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Femmes noires humiliées dans les aéroports américains

Johnetta ELZIE est noire et ses cheveux sont tressés. «  Deux caractéristiques qui lui ont valu, à l’aéroport de Chicago, raconte-t-elle sur Teen Vogue et SLATE.FR, de se faire fouiller les cheveux, lui causant une intense douleur sans que l’agent qui a procédé à cette fouille ne s’en émeuve »..

« … J’ai eu tellement mal que je lui ai crié dessus. Mais j’ai ressenti aussi qu’on me manquait de respect »relate Johnetta Elzie très impliquée dans la cause pour les droits des Noirs aux Etats-Unis.

Elle apprendra par la suite que la femme responsable de sa fouille capillaire a été la cible de plusieurs plaintes pour avoir été «  malpolie et brutale avec les femmes noires ».

La justification des autorités ? Les cheveux crépus et tressés sont considérés comme des

« anormalités » ( SLATE du 16/01/2016)

Pourtant la TSA «  Transport Security Administration » – l’Agence nationale américaine de sécurité dans les transports- a des consignes strictes en matière de fouilles corporelles, poursuit Slate

En mars 2015, un accord qui consistait à interdire les fouilles à caractère racial avait été conclu.

Novela COLEMAN, avocate et passagère , en 2012, avait déjà poursuivi la TSA en 2012. Lorsqu’elle avait démontré à l’agent qu’il s’agissait de ses cheveux naturels, et non d’extensions, celui-ci avait rétorqué qu’il allait passer en revue «  les extensions et les anormalités ».

Novela Coleman

Novela Coleman

La même année Solange KNOWLES, la sœur de BEYONCE, avait dénoncé ces pratiques qu’elle avait elle-même subies.

Le journal LE HUFFPOST du 17/11/2012, posait à l’époque cette question volontairement saugrenue. Une coupe aussi volumineuse ( la photographie de Solange Knowles dévoilait une imposante coupe afro)   que celle qu’arborait la sœur de BEYONCE ne cachait-elle pas des objets dangereux ?

En 2011, Isis BRANTLEY, coiffeuse professionnelle de 53 ans, s’apprêtait à embarquer à l’aéroport d’Atlanta, quand un agent a procédé à la fouille de sa longue tignasse ( elle ne s’était pas coupé les cheveux depuis l’âge de 12 ans !,   donc calculez, cela faisait 40 ans que sa chevelure était en liberté )

Sur NBC News, elle a affirmé avoir été humiliée. «  Elle a commencé à toucher mes cheveux, et j’étais en larmes. Elle creusait presque mon cuir chevelu ».

(Ces informations ont paru sur le très sérieux site aéronautique de référence AIR JOURNAL du 23/09/2011 )

Et quand on sait que même le journal LE FIGARO du 25 juillet 2014 pouvait titrer NAPPY HAIR ; la revanche des femmes noires, en indiquant que sur les tapis rouges comme sur les réseaux sociaux, les stars-afro-américaines étaient de plus en plus nombreuses à troquer leurs extensions contre des crinières crépues. Depuis quelques années aux Etats-Unis, on assisterait, écrivait l’éditorialiste  à un grand retour au naturel chez les femmes noires. Tendance, désir de prendre soin de soi, revendication ?

NAPPY : il suffit de taper le mot dans Google pour mesurer l’ampleur du sujet. Traduction du mot « crépu », même si l’on le résume souvent à tort à la contraction de natural happy.

nappy sur

Tout cela, peut-on dire, encore une fois, est un rideau de fumée, qui dissimule une réalité particulièrement triviale , celle de sociétés  qui se moque éperdument de nous, et où le racisme est institutionnalisé.

Et si tout simplement, cette question hallucinante de la fouille des cheveux des femmes noires se heurtait à ce terrible constat si bien formulé par la sociologue Juliette SMERALDA, auteure d’un essai anthropologique qui retrace le cheminement de l’image de soi dans les diasporas noires et indiennes : « Les noirs vivent dans un monde où ils n’ont pas fixé les règles ».

(Les principaux travaux de Juliette Smeralda, sociologue martiniquaise concernent : la sociologie de la dominance ( relations entre groupes entretenant des relations asymétriques de type Nord-Sud),  les discriminations raciales et ethniques, les traitements socio-culturels du corps, l’esthétique dénaturante).

Nous pouvons également conseiller l’étude des courants juridiques qui se sont développés à partir de la fin des années 1970 en opposition à la conception dominante de la loi comme étant neutre et objective.

Basée sur une démarche constructiviste visant à montrer comment la loi est utilisée pour perpétuer les hiérarchies de classe, de «  race », et de genre, la Critical Race Theory met au centre de son analyse les facteurs «  raciaux ». Pour ses partisans, le racisme n’est pas une aberration mais une composante structurelle de la société américaine ( et à notre humble avis de la plupart des sociétés ).

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

1 Comment

  1. Melly
    février 13, 2016 at 11:36 — Répondre

    Je trouve ça pitoyable d’agir de la sorte !! On devrait virer toutes ces personnes là ça, ou plutôt leur montrer ce que ça fait d’être humilié. Surtout que nous, les personnes à peau noire avions déjà prouver à minthe reprise notre valeur débordante de richesses
    , que nous sommes aussi des inventeurs, qu’en fait nous méritons le respect car nous sommes pareils. Notre force provient de nos racines, de notre couleur de peau, on ne se laissera pas faire !! Soyons fière d’être qui on est !!

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