Culture

Hommage à Raymond Cipolin : « à l’époque, la télévision devait être la voix de la France »

Après le décès de Max Moinet, nous avons appris celui du journaliste guadeloupéen Raymond Cipolin dont le nom ėvoque l’époque de l’ORTF. Docteur en psychologie, Raymond Cipolin était Inspecteur Général Honoraire de RFO et avait travaillé au cabinet de Lucette Michaud-Chevry, secrétaire d’Etat chargée de la francophonie.

A FR3 Normandie, il devient le premier présentateur noir dans l’Hexagone. Directeur de Fr3 Polynesie, il est à l’origine de l’exposition médiatique de l’artiste hawaien Bobby Holcomb, nommé populairement Bobby. Invité régulierement pour chanter, il choisira une de ses peintures pour la mire de la télé locale.

Extraits de son intervention remontant au 12 novembre 2012 lors du colloque « Outre-mer, une mémoire audiovisuelle à partager » qui nous permet de comprendre les difficultés de son métier.

Je me présente, car il faut toujours savoir qui parle et d’où il parle. Je fais donc partie de ce qu'(on) a nommé les « vieux briscards », je suis même le plus vieux des briscards de cette salle. En effet, j’ai longtemps travaillé pour RFO, auparavant pour FR3 et même lorsqu’il y avait une seule chaîne en noir et blanc à la télévision française (et où nous étions deux des outre-mer, Max-Henri Boulois qui était aux sports, et moi, qui étais au service économique)…

… Je voudrais également parler de ma longue expérience de responsable directorial en Polynésie française : lorsque nous parlons d’archives audiovisuelles de ces régions, nous devons faire très attention à séquencer les éléments, depuis les années 1960, après 1981 et l’explosion littérale de l’audiovisuel aussi bien public que privé, mais aussi de la radio.

À partir de là, les « vieux briscards » comme moi sont peut-être à jeter aux enfers, à clouer au pilori en disant qu’ils ont été des « nègres maîtres » par exemple. Mais n’oublions pas qu’à l’époque, la télévision devait être « la voix de la France » comme l’avait dit le président Pompidou. Il nous fallait alors faire un autre métier, ou rester et alors réaliser des actes héroïques. Comment nous en sortions-nous ? Pour ma part, je cultivais ce qu’on appelle le mauvais caractère, de façon à ce qu’on me laisse tranquille. Pour ne pas être embêté, il fallait avoir un mauvais caractère sans pour autant être un héros. Ou bien, il fallait être machiavélique et savoir ruser…

A lire dans son intégralité : https://www.senat.fr/rap/r12-121/r12-12122.html

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