Société

Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion : La crise sociale actuelle cache une véritable crise Politique

Le malaise social prend résolument le chemin de la grève générale en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à la Réunion à partir de ce lundi 9 Mai 2016. Un article paru dans SXM Infos l’information libre de Saint Martin et d’ailleurs le 7 mai (source : sxminfos.fr).

Ce vendredi 6 Mai les acteurs du BTP des 4 DOM étaient réunis au WTC de Jarry dans la perspective d’acter les mesures destinées à mettre la pression sur l’État et les élus locaux.

A trois jours seulement d’intervalle de la mobilisation générale lancée par les organisations syndicales pour le jeudi 12 Mai prochain, cette proximité de calendrier traduit une volonté tacticienne de fusionner les acteurs dans un vaste mouvement de contestation générale.

En outre, les différents coups de force de ces dernières semaines accréditent la thèse d’un mouvement de grande ampleur. Il n’y a pas de hasard, toutes les pièces du puzzle sont en train de se mettre en place en se précisant et se dévoilant progressivement.

Au-delà de la manifestation du malaise social qui nous pend au nez, si on se donne la peine de pousser l’analyse du contexte général, on s’aperçoit que cette crise sociale est la conséquence directe d’une crise politique majeure, pernicieuse, durable et perverse de nos élus locaux.

Yves Colombet, le président de la chambre régionale des comptes des Antilles-Guyane a déclaré : « On achète (les élus) sans savoir quand et comment on va payer. Cette façon périlleuse de conduire les affaires d’une collectivité débouche souvent sur des non paiements de factures, des retards considérables dans leur exécution avec des conséquences néfastes pour les débiteurs”.

Mais qui sont en fait ces débiteurs ?

Ce sont les collectivités locales (mairies, conseil régional, conseil départemental, communautés d’agglomérations) et l’État. Les sommes dues par les collectivités locales de Guadeloupe au secteur du BTP se chiffre à plus de 45 Millions d’euros en 2015.

Yves Colombet dénonce et épingle la très mauvaise gestion des Mairies de la Guadeloupe, en effet selon le président de la Chambre Régionale des Comptes 75 % des communes sont en grande difficulté. Toujours selon le magistrat, seules 3 ou 4 communes en Guadeloupe sont correctement gérées.

Si l’État a sa part de responsabilité dans le retard d’agrément pour la construction des logements sociaux, qui pénalise le secteur du BTP, une grande partie du malaise repose bien sur nos collectivités locales.

Pour confirmer la mauvaise gestion qui est faite par une grande majorité de maire, les chiffres suivants enfoncent le clou ” les dettes sociales des collectivités territoriales au 1er Avril 2009 s’élevaient à près de 10 millions d’euros en principal et à près de 31 millions d’euros en incluant les majorations et pénalités de retard”.

Ces données prouvent que le malaise social n’est pas seulement le fait de l’État mais il relève bien de la mauvaise gestion des finances communales en Guadeloupe, une situation explosive pour les entreprises du BTP.

Jean-Yves RAMASSAMY, le président du collectif des entrepreneurs à déclaré « C’est une pression pour faire comprendre aux élus Guadeloupéens, premiers responsables de notre situation ».

Colette KOURY, présidente de la CCI a déclaré ceci : « Je m’attendais à voir ici nos parlementaires ! Il est de leur responsabilité de faire ouvrir les portes qui bloquent à Bercy, à Matignon et à l’Elysée. Il faut une mobilisation politique pour en faire comprendre la teneur”.

En résumé, cette énième crise sociale est la conséquence de la seule vraie crise qui est politique, c’est la très mauvaise gestion financière de nos élus locaux en Guadeloupe et dans les DOM.

Michel GIRDARY

Previous post

France Ô doit-elle devenir une chaîne 100% ultramarine ?

Next post

ESCLAVAGE : dialogue inédit entre descendants d’armateurs et militants

97land

97land

Des infos, des potins, des événements... Toute l'actu du 97.

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *