Société

« Heureux comme un Noir en France » selon Bigot

Omnubilés par Eric Zemmour, nous avons tendance à oublier d’autres chroniqueurs plus lisses. Guillaume Bigot, Directeur de l’IPAG Business School, politologue et essayiste sur CNews est l’auteur d’un surprenant édito « Heureux comme un Noir en France » le 9 juin dans Le Causeur. 

Le titre aurait pu être provocateur. Guillaume Bigot se montre pourtant affirmatif  : « L’histoire comparée de la France et des États-Unis prouve que les Français n’ont pas à se complaire dans la repentance raciale ».

Les Francais et pas la France. On voit le parti pris dès les premières lignes : les (vrais) Francais sont blancs. Ne pas se laissant pas  » intimider par le révisionnisme vindicatif et caricatural des black-American studies », sa vision de l’histoire laisse aussi rêveur.

« La Convention abolit l’esclavage en 1792. La traite ne sera rétablie que par l’Empire et la monarchie ». 46 ans, allons donc ! Un détail de l’histoire ! Si il admet que Bonaparte rétablit « l’esclavage…, nullement raciste, l’Aigle cherchera à enrôler le général Toussaint L’Ouverture ». Deux grands amis en somme, selon Bigot qui déboulonne allègrement le Fort de Joux.

Puis il cite Cesaire premier normalien noir deux décennies avant les étudiants de Little Rock, à croire que le martiniquais s’est montré un fervent défenseur de la patrie. René Maran décroche le Goncourt en 1921 alors que « les noirs sont pendus hauts et courts aux arbres » aux USA. A-t-il lu Batouala, dénonciation du colonialisme ?

« Des écrivains noirs américains, comme James Baldwin rendent hommage à la patrie d’Alexandre Dumas » oubliant que le même Baldwin indiquait que « la racine du fameux problème noir vient d’Europe ».

Un couplet inévitable sur Joséphine Baker, son « pays et Paris ». Osera-t-on lui faire remarquer que les « deux amours » datent de 1931 et que la fille de St Louis nous a quittés y a 45 ans ?

« Notre pays n’est pas l’Amérique. La France nomme gouverneur de l’Afrique équatoriale française, Félix Eboué, fils d’une femme de ménage guyanaise ». Il est vrai que ce n’est pas aux USA qu’un noir deviendra Président.

Bigot avoue cependant s’être laissé prendre par « la machine à rêves d’Hollywood » et la présentation des « noirs et blancs, défendant ensemble la bannière étoilée » qu’il avait « fini par oublier la réalité » américaine. On lui rétorquera que sa vision de la societé française n’est aussi qu’illusion et que le petit écran brouille sa perception du quotidien. A titre d’exemple ce charmant message adressé à Priscillia Ludosky.

« Leben, wie Gott in Frankreich » (vivre comme Dieu en France) célèbrent les Allemands. Malheureusement, Guillaume Bigot, cette douceur de vivre n’a jamais concerné les noirs.

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