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Eric Paulin : le karujeteur passionné de sport !

Rencontre avec le fondateur de la Karujet, l’unique Championnat du monde Offshore UIM dans les eaux des Caraïbes. La Karujet c’est aussi un reportage diffusé dans une centaine de pays, en moyenne 80 compétiteurs du monde entier pour 500 km de course. Eric Paulin de passage à Paris nous en explique la genèse. 

 

Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Eric Paulin. Je suis né à Pointe-à-Pitre dans une famille de commerçants près de la Place de la Victoire, le centre pour tous les jeunes qui aimaient le sport et le football en particulier. Après mes études à Paris, je suis revenu en Guadeloupe dans l’entreprise familiale. Je me suis consacré au travail dans une concession automobile. Comme loisir, aimant la moto, la compétition m’a repris : moto cross, course de vitesse jusqu’en 1990 où me rendant à Porto Rico j’ai vu des engins nautiques. Là m’est venue l’idée d’importer ces engins au pays et depuis jusqu’à aujourd’hui, je me laisse bercer sur la mer.

Karujet 3

Comment est née la Karujet ?

De 1992 jusqu’à 1998, le samedi et dimanche, je faisais de la randonnée avec les copains. Mais toujours amateur de duels, j’ai proposé de faire le tour de la Guadeloupe en scooter des mers qui s’appelait la Shell Trophy. Une vingtaine de guadeloupéens se sont inscrits, quelques martiniquais, des métropolitains et un américain, tous des contacts personnels. Aucune organisation, les gens de la fédé présents m’ont un petit peu remonté les bretelles, mais l’ambiance était bon enfant et surtout tout le monde souhaitait renouveler l’opération l’année suivante.

Un des pilotes, le regretté Jacques Boucher est venu travailler avec moi et ensemble nous nous sommes structurés et organisés. C’est là qu’est née la Karujet en 99, Karu pour Karukera évidement et jet pour les jet skis avec plus de participants et de partenaires. A la 7ème édition en 2005, alors que l’on trouvait qu’on commençait à tourner en rond, nous avons eu la chance de rencontrer un promoteur italien du championnat du monde de course de vitesse pour bateaux Mauro Ravella, domicilié à Monaco. Nous lui avons proposé d’organiser le championnat du monde de jet ski, il a réfléchi une nuit et le matin au petit déjeuner il a dit : Banco !

Donc, nouveau challenge. En 2006, premier championnat du monde. Les pilotes viennent de partout et je l’avoue on était mal organisé car ce n’est pas le même cahier des charges que ce que nous faisions. Mais mauro ne nous a pas lâches. Il a fallu remettre les choses au clair et d’année en année nous avons progressé pour devenir et je le pense sincèrement, la plus belle course de jet du monde. Chez nous le pilote est roi, il est dans des compétitions optimales : après deux heures d’effort, il a dans son paddock un staff à disposition pour récupérer.

Une partie à la fois pédagogique et ludique

Une partie à la fois pédagogique et ludique

Quel est l’intérêt de la Karujet pour la Guadeloupe ?

Jacques et moi sommes deux vrais guadeloupéens. Nous avons toujours voulu valoriser le pays en attirant les journalistes de l’extérieur. Il a fallu monter des dossiers, les convaincre. Il fallait les prendre en charge : billets d’avion, hébergement, traducteurs. Ça change le budget. Et c’est compliqué d’aller voir une collectivité pour lui dire d’augmenter sa dotation. Notre budget de 450 000 € et serait impossible à boucler sans l’apport des institutions et des partenaires privés que je remercie. De plus, la Karujet n’est pas qu’une course : c’est un moment convivial. Les gens viennent en famille : il y a des manèges, des restaurants, une animation, des spectacles, c’est la fête. En 2010, avec l’apport de Canal + Overseas, durant toute la Karujet, on a eu une diffusion exceptionnelle. On estime entre 40 et 45 000 les visiteurs sur les 4 jours pour un sport qui compte 50 licenciés ici. La Réunion m’a contacté pour une compétition. Un Vietnamien s’est renseigné sur notre organisation après avoir entendu son fils lui dire : « Papa jouons à la Karujet ». Ça fait plaisir.

Quelles sont les évolutions pour la prochaine édition ?

la prochaine Karujet aura lieu du 16 au 20 mars 2016. Nous avons été obligés de nous mettre au gout du jour. L’édition 2015 se voulait résolument éco-responsable en ciblant les enfants. Il a fallu se rapprocher du système AGOA pour la protection des mammifères marins, eux gestionnaires et nous usagers du milieu marin. Il faut travailler à un développement harmonieux de ces activités pour qu’elles restent compatibles avec la nécessaire préservation de ces milieux.

Comme c’est une zone très protégée, nous sommes obligés de survoler la zone-étape en hydravion une heure avant le départ, et si il y a un déplacement de mammifères, nous devons retarder la course. Lors de débriefings, on a les félicitations des autorités.

René Silo, Joel Din et Eric Paulin

René Silo, Joel Din et Eric Paulin

Le séjour a Paris a-t-il été fructueux ?

Absolument. J’ai fait la connaissance de personnes qui œuvrent dans le domaine du sport plus particulièrement dans le football, René Silo et Gérard Royan de la ligue de Paris. Je ne les connaissais pas. Malheureusement il n’y a pas de tremplin entre les Antilles et l’hexagone. On a discuté, on  a beaucoup échangé. Et j’en suis persuadé : l’avenir pour le développement du sport ultramarin  passera certes par la base dans nos îles mais aussi par une bonne corrélation avec la métropole, notamment la région parisienne. Toutes nos compétences doivent être mises en commun.

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Joël DIN

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