Société

Guadeloupe : Couacs, couacs, couacs !

La Guadeloupe traverse une zone de turbulence qui, si elle n’est pas encore irréversible, apparait quand même inquiétante. Et l’image du President de Region refoulé de sa manifestation vient ponctuer une série de couacs à répétition, discréditant les hommes censés être de pouvoir.

Afin d’échapper à la menace de révocation intentée par le préfet qui planait sur sa tête, le maire de Pointe-à-Pitre Jacques Bangou, a préféré démissionner. Bien sûr le chef d’édilité n’était pas sans reproche et pour devancer la sanction réclamée à son encontre, a préféré jeter l’éponge en démissionnant, mais a vite rebondi en annonçant sa candidature pour les élections municipales de mars 2020.

@Simon Vainqueur

Simon Vainqueur, président de la chambre de métiers et de l’artisanat lui n’aura pas eu le temps de démissionner, le préfet ayant mis fin à ses fonctions le 19 octobre.

 

Si le traitement de ces dossiers semble légal, et que l’on ne peut accuser le préfet de vouloir nuire à ces deux personnalités, il n’en est pas moins vrai que de telles conclusions sont si rares qu’elles peuvent être comptées sur les doigts d’une main pour ces trente dernières années (France et Outremer compris). Pourquoi ce traitement particulier sous nos latitudes ?

En clôture de la visite du premier ministre lors du salon SargExpo, une réception était organisée par la collectivité régionale. Une vidéo qui circule en boucle sur les réseaux sociaux montre comment sont considérés les élus guadeloupéens.

Alors que se présentent à l’entrée de la salle de réception, Ary Chalus président de région, et organisateur de cette réception, accompagné de Guy Losbar, vice-président, ils sont tout simplement empêchés de pénétrer dans la salle, alors que l’on voit le préfet passer sans s’arrêter la porte d’entrée. Ary Chalus étêté ne semble pas comprendre ce qui se passe. Après des pourparlers avec les agents de sécurité le président Chalus peut enfin se faufiler dans la salle.

Ce qu’il y a d’étonnant dans cette affaire c’est que durant toute la journée, le président de région s’était déplacé dans le département avec le premier ministre. Les agents de sécurité puisque que c’est leur travail, ne pouvaient ignorer qui était Ary Chalus.

Interrogé plus tard, ce dernier minimisera l’incident en parlant d’un excès de zèle d’un agent de sécurité. Le premier ministre lui-même parlera d’une simple confusion lors d’une réception de clôture d’une manifestation par ailleurs bien organisée. Etrange tout de même.

Et puis que penser du désaveu du député Mathiasin qui après avoir annoncé l’arrêt de l’implantation des radars Tourelles après un entretien avec les membres du cabinet du ministre de l’intérieur, se voit contredit par le préfet qui réaffirme la poursuite de la mise en service de ces radars. Ce que semble confirmer Edouard Philippe.

Max Mathiasin crie au scandale et n’hésite pas à dire que le gouvernement n’a aucune considération pour les élus d’Outremer. Sauf que le député Mathiasin oublie une chose, il est avant tout, député de la République française.

Tout cela fait beaucoup de couacs en peu de temps pour des élus de moins en moins pris en considération. Pourtant en Guadeloupe la politique attire de plus en plus. On prévoit pour les prochaines municipales une pléthore de candidatures. Du jamais vu selon les spécialistes. En attendant, laissez-moi rire : Couacs, couacs, couacs !

Luc Bernardini

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2 Comments

  1. Gégé
    octobre 30, 2019 at 21:48 — Répondre

    Victime du Dispositif de Sécurité ?
    Les ordres qui sont donnés aux agents de sécurité sont le plus souvent très stricts. Par exemple, il leur est ordonné que seuls peuvent accéder dans l’enceinte où sera le 1er ministre ceux dont le nom figure sur un listing. Les autres doivent donc passer leur chemin. Donc si ce filtrage est en place, les responsables régionaux locaux qui pensaient pouvoir accéder en raison de leur notoriété se sont trompés en ignorant les protocoles de sécurité qui sont déployés dans ce cas. D’autant qu’avec les risques inhérents à Moun Gwadloup le dispositif avait dû être renforcé.

  2. […] « La Guadeloupe traverse une zone de turbulence qui, si elle n’est pas encore irréversible, apparait quand même inquiétante. Et l’image du Président de Région refoulé de sa manifestation vient ponctuer une série de couacs à répétition, discréditant les hommes censés être de pouvoir. » [Suite de l’info…] […]

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