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Hommage à Jean-Pierre Passe-Coutrin

Jean-Pierre Passe Coutrin, l’une des figures antillaises les plus connues dans l’Hexagone, nous a quittés dans la nuit du 18 au 19 mars. Ce colosse a été terrassé par un cancer foudroyant diagnostiqué en décembre 2015. Les réactions de Serge Romana, George Paul Langevin, Christiane Taubira, Josette Borel-Lincertin et Greg Germain

Maladi gaté vayan !

Jean-Pierre Passe-Coutrin, que l’on appelait affectueusement Janpyè, JPP ou« Ji-Pi », était né au Moule il y a 57 ans, y avait grandi et avait migré en France hexagonale avec le BUMIDOM… comme tant d’Antillais. Électricien, cuisinier, dirigeant d’associations, militant politique, élu… Jean-Pierre illustre à merveille ces trajectoires de ces émigrés antillais des années 80 qui luttèrent pour s’adapter à leur nouvelle vie. Certains d’entre eux, dont Jean-Pierre, devinrent les présidents des centaines d’associations qui préservèrent la culture populaire des Antillais et conduisirent le combat pour leur insertion au sein de la République. JPP avait cette intelligence aiguë, fulgurante, pragmatique et redoutable, cette capacité inouïe d’adaptation inégalée aux difficultés issues de toute notre histoire : vwè mizè, pa mò ! Cela se traduisait, chez lui, par une maitrise de l’esprit de débrouillardise : débouya pa péché et un sens de l’entraide inépuisable : on lanmen ka lavé lòt ! C’est avec ces armes qu’il fut le dirigeant brillant du CROMVO (Centre de Réflexion des Originaires d’Outre-mer du Val d’Oise) que nous connaissons toutes et tous pour ses manifestations culturelles et sportives dont la renommée dépasse les frontières de l’Île-de-France. C’est avec ses qualités qu’il devint, JPP, un « Michel Maurin a boug», toujours prêt à aider les uns et les autres, certainement l’un des Antillais les plus aimés de la région parisienne. Remarqué par le maire de la ville de Sarcelles, c’est tout naturellement que JPP devint conseiller municipal. Avec ses capacités, il dirigea la maison de l’Outre-mer et la politique sportive de la ville.

Des quartiers du Moule à la maison de l’Outre-mer de Sarcelles… Quel chemin remarquable !

Enfant de la Guadeloupe, des Antilles, il fut l’un des tout premiers dirigeants associatifs à comprendre la lame de fond que fut la Marche du 23 mai 1998, celle qui allait entrainer le monde antillais dans une autre dimension, celle de ses origines pour mieux dessiner son avenir. En 1999, il se rapprocha du Comité Marche du 23 mai 1998 qu’il intégra en 2000. Il contribua de façon importante à l’érection de la Gardienne de vie au stade Nelson Mandela et à la construction du monument en mémoire des esclaves en plein centre de la ville de Sarcelles. En janvier 2016, il fut élu à la quasi-unanimité membre du conseil d’administration du CM98.

Jean-Pierre, mon ami, mon frère, mon camarade, ce fut un honneur de te connaître, toi qui naquit au pays de Robert Loyson et de Rosan Girard, toi qui grandit sur les terres de mes aïeux. C’est une peine immense qui m’étreint quand j’imagine que nous ne reverrons plus ta grande silhouette stylée. C’est une douleur insupportable qui m’envahit lorsque je réalise que je ne pourrai plus t’appeler pour avoir tes conseils, toujours pleins de bon sens et de pragmatisme.

Jean-Pierre, tu es un géant de notre communauté !

Tu es, mon camarade, l’honneur de cette communauté et elle devrait te décerner la médaille du Lanmèkannfènèg, celle qui est la plus lumineuse de notre ciel. Nul doute que tu as été bien accueilli par nos aïeux dans le monde où tu es désormais. Comme de très nombreuses personnes, tes camarades du CM98 sont choqués de ton départ et pleurent à chaudes larmes. Mais, sache qu’ils n’abandonneront jamais ton combat, notre combat, celui pour lequel nous avons fait le serment de le mener jusqu’au bout : pawòl an nou ni chaj ! C’est une promesse que je t’ai faite : Nou la, nou ké toujou la !

À toi, Lydia, sa compagne, à Stéphanie et Périne, ses enfants, à Chantale, leur mère, je vous présente au nom du conseil d’administration et des membres du CM98, nos condoléances les plus attristées.

« À Dieu », Jean-Pierre… nous veillerons sur ta mémoire.

Repose en paix, mon ami.

Pr Serge Romana, Président du CM98

George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer

J’ai appris cela (son décès) et cela m’a fait beaucoup de peine… Je lui avais rendu visite à l’hôpital mais on pensait que l’opération était bénigne.  C’était un militant que je connaissais depuis très longtemps, qui s’investissait dans sa tache, toujours présent dans les manifestations associatives, de bonne humeur, sportif. J’espère qu’on lui rendra un hommage mérité.

Christiane Taubira, ancienne Ministre de la Justice

Jean-Pierre Passé-Coutrin a passé la barre, après une lutte courageuse et digne. Condoléances à sa famille et à Sarcelles.

Josette Borel-Lincertin, Présidente Conseil Départemental Guadeloupe

Très peinée par la disparition de Jean-Pierre Passé-Coutrin, grand défenseur et militant des Outremer à Sarcelles et en Île de France.

Greg Germain, Comédien

Jean Pierre Passe-Coutrin était un président d’association, intègre, intéressant, dynamique qui a fait beaucoup de choses depuis longtemps pour nous autres, du plus petit au plus niveau. A chaque fois que je jouais une pièce à Paris il était présent et était venu aussi à Avignon plusieurs fois. C’est une grande perte pour notre communauté.

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3 Comments

  1. Lucien Jolet
    mars 26, 2016 at 16:02 — Répondre

    HOMMAGE à Jean-Pierre PASSE-COUTRIN

    Né à Le Moule, Guadeloupe, 1959 – Décédé à Paris, 2016 – 57 ans

    Par Lucien JOLET

    Hier, un Homme est tombé dans le combat inégal avec le mystère de la vie.

    Il s’appelait Jean-Pierre PASSE-COUTRIN.

    Bien qu’il n’y avait plus d’espoir, c’est avec beaucoup d’émotion, de tristesse et de colère aussi que j’ai appris sa disparition. Dans son dernier SMS, il me remerciait de mon contact et me préparait à l’inévitable avec une humilité poignante, il ne prétendait à rien, une réponse courageuse qui lui ressemblait, je m’en suis même voulu. Et puis tout a été si vite. La mort ne lui a pas laissé le temps de passer l’autre stade, celui de la retraite professionnelle qui permet de performer les actions d’une jeunesse et d’un « adultérat » militants. En ce sens, nous perdons un valeureux équipier et notre monde, une cheville ouvrière précieuse.

    Le C.R.O.M.V.O., une idée qui a pris naissance il y a une trentaine d’années dans le bureau d’un entrepreneur guadeloupéen de Sarcelles, Eric Moradel, Reproducteur de musique, selon la formule normative, sous la marque célèbre : Moradisc. Nous n’avons manqué aucune manifestation, et elles furent nombreuses, c’était l’époque de la floraison des associations antillaises dans toute l’Île de France qui prenait le pas sur le concept A.M.I.T.A.G. C’était aussi la résultante d’une poussée culturelle formidable sur le continent, l’Outre-mer « faisait sa place » dans le paysage associatif. Politiquement, la France amorçait l’alternance politique et les libertés : radio-libres, Zénith, diversité culturelle, un vent de modernité. Cette époque qui peut correspondre à l’âge d’or, nous l’avons vécu avec ferveur, l’avons partagé dans tous les départements, elle ne pouvait se conclure qu’avec la satisfaction des attentes. La première était bien notre « Nous-mêmes » dans l’histoire, sa représentativité et le devenir de la postérité. Plus tard on parlera de communauté visible.

    Le combat ne faisait que commencer encore fallait-il vaincre l’appréhension qui tétanise la volonté du plus grand nombre. La recette classique de la convivialité avait ses limites, l’innovation réclamait l’attention, la réflexion, les projections. Pari tenu.

    Jean-Pierre était un être déterminé, une fois les choses amorcées, plus question de reculer. Il avait trouvé comment marquer la cadence, tout comme le tambouyé, pour une inscription durable des pages de notre histoire d’Ici. Il était confiant, très confiant et lorsque l’on émettait un doute, il rétorquait avec son accent si particulier « atann, lésé yo ! », en clair, il avait la réponse. Il était mû par cette exigence de porter toujours plus loin, toujours plus haut notre fierté, notre orgueil cet héritage qu’a si bien vanté Ernest Deproge en ces termes, en 1881 : « (…) C’est un bel éloge que ce reproche fait à des opprimés. Eh bien ! Qu’ils se souviennent qu’en cela au moins nous tenons de nos pères, et que si nous sommes assez exigeants pour vouloir ce qui est à nous, nous sommes trop orgueilleux pour rien envier aux autres, trop fiers pour prendre leur place sans la mériter (…) » (Discours du Lamentin, Martinique). Cette tonalité, trente trois ans après l’abolition de l’esclavage (1848), est toujours d’actualité.

    Enfant de la décennie d’après-guerre (1950-60), né citoyen de plein droit (après 1946) et venu de plein gré sur la terre jadis interdite aux Aïeux (qui étaient parqués dans les hangars portuaires des villes négrières avant le renvoi aux colonies), il était comme pour beaucoup l’espoir des parents qui voyaient s’éloigner cette singulière condition des laissés pour compte, « ces français à part entière et traités entièrement à part. » Nous avons tous éprouvé ce choc de l’incompréhension pour en avoir suffisamment débattu.

    Ce combat, celui de la reconnaissance de l’histoire occultée, nous le portions, il le portait au cœur avec une farouche détermination. Il fallait vaincre et pour vaincre il fallait réunir. Ce combat sur Sarcelles et par ricochet en dehors, il l’a gagné de haute lutte en se servant de la représentation de notre « Nous-mêmes » à travers les symboles et les références. Pour cela, il fallait aussi marier la notion festive et les données de l’esprit. Des compatriotes ont rechigné, certains ont déserté : « lésé yo ! », disait-il. La représentation stellaire, l’animation culturelle et sportive, la participation à l’action municipale ont fait de lui un exemple de notre univers ultramarin. On n’était pas toujours d’accord, il y avait des choix et parmi eux des incontournables, ceux que certains traitaient de démission et d’autres de réalisme mais l’homme, la vigie restait Debout face aux vents divers.

    1998 – En gestation depuis des mois, enfin, la France d’Outre-mer, celle de l’Autre Histoire, pacifiquement, prenait possession de la rue. Le 23 Mai, une date consensuelle et logique, une foule de 40 000 personnes, superbement ignorée par les médias et peut-être sur ordre, quitte la place de la République pour se rendre à la Nation, tout un symbole. Les précédents avaient été le fait des manifestations syndicales unitaires pour les revendications salariales. C’était sans oublier : Selma, la marche sur Washington avec Martin Luther King et l’Amérique antiraciste. Il n’était pas peu fier le Jean-Pierre arborant son comportement de guerrier tout en rectifiant la tenue devant l’œil des photographes.

    Et Sarcelles, la ville-monde par la diversité de sa population et le dynamisme de sa vie associative avec sa touche tropicale, devint le lieu incontournable du nord francilien. Qui ne s’est jamais pressé pour participer aux grandes manifestations de l’Outre-mer ?

    Le tableau serait incomplet sans l’intervention de la politique. Et voilà notre Jean-Pierre, élu avec une délégation au conseil municipal de Sarcelles, donc dans l’arène, le lieu où l’on croise le fer avec ses propres amis politiques et avec l’adversaire, l’espace où il faut adapter, sans perdre, la demande associative à la contrainte municipale, agir sans cesse pour exister in situ. Et de vaincre toutes les oppositions tant celles que nous nous attribuons que celles plus sournoises des empêcheurs de tourner en rond. Le colosse connaissait son affaire. Il triomphait souvent ou encore trouvait une échappatoire, difficile à faire avaler à ses coreligionnaires trop stricts, mais recherchant la solution en échange : « sé an lanmin ki ka lavé lot » plaidait-il en souriant.

    Disposé, disponible il était de toutes les échéances politiques avec les fortunes diverses. Militant de la représentation en politique des Ultramarins, il s’est toujours lancé dans leur campagne tant spécifique que nationale. L’homme déployait cette activité avec une franchise et une volonté qui forçaient l’admiration. Et en politique c’est connu, l’on ne se fait pas que des amis : « lésé yo, licien, lésé yo ! » répondait-il.

    Comme le Colosse de Rhodes qui ne résista pas au séisme destructeur, sa stature restera dans notre souvenir comme un homme d’envergure qui avançait sans relâche pour assurer la pérennité de l’unité des humains et par là même nous inciter à relever les défis, tous les défis car au péyi (pays) nos parents avaient fait l’essentiel en acceptant l’héritage de Celles et Ceux qui n’avaient pas eu droit à la dénomination d’Être humain libre selon le Code noir (1685) de sinistre réputation. Et la nouvelle génération doit comprendre, c’était son vœu, qu’il importe de prendre le flambeau afin de ne point perdre les Libertés si chèrement acquises car « celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à le revivre ». (Santyana).

    La vie associative mais aussi la vie politique sont toujours en confrontation avec la vie de famille. Or la famille est la base-vie de notre société. Ses membres ne comprennent pas l’engouement, cette passion, même minime, pour l’investissement dans une « bulle » qui les laisserait de côté alors même que la philosophie veut que se battre pour le plus grand nombre et la sauvegarde des acquis sociétaux est la meilleure protection de l’individu à quelque soit le niveau de parenté. C’est toujours-là que le bas blesse.

    Jean-Pierre nous a quitté pour cette destination d’où nul n’est revenu. Je formule ce vœu que ses attentes, ce qu’il gardait au fond de son coeur se réalisent dans ce voyage. Qu’il traverse un univers de félicité, de volupté, de paix profonde et irradiante. Que cette « ascension » contribue à lui apporter le repos éternel.

    Jean-Pierre, Nous veillerons à continuer cette « mission » que tu as menée, infatigablement, pour faire triompher une cause juste, notre cause, celle de notre « Nous-mêmes ».

    A l’épouse, la compagne, aux enfants, à la famille je présente mes Sincères condoléances.

    Repose en paix, mon Frère !

    NOTES

    C.R.O.M.V.O. : Centre de Réflexion des Originaires d’Outre-Mer du Val d’Oise.

    Moradisc : Sarl création 19 11 1980. Objet Reproduction d’enregistrement.

    A.M.I.T.A.G. : Amicale des Travailleurs Antillais et Guyanais de Métropole.

    Louis-Joseph Ernest Deproge : (Fort-de-France, Martinique 15 08 1850 – Sanvic, Seine-Maritime 15 12 1921), avocat et député de la Martinique (1882 – 1898), chef de file de l’assimilation coloniale. Tenu en échec, il quitta définitivement l’île pour la Métropole.

    Discours du Lamentin, (Martinique) 1881 : cité par Camille Darsières in Joseph Lagrosillère, Socialiste colonial, Les Années pures (1872-1919), T1, Fort-de-France, éditions Désormeaux, 1995, page 39. Cf Annexe.

    Abolition esclavage, 1848 : Guadeloupe par arrêté du gouverneur Layrle du 27 avril 1848. Guyane par décret apporté par Gatine, le 10 juin 1848. Réunion par décret imposé par Sarda Sarriga, le 20 décembre 1848. Quatre communes du Sénégal : Gorée, Ruffisque, Dakar et Saint-Louis du Sénégal et Algérie 1848 – avec situation particulière du fait des Maures propriétaires d’esclaves et des relations commerciales. Mayotte le 27 avril 1846 par le baron de Mackau, (il faut tenir compte des intérêts français qui souhaitaient détacher cette place géostratégique de l’archipel des Comores, cette abolition fut décrétée « à titre de laboratoire ? »).

    Colosse de Rhodes : Statue en bronze et en fer de 32 mètres placée à l’entrée du port de Rhodes, œuvre de Charès de Lindos représentant le dieu grec Hélios (le Soleil) érigée vers 292 av. J.-C. en remerciement pour la résistance victorieuse au long siège, en 304 av. J.-C. de Démétrios Ier Poliorcète « preneur de villes » (v. 336 – 283 av. J.-C.), roi de Macédoine (294 – 288 av. J.-C.) qui fut contraint de négocier avec les Rhodiens. Le Colosse s’écroula (la statue avait subi une torsion sur les genoux) lors du tremblement de terre de 225 av. J.-C., dieu tutélaire de Rhodes, les habitants respectèrent la volonté de l’oracle qui en interdisait son redressement ainsi les ruines restèrent visibles jusqu’en 654. Elles ne survivront pas à l’expédition arabe, conduite par Muawiya 1er, lieutenant du calife Othmân Ibn Affân, de cette même année. Selon la Chronique de Michel le Syrien, les 20 tonnes subsistants – 13 tonnes de bronze et 7 tonnes de fer – furent démontées, emportées puis vendues à un marchand juif d’Emèse.

    Le Colosse de Rhodes fait toujours débat aujourd’hui. Sa technique de construction lui a valu d’être classé dans la liste des 7 merveilles du monde.

    Sources :

    Darsières Camille : Joseph Lagrosillère, Socialiste colonial, Les Années pures (1872-1919), T1, Fort-de-France, éd. Désormeaux, 1995, p. 39.

    Howatson M. C. : sous la direction de, Dictionnaire de l’Antiquité, Mythologie, Littérature, Civilisation, Université d’Oxford, (1989), éd. française Paris, Robert Laffont, Bouquins, 1993.

    Sites visités :

    – fr.wikipedia.org – 97land.com – http://www.caraibcreolnews.comhttp://www.fxgpariscaraibe.comhttp://www.jeuneafrique.comhttp://www.lemoule.frhttp://www.sarcelles.frhttp://www.senegal-online.comhttp://www.webtropical.com – …

    ANNEXE

    Ernest DEPROGE

    Discours du Lamentin, Martinique – septembre 1881. (Extrait)

    in Joseph Lagrosillère, Socialiste colonial, Les Années pures (1872-1919), T1, Fort-de-France, éditions Désormeaux, 1995, page 39 sous le titre : L’Enfant d’une époque.

    « (…) Le premier besoin d’une société longtemps méprisée est de se relever aux yeux de ceux-là-même qui l’avaient injustement méconnue. Ce besoin nous l’éprouvons tous. Nous savons que l’estime s’impose et nous avons la prétention d’arracher l’estime de nos anciens détracteurs. C’est notre façon à nous de nous venger. C’est la seule revanche que nous voulons prendre du passé. Qu’ils se rassurent donc, et puisqu’aujourd’hui il est de mode de rééditer contre nous toutes les vieilles injures des temps anciens, qu’ils se souviennent que tous ceux des leurs qui ont parlé de nous, nous font exactement les mêmes reproches qu’eux, mais qu’à tous les vices qu’on nous trouvait, ils en ajoutaient un dernier qu’on oublie aujourd’hui : on nous reprochait avant toutes choses notre orgueil. C’est un bel éloge que ce reproche fait à des opprimés. Eh bien ! Qu’ils se souviennent qu’en cela au moins nous tenons de nos pères, et que si nous sommes assez exigeants pour vouloir ce qui est à nous, nous sommes trop orgueilleux pour rien envier aux autres, trop fiers pour prendre leur place sans la mériter (…) »

  2. Pierre Pastel
    mars 26, 2016 at 16:11 — Répondre

    Woulo ba Janpiè Passé-Coutrin

    VAN ANNI MENNEN’W ALE

    Van lévé,
    Van mennen’w jis isya, an péi frèt la
    Van mété’w doubout
    Van ba’w fos’ pou démantibilé linyorans an mannyè’w
    Van tjenbé’w pou rimen yonn dé konsyans san fè dézod
    Van di’w i ni tibwen travay a fè an ti kominoté ta la. Et ou di :
    Van, man la épi’w
    Van di’w nou ka kwazé lanmen épi zépol
    Van di’w toujou, Janpiè, sa pa fini
    Van di’w poutji pa, poutji pa soté an larel politik la
    Van pa té sav ki chaben té vayan
    Van tan’ ou di : sa pa ka fè mwen pè
    Van té byen kontan touvé an kok komba
    Epi, Epi, Epi
    Van di’w : I ni travay pou’w lot koté a
    Van anni mennen’w alé
    Van oblié ki nou té bizwen’w isya pannan lontan anko
    Van sav ki’w ké sa bwennen réfleksyon nou, pou nou goumen, goumen an manniè sewyé.
    Janpiè, ou sav ki nou té enmen nou.

    Pierre Pastel

  3. Martha V.
    mars 26, 2016 at 16:17 — Répondre

    Dormez en paix Jean Pierre Passe-Coutrin

    Quelques mots pour rendre hommage à un monsieur que j’ai toujours croisé dans toutes les manifestations antillaises et qui pour moi symbolisait Sarcelles. Je comprends l’émoi de ses connaissances et amis devant ce décès brutal.
    Courage à ses proches. RIP

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