Société

Haiti : Lettre du Président du Sénat au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Notre cher pays de trouve confronté à une situation de dégénérescence généralisé. Les problèmes de notre Nation sont effectivement de plus en plus nombreux. La transition politique enclenchée depuis 1986 n’a incontestablement pas pu déboucher sur la voie du développement tant attendu.

Depuis la chute de la dictature rétrograde des Duvalier, le processus d’effondrement d’Haïti s’est accéléré et ce, sous les effet conjugués de paramètres non maitrisés : explosion démographique, exode rurale, faiblesse de la politique nationale d’éducation, main d’œuvre sous-qualifiée, rareté des investissements direct étrangers, baisse drastique de la production nationale, situation de monopole, concentration des richesses, fortes inégalités sociales, corruption généralisée et instabilité politique.

Tout aussi nombreux et désespérants ont été, durant les dix dernières années, les signes de cet effondrement : les émeutes de la faim de 2008, les pertes innombrables causées par le tremblement de terre de 2010 et par l’ouragan Matthew en 2016, les émeutes du carburant et de la vie chère de 2018.

Chacun de ces événements a eu des conséquences politiques négatives : diabolisation des dirigeants, notamment des parlementaires, radicalisation des positions politiques, faible participation électorale, conflits électoraux, manifestations violentes.

La situation globale continue de s’aggraver depuis le début de l’année 2019. Pour mieux dire, elle arrive à un point de pourrissement presque irréversible. Pour preuve, la crise politique s’est aggravées, les capitaux fuient le pays, notre monnaie nationale n’a pratiquement plus de valeur, le chômage est à son paroxysme, la faim tenaille une grande proportion de la population, l’Etat n’arrive que difficilement à payer les fonctionnaire de l’Administration publique, et, qui pis est, les bandes criminelles organisées opèrent quotidiennement à visière levée dans tous les recoin du pays. Les gangs armés définissent leur territoire. Ils sèment le deuil et la désolation dans les familles. La population ne peut plus vaquer en toute quiétude à ses activités. La République est prise en otage. Les efforts de la Police Nationale n’ont pas pu jusqu’ici contribuer au rétablissement de la Paix.

Il est évident que vous ne pouvez pas, vous seul changer cette négative donne séculaire. Pour restructurer et mettre le pays sur la voie rapide du développement, il faut le concours de tous les citoyens et de toutes les citoyennes. Mais il revient à vous de les mettre en confiance, de les consulter et de les fédérer autour des programmes et projets de transformation socio-économique.

Parallèlement à ces actions structurantes dont les effets sont attendus à moyen terme, Monsieur le Président, vous devez adresser promptement les problèmes socioéconomiques, de l’instabilité politique et de l’insécurité car il constituent de grands obstacles à la réussite des activités de développement.

Dans cette perspective, en ma qualité de Président du Sénat, je suggère au Président de la République l’organisation au plus vite d’une rencontre entre les trois Pouvoirs de l’État, en vue de débattre des solutions urgentes à adopter pour faire face à cette situation intenable et redonner espoir à la population. J’espère que ma patriotique et responsable requête sera entendue et opérationnalisée.

Je saisie l’occasion pour vous renouveler Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Carl Murat Cantave

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