Culture

Il ne suffit pas d’ajouter un KA à une musique pour que celle-ci devienne du GWOKA

On confond souvent KA et GWOKA.
Le KA est un instrument de musique de type membranophone, alors que le GWOKA est une musique avec ses rythmes, ses chants et ses danses, et surtout son SANTIMAN.
Il ne suffit pas d’ajouter un KA à une musique pour que celle-ci devienne du GWOKA. Nous avons entendu parler du JAZZ-KA, du POP-KA, de la SALSA-KA, de la BIGUINE-KA… Mais non du JAZZ- GWOKA, POP-GWOKA, SALSA-GWOKA…
 Il n’est pas impossible de faire un mélange de musique. Mais on ne peut mélanger que ce que l’on connaît. Si l’on veut faire du JAZZ-GWOKA, il faut connaître aussi bien le JAZZ que le GWOKA. Il y a des guadeloupéens  qui jouent très bien du JAZZ, parce qu’ils ont étudié cette musique et la connaissent. Il y en a d’autres qui jouent très bien la musique classique, parce qu’ils ont appris et étudié cette musique.
Par contre, je ne sais pourquoi, certains veulent jouer du GWOKA sans l’étudier, sans la pénétrer, sans s’en imprégner de son SANTIMAN.

Le GWOKA est une musique à part entière, avec ses rythmes, ses gammes, ses harmonies et ses expressions. Avec ses Maîtres, Vélo, Robert LOYSON, CHABEN, Sergius GEOFFROY, Krisyenn AIGLE, Timoléon CARNOT, Napoléon MAGLOIRE, Guy KONKET, BAGUI et bien d’autres…
Quand j’ai commencé mes recherches sur le gwoka en 1970, Robert LOYSON, CHABEN et GEOFFROY, jouaient sans tambour, sans KA, pourtant ils chantaient du GWOKA. Souvent VELO jouait seul, sans chanteur, pourtant il jouait du GWOKA.

 Il ne suffit pas de mettre un violon dans une musique pour en faire du classique. Il ne suffit pas de mettre un KA dans une musique pour en faire du GWOKA. L’instrument à lui seul ne suffit pas. J’ai entendu une fois à Fort-de-France des percussionnistes d’un très bon niveau qui jouait au KA. C’était très agréable à entendre, mais ce n’était pas du GWOKA. Ils jouaient un mélange de bèlè et de salsa.
Que ce soit dans les chants, les percussions et la danse, pour être dans le GWOKA il faut avoir ce que les anciens appelaient le « SANTIMAN». Pour avoir ce SANTIMAN, il faut le vivre, le laisser nous pénétrer. Sans ce SANTIMAN, il n’y a pas de GWOKA.

 Le JAZZ possède son groove, son feeling. Il en est de même pour la salsa, le compa, le zouk, la biguine, et toutes les autres musiques.
Il en est de même pour le GWOKA.
Krisyan DAHOMAY
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1 Comment

  1. Serge Romana
    décembre 26, 2018 at 16:22 — Répondre

    Il manque juste à cette analyse que je partage totalement un Nom : celui du père du Gwo Ka Moden, celui qui depuis 1968 le dit en le prouvant par un traité et une discographie probablement uniques en Guadeloupe : Monsieur Gérard Locquel ! C’est dommage car la civilisation, c’est l’accumulation des savoir des différentes générations. Sinon, c’est de l’eau qui est transporté dans un panier !

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