fuir ce Paradis/Enfer sans espoir de retour tant la déception est grande les années risque de passer sans grand changement moi mon avenir je le vois ailleurs next year ce n’est pas faute d’avoir essayer de construire une vie au pays des regrets? comme tous le monde mais la vie continu nous seront jamais pris au sérieux tant que nous nous comporteront comme des gamins….

  2. décembre 23, 2017 at 22:43 — Répondre

    Je tenais à rappeler qu’il n’y a pas que les cerveaux et ou les jeunes qui n’ont pas d’autre choix de prendre le large, fuir, disons le clairement, « foutre le champ » du sceau à crabe 97-1 de manière à sauver ce qui peu l’être d’un projet de vie, Je sais de quoi je parle.
    D’ailleurs, sur place il n’y à pas que les bénéficiaires d’aide de la C.A.F qui quémandent ou et profitent allègrement du fait de se flottement qui anime la vie de l’archipel. Pli ou chiré, pli chyen chiré’w
    Entre patrons, syndicats et parents siwos ou pas sérieux, fonctionnaires ou employés en mode fouté pa mal tout l’année,
    ou encore ces investisseurs sans scrupules, ils a aussi des responsables. Sé o pli débrouya, ces égocentriques se crois tellement malin, alors qu’ils n’ont rien compris à l’importance du respect, du vivre ensemble et du bien commun.
    En attendant, bien que je ne sais pas en quel Dieu nos politiciens prêtent véritablement allégeance, je reste optimiste et convaincu qu’il existe de réels opportunités dans ce phénomène de départ des guadeloupéen(nes). C’est l’un de ces tabou qu’il faudra pensé à mettre sur la table de 2018, puisque des solutions se trouvent
    dans qui constitue un problème.
    Je m’explique, dans un endroit entouré d’eau, en dehors du chômage , l’exode « urbain » est un phénomène quasi osmotique,
    d’autant plus que jamais dans l’histoire il n’à été aussi facile de voyager hors du territoire, au niveau national et surtout international, mais aussi de savoir ce qui si passe à distance.
    Internet illustre ce qu’est aujourd’hui la mondialisation avec c’est vrai, ses inconvénients, mais aussi des atouts à saisir pour améliorer les choses localement.
    Par conséquent, j’y viens, la notion de quitter un endroit, n’a dorénavant plus le même sens que cela l’avais à l’époque de
    « l’Adieu foulard, l’Adieu Madras », puisque tous, avons au moins l’opportunité de resté connecté, perméable et acteurs citoyens de changements depuis l’ailleurs. Il me semble primordial de bien comprendre cela et d’en tirer intelligemment partie car la nature, elle, à toujours le vide en horreur. 😐

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *